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Le numéro 40 sera mis à la poste le 8 décembre. Il marque la dixième année d'existence de Comme en poésie. A cette occasion une petite fête réunira ses lecteurs et les autres dans le garage aux poèmes, 2149 avenue du tour du lac à Hossegor à partir de 17 heures le samedi 12 décembre. Vous serez tous les bienvenus.

j'ai prévu différents transports avec des trains partant des principales villes françaises et un ramassage scolaire sera organisé pour les plus jeunes. Un charter partira aussi du Japon des vélos seront mis à disposition des poètes sportifs.





dessin de couverture de Robert Varlez

SOMMAIRE DU NUMERO 40


Page 2 : éditorial

Page 3 : Hervé MERLOT

Pages 4/5 : Esther MOÏSA

Page 6 : Bénédicte LEFEUVRE

Page 7 : Jean-Michel A.HATTON

Pages 8/9 : Céline ROCHETTE-CASTEL

Pages 10/11 : Anne JULLIEN-PÉROUAS

Pages 12/13/14/15 : Gaël BRANCHEREAU

Page 16 : François-Xavier MAIGRE

Page 17 : Françoise CAUSSAT

Pages 18/19 : Alain SIMON

Pages 20/21 : Bruno SOURDIN

Page 22 : Jean-François THÉVENIN

Page 23 : Didier OBER

Pages : 24/25 : Michel HÉROULT

Page 26 : Basile ROUCHIN, Sylvie BOURCIER, Olivier MILLOT

Page 27 : André CAMPOS RODRIGUEZ

Pages 28/29 : Line SZÖLLÖZI

Pages 30/31 : Jean L’ANSELME

Pages 32/33 : Jeanpyer POËLS

Pages 35/36/37 : Victoire FLASSIGNY

Page : 38 : Florian THOMASINI

Page 39 : Paul MARI

Page 40/41 : Jacques ALLEMAND

Page 42 : André NICOLAS

Page 43 : Rosine JAMES-INGRAND

Pages 44/45 : Pierre ZIEGELMEYER

Pages 46/47 : Fadila BAHA

Page 48 : Prosèmes Claude ALBARÈDE

Page 49 : Stella VINITCHI-RADULESCU

Pages : 50/51 : Cartes légendées

Page :52 : Michel L’HOSTIS

Page 53 : Guy CHATY

Page 54 : Hervé MERLOT

Page 55 : La pasticherie, Claude ALBARÈDE

Pages : 56/57 : Pierre MIRONER

Pages 58/59 : Pot au feu

Pages 60/61 : Les livres reçus, coups de cœur

Pages 62/63 : Les revues

Page 64  : De vous à moi ou de moi z a vous

10 ANS AU SERVICE DES POETES PAR LE SOUTIER CHEF ET DES CENTAINES DE POETES EDITES.

DEVENIR LECTEUR DE COMME EN POESIE C'EST DONNER LA POSSIBILITE A SON REDACTEUR DE CONTINUER L'AVENTURE ENCORE 10 ANS AVEC VOUS.

Vendu uniquement par abonnement à comme en poésie 2149 av du tour du lac 40150 Hossegor.

JE NE SUIS PAS

 

Je ne suis pas de ce pays

Où les tourterelles tombent en passant

Et les taureaux en mourant

Où les hommes ont des bérets

Pour dissimuler leur calvitie

Aux yeux des belles colombes.

Je ne suis pas de ce pays

Ne m’en excusez pas on nait ou on peut

Et jamais où l’on veut

On nait comme on peut

Dans les accidents de la vie et leurs aléas

Il n’y a pas de quoi s’en flatter

Tant on n’y est pour peu de choses.

Je ne suis pas de ce pays

Aucune région ne se vantera

De m’avoir fait homme de vie

Aucun pays ne me réclamera

La dime du souvenir ancestral.

Je suis homme du monde

Et de ces mers que parcourent

Les requins de la mauvaise foi.

De ces pousses-aux-crimes

Qui ont toujours un drapeau à défendre

Et un ennemi à défenestrer.

Je ne suis pas de ce pays

Et je vous demande à genoux

De ne pas m’en vouloir du tout

De me regarder comme l’étranger

Qu’on aime avoir à sa table

Même s’il n’a pas le même accent

La même couleur de peau

Les mêmes vêtements mordorés.

Je ne suis pas de ce pays

Je ne fais que passer.

 

                                               Jean-Pierre Lesieur

J'éCRIS


Pour oublier de vivre cette vérole de déveine, ces acacias menteurs dont les épines puent, ces grands coups de pieds au cul, trop nombreux pour faire mouche.

Pour oublier ce paysage mort, un peu plus que nature, et des lunes couchantes qui baillent à fendre l’air.

Pour oublier ces apprentis Rimbaud qui ne riment jamais dans l’épaisseur du verbe se contentant de vitrioler quelques tranches d’adjectifs.

Pour oublier ces carcasses qui traînent  dans des rues de poussière ou un arbre n’est jamais aussi vert que les fumées qui le ceignent de leurs oxydes mortels.

Pour oublier la télévision, les satellites et les yeux bien pensant, qui se repaissent de conneries à longueur d’automne sans plus connaître le rythme quaternaire des saisons.

Pour oublier qu’on tue  - comment dire autrement l’acte qui consiste à rendre un homme mort - qu’il soit : fedayin, kabyle, israélien, palestinien, vietnamien, ou noir avec les armes perfectionnées des “technologienymphes”.

Pour oublier les charniers de capots, de phares et de portières qui s’engrossent en sourdine dans des accouplements de choc révélés concupiscemment par l’emboutisseuse électronique, la tronçonneuse à magnétique et le trombinoscope des présidents directeurs généraux de l’univers.

Pour oublier les enzymes gloutons, pas si cons qu’on le dit, et qui, un jour, feront une fête formidable au derniers globules rouges et blancs de nos corps.

Pour oublier l’image d’un poisson, ventre en l’air, filant au fil de l’eau, entre cent mille congénères aussi occis que lui, dont la vie ne rend plus compte aux hameçons des apprentis prêcheurs.

Pour oublier les rivières stériles et les mers idoines qui vous larguent la jambe quand vous trempez le pied heureuse de quitter ce corps déjà fade.

Pour oublier ces sirènes fichées dans le brouillard qui demandent à l’homme de ne plus respirer et condamnent à temps le bruit de ses poumons et à mort son sang.

Pour oublier de crever, étouffé entre deux rames d’invention nucléaires, et aller voir dans les palais de la découverte de l’au-delà ce qui aurait pu  vous éviter le voyage.

Pour oublier de rendre compte, quand il en est encore temps, de la bave nauséabonde qui sourd des glaciers à la barbe des frigidaires et des icebergs en dérive terminale.

Pour oublier la griffe de l’égout sur les scaphandres autonomes de ceux qui descendront curer les abysses désolés.

Pour oublier les soleils ventrus perchés sur des échasses, incapables de fixer le regard d’un enfant sans avoir le vertige.

Pour oublier la main sur l’épaule de celui qu’on torture parce qu’il jette dans la rue le sperme de ses idées.

Pour oublier ce qu’un pied de fougère condense de rosée quand on a un peu soif sur les chemins torrides.

Pour oublier la narcose définitive des champignons.

Pour oublier que je ne suis pas dupe.

J’écris DE LA POÉSIE;.

                                                                                                    JEAN-PIERRE LESIEUR

 

 

 

Le salon de la revue se tiendra à l'espace Blancs manteaux, dans le Marais à Paris, le quartier de mon enfance et vous pourrez y lire Ballade bitume (dé bleu) une ballade dans les rues du Marais.
J'y exposerai aussi Comme en poésie depuis sa création, les 39 numéros reliés par année. Ce qui peut vous permettre de découvrir la revue ou de compléter votre collection. On pourra aussi se la procurer au numéro.
Vous pourrez trouver en exclusivité le dernier livre de Jean-Pierre Lesieur Portes ouvertes ou rouges. Une tentative de réconcilier dans un même ouvrage la poésie et le théâtre.

Et en prime cela peut être une excellent occasion de se rencontrer à nouveau ou simplement de faire connaissance car je ne monte pas souvent dans la capitale depuis Hossegor.
Qu'on se le dise et qu'on le dise autour.

Comme en  poésie 39 sera envoyé aux abonnés le 16 septembre.
SOMMAIRE

Patrick CHOUISSA
André GACHE
Phil CHARTRON
Geneviève LIAUTARD
Valérie FOURNON
Jean SIOUI
Joëlle BASSO
Alain HELISSEN
Geneviève BERTRAND
Paljor NGODUP
Alain JEGOU
Béatrice MACHET
Jean-Louis BERNARD
David MOUGERET
André NICOLAS
Patrick WERSTINK
Werner LAMBERSY
Ludovic CHAPTAL
LISKA
Morgan RIET
Olivier MILLOT
Jean-François LATASTE
Michel L'HOSTIS
Gérard LEMAIRE
François Xavier MAIGRE
André CHENET

DESSINS / Lambert SAVIGNEUX et Françoise SERREAU


LE TEMPS Du POÈTE par J.P LESIEUR

 




Ce numéro est un peu particulier une grande première partie jusqu’à la page 38  a été rassemblée par Béatrice MACHET qui a sollicité des textes et dessins de ses amis et amène une autre manière dans la revue. Béatrice a réagi à ma demande de prendre en charge un numéro, elle m’a envoyé 38 pages. Je me suis occupé des autres.

              J’ai beaucoup de textes reçus en attente ce qui retarde un peu le temps de publication, mais ne vous inquiétez pas ça viendra. 

              Comme d’habitude, ce n’est plus un scoop il y a eu quelques coquilles dans le numéro précédent. Dans le texte de Vinau, me signale Alain Surre sans plus de précision et la fin du poème L’arène de l’instant de Patricia Laranco  a été coupée. « L'arène de l'instant /où quelquefois, /l'on croit /être, avec lui, l'objet /d'un grand regard / qui plonge ! ». J’y ajoute dans le genre Le Cure- pipe à la place du Cure-dent dans l’article sur Claude Vercey et la méprise sur le prix Aliénor pour Albarède, ce n’est pas Résurgence qui a eu le prix mais Fulgurante résine. Je vois bien là ma répugnance aux prix en général que je partage avec le cinéaste Jean-Pierre Mocky, dont j’ai entendu un interrogatoire sur Inter. Ouf, il va me falloir bientôt toute la première page pour signaler mes coquilles pas Saint Jacques.

Je ne cite pas les revues dans lesquelles ont déjà publié les poètes que je mets dans la revue, de peur d’en oublier et de me faire des ennemies. ( souvent on oublie de citer Comme en poésie alors que je fus un des premiers à les publier). Je ne cite pas non plus leurs activités professionnelles, qu’est-ce que cela apporte de savoir qu’ils  sont fondés de pouvoir ou péripatéticiennes?

Connaître les œuvres qu’ils ont déjà publiées ne sert pas non plus  à grand-chose car on  les trouve dans peu de librairies voir aucune  et qu’il n’y a pas ou peu de diffuseur, d’autant qu’on peut aller sur Internet pour se renseigner, parfois.

Pour être dans l’air du temps, j’ai mis sur fesse book un groupe Comme en poésie sur lequel vous pouvez venir  discuter.
Depuis peu de temps et par hasard,  j’écris pour le théâtre. J’ai mis les textes dans un livre Porte ouverte… ou rouge, que vous pouvez vous procurer en supplément à la revue (10 euros) dans lequel j’ai mélangé sketchs et poèmes sur le thème des portes. Le spectacle a été joué dans le superbe théâtre de Soustons par la troupe Toutazimut et est prêt à voyager dans la région si on trouve des salles.

Ah, oui, j’ajouterai que j’ai quitté l’association des amis du tour du lac à Hossegor parce que son président s’occupait beaucoup trop du passé, à mon goût  et faisait du compte d’auteur pour lequel je n’ai pas une passion particulière, entre autres.

Bon automne et bonne lecture de ma petite revue qui ne tombe pas encore comme une feuille de frêne ou de hêtre


Le numéro 38 sera posté pour les abonnés le 4 juin si vous voyez votre nom dans cette liste et que vous ne recevez pas le numéro faites moi signe.




SOMMAIRE



Page 2 : éditorial J-P LESIEUR

Page 3 : Alain SURE

Pages : 4/5 : Patrice BRENO

Page 6 : Pot-au-feu

Page 7 : Olivier VERDUN

Pages 8/9 : Patricia LARANCO

Pages : 10/11 : Stella VINITCHI RADULESCU

Pages 12/13 : Joël  JACQUET

Pages 14/15 : Florent SCHWARTZ

Page 16 : Arnaud CALVI

Page 17 : Richard TAILLEFER

Pages18/19 : Yves PLAMONT

Pages20/21 : Anne BLAYO

Page 22 : Lucien WASSELIN

Page 23 : Christine LAURANT

Pages 24/25 : Alain CROZIER

Page 26 : Guy CHATY

Page 27 : Coups de cœur

Page 28 : Isabelle JULIAN

Page 29 : Catherine MAFARAUD

Pages 30/31 : Hervé MERLOT

Pages 32/33 : Jeanpyers POËLS

Pages 34/35 : Jacques ROLAND

Pages : 36/37/38/39 : Gwénola MORIZUR

Pages 40/41 : Fabienne ALLIOT

Pages 42/43/44 : Thomas VINAU

Pages 45/46/47 : Cartes légendées/Pasticherie

Pages 48/49/50/51 : Christophe ESNAULT

Page 52/53 : Claude VERCEY

Page 54 : Philippe BLONDEAU

Pages 55/56 : Pierre-Éric DROIN

Page 57 : Jean-Pierre LESIEUR Chronique fugace

Pages 58/59 : Comme dans les recueils J-P L

Pages 60/61 : Adam MONDE

Pages 62/63 : Comme dans les revues/adresses

Page 64 : De vous à moi et moi-z-a vous.

Nous pénétrons dans une zone de turbulence. Plusieurs revues mettent la clef sous la porte, pas facile pour ouvrir. Les hommes de finance ont déconné, certains sont peut-être poètes? Les revues en ligne sont en train de supplanter les revues papier c’est dans l’ire du temps. COLÈRE et que pouvons nous y faire sauf à  envoyer gueuler nos plumes et nos poèmes contre cet arbitraire du fric et du travail dilapidé, supprimé, licencié. Que peuvent faire la poésie et les poètes contre les politiques, les magnats, les pouvoirs sinon participer à la réfection des têtes et à la révolution. Échanger la poésie contre une poignée de riz à laver les consciences. Imposer les mimines de  la poésie pour ouvrir un horizon de beauté, de culture et de plaisir.

J’ai reçu des poèmes d’Hervé MERLOT. Quand je fabriquais LE PILON, chez moi faire une revue c’est une tradition ancienne, j’avais été le premier à le publier. Cela crée des liens d’affection littéraire et poétique. Je me suis donc empressé de les insérer dans la revue.

Une poète que j’ai publié dans le numéro précédent me demande comment recevoir la revue mais elle n’a pas d’argent pour la payer. Quand je publie j’envoie un numéro pour remercier l’auteur de m’avoir permis de mettre ses textes dans la revue. Au-delà je peux continuer d’envoyer bénévolement, je ne  suis pas un homme d’affaire, à condition qu’on s’intéresse à la revue par des lettres ou de la publicité, de la diffusion enfin qu’on la prenne en compte. Un autre abonné me signale qu’il s’abonne juste après avoir reçu l’argent du chômage et qu’il fait un effort considérable. Nous pénétrons dans une zone de turbulence.

Je participe à des salons ou rencontres. En mai je vais au salon du livre d’Oloron Sainte Marie, en Juillet au salon d’Hossegor, et oui il y a chaque année un salon ici, avec du beau linge. En octobre j’irai au salon de la revue. Peut-être, d’ici là trouverai-je d’autres points de chute.

Je suis rarement invité à lire mes textes dans des manifestations diverses et culturelles, pourtant je sais lire, mais les différentes maisons de la poésie et autres lieux de culture doivent penser que depuis mon lointain sud ouest je ne me déplace pas, cul de jatte ou paraplégique, ou bien que les frais de déplacements, quand il y en a, son trop importants pour me faire venir de si loin? Nous pénétrons dans une zone de turbulence.

  A l’invitation de Luce GUILBAUD, je suis allé à La Roche sur Yon pour assister à la fin de l’ex dé bleu, devenu Idée bleue de Louis DUBOST, qui met la clef sous la porte, aussi. Si quelqu’un a servi la poésie et l’amitié c’est bien Louis, bien qu’il ait omis de me faire une SUZETTE, qu’il m’avait promis mais je ne lui en tiens pas rigueur et s’il veut, comme il dit, écrire, je serai toujours ouvert à ses poèmes et textes divers. Retraite active et heureuse Louis, bien que nous pénétrions dans une zone de turbulence qui j’espère ne le sera pas pour toi.




L'AFFAIRE EST DANS LE SAC

Jean-Pierre Lesieur, Zebane Fanfreluche, Editions de l'Atlantique, 71 pages, 18 Euros.

Zébane Franfeluche doit sa naissance à un bac de peluches en soldes au magasin « Printemps

Nation ». Mais si ses pattes ne lui servent en rien il n’en est pas pour autant invalide. Pour preuve :  il  « causait l'amour comme d'autres le verlan ».

Très vite il se retrouve dans un sac de dame. Et c'est ainsi que tout commence pour lui et pour

la dame propriétaire du réticule. Il  n'en devient pas vraiment le fétiche mas le compagnon de

voyages. Voyages d'amour du moins quand cela était possible... Voyages d'illusions promises

mais pas toujours avérées plus que ce qu'elles sont...

Jean-Pierre Lesieur nous permet d'assister à cette odyssée particulière. Elle permet de saisir la vie par, si l'on peut dire, le petit bout de la lorgnette. Mais le transit intestinal via le sac permet une habile entrée en matière ou en vie jusque dans les endroits reculés. Là où par exemple sont cachés les ébats de la dame qui pour l'occasion n'hésite pas à se mettre nue . Ce qui après tout est plus que normal. Parfois hélas la femme n'est pas en si bonne fortune et mettant ses mains près de Zebane, elle puise jusqu'à ce que ruine s'ensuive les pièces que des bandits-manchots s'empressent d'avaler.

Un tel livre est un régal d'intelligence, de drôlerie et de musique. On se laisse emporter dans le sac avec Zebane pour l'accompagner avec lui. En sa compagnie on suit en voyeur plus qu'en confident les aventures de sa propriétaire qui, à force, nous fait envie. Mais il nous faut reste lucide tant que faire se peut.

De manière insidieuse et via son intercesseur ludique, Lesieur sait porter le fer dans le feu. Il met une attention extrême aux choses généralement tenues pour illusoires sauf quand nous en sommes les acteurs éconduits. C'est même le mérite essentiel de ce texte . Par sa drôlerie il nous recentre sur l'essentiel, sur ce qui et que fait la vie lorsque l'amour arrive ou - aussi -quand il n'arrive pas. On est ainsi autant à la place de Zebane que de sa compagne.

On est bien loin aussi de l'intellectualisme qui prétend tout régenter : L'auteur nous place une fois de plus dans la fidélité à une sensualité particulière. En ne se voulant « que » le témoin de ce que le nounours à vu, le poète acquiert une distance. Mais elle crée une proximité particulière selon une stratégie dont Blanchot a souligné tout l'intérêt. Pour reprendre un mot de ce dernier, du « désastre » de toute vie, Lesieur fait un champ de fouilles du destin. Il nous apprend beaucoup de choses non sur les personnages mis en jeu mais sur nous-mêmes par l'osmose s'une présence indirecte de poème au monde. Surgit une poésie de la pure présence. Elle envahit et "baptise" en un délicieux exercice de salubrité.

 

ESPACE-TEMPS : LE POEME COMME BR1GADE DE L'INCONTESTABLE Jean-Pierre Lesieur, Zebane Fanfreluche. Editions de l'Atlantique, 71 pages, 18 Euros.

Riche de sa belle indétermination et en plaine vacance au monde, Zebane la peluche possède le mérite de nous faire voir, du fond du sac où une femme le remise, le monde sur un autre angle. Ou plutôt tel qu'il est. Et non seulement pour celle qui en fait son compagnon assigné à résidence non seulement dans son réticule mais jusque dans son lit... Qu'on se rassure cependant : Zebane n'est pas un sex-to\. Sa propriétaire vit ou essaye de vivre la frénésie sans adjuvant ludique. Ce n'est pas forcément chose facile.

Tout le sens du livre tien à sa drôlerie et à sa prise particulière de vue. Lesieur dresse de fait son portrait ou le nôtre. Se dégageant du cercle de l'ego (périmètre poétique trop fréquent) il invente les moyens d'expression d'un élargissement de l'aire de l'être en produisant une série de poèmes-récits qui sont autant d'appels à la rondeur de la fusion mais qui laissent surgir des bouffées d'angoisse comme des souffles de libération d'une émotion altière et en vagabondage.

Tout est conçu dans l'incision d' un humour qui mord et dans la concision au sein d'une géométrie de l'espace particulière (un fond de sac...) que la langue assaille. Lesieur nous fait habilement voyeur de (entres autres) rites de séduction. Nous pourrions parfois presque parler de convocation avec l'inespéré". De fulgurances aussi. Chaque texte fuse là où Zebane infuse et nous pousse vers le mystère de la présence.

L'œuvre de Lesieur est une nouvelle fois celle d'un consentement, d'un abandon vital. Nous avançons dans un espace aussi fermé que libre au moment même où tout cède dans la vie de la dame. A partir de presque rien, dégagé de toute emphase le livre avance altier et ailé autour du nounours mais surtout de la femme. En bon voyeur on se sent dès lors enrichi face à ce que l'auteur saisit. Face à la vie immédiate qui éclate et nous entoure comme elle enveloppe Zebane lui-même dans son univers d'ombre et de lumière.

J.P.G.P.


L'AMOUR DES SACS

Jean-Pierre Lesieur. Zebane Fanfreluche, Editions de l'Atlantique, 71 pages, 18 Euros.

Différents espaces, différentes heures font pour une peluche du sac de sa « maîtresse » un observatoire unique. Zebane (la peluche) en respire ou plutôt en savoure les images comme s'il s'agissait non seulement d'un lieu de conte de fées mais d'un arpent de paradis aux statues parfois impudiques et parfois désolées. Le nounours voit des corps nus et des cuisses écartées, il voit aussi un très léger sourire et parfois un visage en larmes dans une main. La peluche prend le rôle de confidente et de voyeur à la place du voyeur. C'est pour le lecteur, un régal, un délice même s'il souffre un peu. C'est aussi un miracle de drôlerie d'où surgissent une tendresse, des émotions inexprimables. Le corps frissonne par procuration d'un parfum inconnu.

Le livre constitue une suite de chants navrés, acerbes ou enchantés. Dans une époque où trop d'œuvres poétiques effacent tout l'aigu du monde, l'auteur se permet de redevenir qui il est : un rêveur-né. Il se perd dans un objet et dans des lieux moins marqués par le temps mais peut-être moins voués à l'oubli et aux déformations. La rêverie retrouve ses lettres de noblesse. Elle n'est pas pour autant que cette « prise négligente » dont parlait Michaux mais bien le contraire d'un affaissement de la pensée. En un faux déclin et par la magie ironique du verbe, on descend vers la déesse en nous appuyant à son sac en compagnie de Zebane. Ainsi cachés nous osons la regarder en face pour nous retrouver en nous-mêmes sans besoin de grandeur si ce n'est celle que la vie offre à l'amour et au désamour dans des « paysages » dont le poème devient le plus élémentaire savoir.

JPGP

J-P Gavard-Perret

A L'EPREUVE DU TEMPS

Jean-Pierre Lesieur, Zebane Fanfreluche. Editions de l'Atlantique, 71 pages, 18 Euros.

Il y a toujours chez Lesieur et même au sein de la drôlerie une extrême pudeur de ton, de mots, de scansions. Tout est dit par affleurements et touches de lumières. Par jeu aussi. A travers Zebane (une peluche) qui n'est ni tout à fait jouet ni tout à fait humaine (mais pas loin) nous devenons ses « compères ». Cet ours n'a pas pour vocation les savanes d'Afrique mais notre ici-même, notre ici-bas.

Quelques touches suffisent dans le jeu et l'élasticité des enjambements poétiques pour que nous nous retrouvions tels que nous sommes. Jamais un mot de trop. Juste ce qu'il faut pour la musique de la vie, légère ou triste. Surgit du texte un miracle de vie au moment où chaque poème devient non une contemplation mais une remise en route et en doute. Le mâle est tel

qu'il est : inconstant et friable. La femme demeure, malgré lui, ailée même s'il lui faut parfois un Zebane pour se consoler...

Quand il sort du sac sa lumière éclate, surgit un soulagement. Il met (Lesieur n'y est pas pour rien...) la marque de ses mots, de sa méditation afin non seulement de consoler sa propriétaire mais afin que nous prenions conscience de qui nous sommes et que nous refaisions surface à l'épreuve du temps.

J-P G-P

 



 


Jean-Pierre LESIEUR : Zébane Fanfreluche (De l'Atlantique éd., 2008), 72 pages, 18 euros -BP 41 - 17102 Saintes cedex.

Dans cet original recueil, alternent les poèmes de Lesieur et les dessins de FLAM .On y suit les aventures et les mésaventures d'une peluche singulière à travers ses pérégrinations dans un sac de femme, ses découvertes et ses révélations, ses surprises et ses déceptions. Ne ressemblant à aucun autre animal connu, Zébane Fanfreluche se sent toujours à l'écart, comme celui qui n'a pas d'image et qui ne rencontre jamais son double. Il se sent aussi la victime du temps, des projets et des souvenirs. « En parlant du passé en forme d'avenir aujourd'hui ». Sous une apparente légèreté de ton et d'allure, Lesieur parvient à communiquer au lecteur une réelle émotion liée aux situations vécues par cette malheureuse peluche. On y devine une transposition de faits vécus, de rencontres avortées, de moments douloureux. : « Son credo était de survivre / Le plus longtemps possible / Dans le sac de la dame / Qui l'avait adopté ».

                                                                                         Georges CATHALO

 

 

 

Jean-Pierre LESIEUR - ZEBANE FANFRELUCHE - Editions de l'Atlantique

Au XVIII ème siècle le poète-humoriste Louis GRESSET publiait « VER-VERT » l'histoire poétique et cocasse d'un perroquet qui renvoyait à l’humain. Même procédé pour Jean-Pierre LESIEUR créant la peluche « Zébane Fanfreluche », S.D.F. de sac de femme et miroir de poche de l'animal social qu'est le poète, engoncé dans son handicap de solitaire de compagnie. .Ainsi le recueil se déroule sur le mode : « Je te renvoie, lecteur, mon affectivité à fleur de peine et mon innocence contrariée »...Ce Zébane, c'est aussi, peut-être, le Stroumf de Boris Vian, le souffre-plaisir de Jean de la lune, le Poil de carotte du vibro-rêveur, ou le Petit Prince de la peluche...Tout y passe avec Lesieur, puisqu'utilisant, dans sa forme versifiée, le procédé du Candide, il nous parle en direct, nous confie les espoirs et les déboires de son héros:

« Quand vous passez la plus belle partie

De votre temps dans un sac
II faut aller à l'école des bagages
Pour apprendre les gestes de survie
Qui sauvent le sel de vos journées..... »

Le long de monologues dialogues - et ce n'est pas la moins originale invention de l'auteur- le lecteur ne s'ennuie pas.et passe par tous les ingrédients psycho-sociaux, exacerbés par la sensibilité du poète: tendresse, amour, jalousie, angoisse, amertume, érotisme, dérision, satire, nostalgie, métaphysique, mort et résurrection...En un mot toute une expérience d'existence dont le mystère n'est surtout pas dévoilé :

« Zébane crut qu'on l'avait déposé

A l'assistance publique des peluches

Parce qu'on ne l'aimait plus.

La dame au sac avait passé un difficile moment

Comme toute vie en comporte assurément

C'est compliqué d'exister parfois avec un cœur

Tiraillé entre la vie de tous les quotidiens

Et la rêverie des jours anciens qu'on voudrait bien

Ne pas quitter comme un vieux sous vêtement. »


 Claude ALBAREDE


 

la revue n°37 est p arue et a été envoyée début mars 09

 

COMME EN POÉSIE n°37

sommaire

François TEYSSANDIER
Sanford FRASER
Fédérique KERBELLEC
Jean-Marc THÉVENIN
Raymond BEYLER
Évelyne MORIN
Jacques BLOT
laurence BOUVET
Yves-Jacques BOUIN
Mathias LAIR
Catherine ANDRIEU
Telma DESROSES
Bertrand PLACINES
Jacques MORIN
Jean-Louis GARITTE
Jean-Michel MAYOT
Jean-Michel GUYOT
Laurent FIELS

Céline ROCHETTE-CASTEL

Éric DUBOIS

Jeanpyers POËLS

Michèle BOURGEAIS

Diane MEUNIER

Valérie CANAT DE CHISY

Line SZOLLOSI

Patrick WERSTINK

Nicolas JEUSSEAUME

Martine LEDOUX

France BURGHELLE REY

Thibault MARTHOURET

Georges CATHALO

Supervielle le hors venu de Pascale GIOVANETTI

Jean L’ANSELME

Fadila BAHA

Didier OBER

Claude ALBARÈDE

André NICOLAS

 

ÉDITO DE JEAN  PIERRE LESIEUR

 

Nul n’a le privilège de la poésie et nul ne peut se vanter d’être le poète de son temps tant le temps dérive vers le noir absolu et l’arbitraire.

              Comme en poésie créée en 2000 avait 32 pages, ce présent numéro en a 64; il a doublé sa pagination en 8 années, sans aucune augmentation de prix. Pour rester dans la norme je devrais mettre l’abonnement à 24 euros.  Pour l’instant je n’y touche pas d’autant qu’il semble que nous allons entrer dans une période de difficultés financières et professionnelles. Réjouissez vous lecteurs fidèles.

J’ai mis sur Internet l’idée que les revues de poésie prennent en charge leur diffusion, ce qu’elles sont obligées de faire en ce moment, mais aussi qu’elles s’entraident dans ce domaine. En utilisant la toile, comme on dit, on doit pouvoir créer un site de référence où les abonnés/lecteurs trouveront des abonnements groupés, des informations sur les parutions, etc. (travail peu fait par les diffuseurs)

Cerise sur le gâteau c’est la régionalisation de la diffusion. Un référent par région chez qui les bibliothèques, les médias de toutes sortes, les libraires  trouveront des numéros plus facilement.

Maintenant il y a le problème de la poste. Ce service coûte très cher aux revues qui ont du mal à se diffuser autrement. Ne pourrait-on pas profiter des déplacements des animateurs ou des lecteurs pour qu’ils puissent emmener les revues d’un point à un autre en utilisant internet pour les échanges de bonne volonté.

Ce ne sont peut-être là que quelques idées utopiques mais si nous avons la volonté il n’y a aucune raison qu’il n’en sorte pas quelque chose de concret.

On pourrait aussi envisager l’autoproduction de nos revues. C’est un mouvement qui est amorcé et qui devrait prendre plus d’ampleur. Avec de petits investissements on se passe des imprimeurs, relieurs et autres. Le numéro que vous avez dans les mains a été entièrement fabriqué par mes bons soins. Au lieu de demander des subventions financières pour un numéro essayons d’obtenir des tutelles qui acceptent, des machines : photocopieuses, relieuses, massicot et le nec plus ultra chaine d’impression.

Saura-t-on, revuistes, profiter des difficultés qui s’annoncent pour revoir de fond en comble la fabrication et la diffusion de nos revues auxquelles nous tenons tellement. Qu’en pensez-vous, et toi lecteur, lectrice ?

 

 

Je ne peux pas redouter  la crise financière je suis équipé de telle sorte que je peux fabriquer une revue de poésie même en plein milieu d’une jungle impénétrable et ensuite je confie la diffusion à Tarzan de liane en liane.

 

L’ARPEL refuse de me donner une place dans son stand du salon du livre de Paris pour diffuser la revue (pour rappel L’ARPEL doit être en principe au service de toute la communauté de l’édition donc il y en a qui sont plus communautaires que d’autres) et qu’est-ce que ce diktat qui fait que maintenant on ne peut pas participer à un salon de la littérature dans les stands régionaux  sans payer si on n’est pas un éditeur patenté mais un pauvre misérable bénévole qui édite sa modeste revue à 250 exemplaires de  peur qu’elle concurrence Gallimard et lui vole  des parts de marché. On rêve en plein potage. Le comble du comble c’est qu’on ne peut pas être invité comme auteur si on n’est pas mandé par un éditeur ayant pignon sur rue et cornaqué par icelui. Exit l’autoédition et restons entre gens de bonne compagnie. Et vive le changement de cette politique du fric qui nous a conduit tête baissée dans la crise.

Dois-je ajouter que dans d’autres régions il n’y a aucune difficulté pour que dans mon cas les frais  soient pris en compte par les délégations régionales. J’ai les noms mais comme je ne suis pas un délateur, mutisme.

 

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