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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 09:12
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Voilà deux poèmes que j'ai extraits d'un recueil que j'appellerai en toute simplicité LE FRIC. Jean-Pierre Lesieur.(j'ajouterai qu'on m'a toujours dit que le fric n'était pas un sujet "poétique".)

OR

 

 

OR la belle conjonction des extrêmes de même doute pour les menottes lascives des menaces

 OR le pont à faire passer aux esseulés de la réussite sociale pour qu’ils meurent de l’autre côté.

 OR noir comme il se doit maquillé d’enduit gras à la périphérie  pépinières des bourses.

 OR nièrent en bloc s’être embourbés dans les tourbières  conduisant les armes au gué des fondrières.

 OR dur à jeter selon le mode d’inemploi dans le cycle obligatoire de la surconsommation forcée.

 OR fin d’une époque finie à finir en toute finitude pour magnifier le fin du fin.

 OR bel amusement - avec une s - des époques de fier baroque où on ne savait pas arrêter d’enrichir.

 OR gane piège à faire frémir la main de ma tante sous les yeux du grand-père.

 OR sait - tout et rien - comme une gare musée sur un rail en fesse de sac, à Paris.

OR vingt deux carats avec le poids exact sans tare à effacer une fois l’alliance mise pour deux éternités.

 OR gasme à manier comme une petite main avec toutes les précautions d’usage et de déception pure.

 OR meau, coquillage de roc, indécollable à n’utiliser que sur papier hygiénique pour vers de longue durée.

 OR tie, à conserver soigneusement pour y jeter le froc de ceux qui veulent cesser de béatifier.

 OR gueil, commensurable dans tous les cas sauf chez ATTILA qui repoussa tout sauf l’herbe.

 OR ni soit qui mal y pense la fière devise d’une salamandre percluse de rhumatismes.

OR bite qui tourne longtemps autour de la vieille terre avant de faire la bonne affaire

OR gelet, galette qu’on tient à l’oeil dans une banque suisse pour les flux de déflation.

 

LES CHEMINS DU FRIC

ou le Michelin doré des sentes  de placement.

 

L’argent va à l’argent comme la vache au taureau quand il paît tranquille dans son pré cachant bien ses glandes et son faux air d’inséminateur artificiel.

L’argent va à l’argent dans la ligne directe des notaires actifs de droits imprescriptibles des descendants de la grande descente en droite ligne au travers.

L’argent va à l’argent dans les mille replis de l’injuste connivence des vagues de nantis qui s’accrochent aux digues en béton armé.

L’argent va à l’argent en avançant les lèvres pour des baisers mortels emplis de boutons plus blancs que les poisons phalloïdes.

L’argent va à l’argent sans calculer le poids de pudeur requise par les tables de vaisselles d’or ou bivouaquent les requins du banquet partageur.

L’argent va à l’argent sans mettre sur ses fesses le slip de la décence ni cacher les perles de conscience qui partent une aune.

L’argent va à l’argent, en fûts, en pots, en barres, en tonneaux, en billets, en bas de laine, en coffres, en cassettes, en titres, en boucles, en colliers, en désespoir de cause, en pavillons, en immeubles, en hôtels, en champs, en prés, en paille, en cheptel, en maisons closes, en voiture, à pied, à cheval de course, en manade, en étalon, en carats, en ballon libre.

L’argent va à l’argent tous les moyens sont bons.

 

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commentaires

Riet 06/02/2008 09:03

L'anaph Or au service d'un propos poétique percutant, sonnant, trébuchant de vérité !L1

maltaverne 03/02/2008 09:59

Alors que l'argent est le seul thème poétique, celui qui explique tout le reste...

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