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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 09:54

Dans le cadre de mes écrits sur le poète dont je pense faire un recueil bientôt voici mes dernieres divagations/divagantes.

La poésie prend dans les marges de l’homme le suc de l’excellence pour le faire déguster aux abeilles de la démesure.

La poésie invente des mots de plein emploi pour les déverser dans le dictionnaire de ceux qui en manquent

La poésie draine à pleins tombeaux les betteraves fourragères pour donner du sucre aux poètes en manque.

La poésie importe des amours qui végètent dans la vase pour leur insuffler le prurit des aventures stellaires.

La poésie traque jusque dans les bas-fonds de la littérature la pelure des images qui ne veulent pas mourir.

La poésie accroche des métaphores sur le crâne de ceux qui sont chauves dans leur tête sans virgule.

La poésie constelle la suffisance des enfileurs de rimes qui se gaussent du col quand passe un alexandrin.

La poésie maraude des oiseaux en rupture qui font des migrations une bible annuelle qui ne revient jamais.

La poésie colore les yeux blancs des aigles de petite fortune qui inventent chaque jour une nouvelle volière.

La poésie pourrait nourrir son homme si elle était femme de bien convoitées par tous.

La poésie aligne des symphonies de lettres sur  les langes de la belle aventure mal venue de rester au garage.

La poésie lance des trilles quadrillés dont la nonchalance réveille d’un seul coup tous les aventuriers du verbe.

La poésie dérange l’ordonnancement des anachorètes de chose écrite réfugiés au fond des monastères.

La poésie bafouille ses gammes quand elle prend le maquis des enfileurs de perles inutilement redondants.

La poésie déverse la moelle des poèmes dans les os sans avenir du marchand de prose qui se prend pour Rimbaud ;

La poésie retend les boyaux  de l’amour quand il ne sait plus faire la guerre de quatorze dix huit

La poésie greffe une fente de mitraille sur les arbres des forêts que l’homme veut couper pour écrire des rimes

La poésie fait fondre des icebergs de contrebandes qui fondent dans la bouche des marins que le sel gonfle

La poésie engouffre dans ses fouilles les tiroirs ikéa gonflés de milles feuilles maculées de ratures qui n’ont servi à rien.

La poésie tenaille des ventres sans estomacs par lesquels on peut voir des morceaux de vide qui viennent de la mer.

La poésie fait pleurer des nonnes sans soutanes qui l’ont prise pour dieu dans leur infini amour de l’homme.

La poésie tend la peau des tambours qui pavanent la mort des champs de bataille où  se gagnent des rêves

La poésie vrille la voile des vaisseaux sans gains qu’un marchand de mazout fait couler dans le bronze

La poésie souille les soucis de miroirs qui tenaillent entre eux les diamantaires du vide quand ils perdent leur vie.

La poésie ramène à sa plus simple expression l’envie de parchemin qui triture les scribes qui ont sauté les siècles

La poésie met des ailes aux chevaux qui parcourent l’azur chevauchés par cent mille sorcières qui on perdu leurs dents.

La poésie accroche des luminaires dans les salons branchés des people dorés sur la tranche de leurs vaisseaux fantômes.

La poésie rassemble les bergers sans moutons qui ont dans leur besace de quoi tenir un siège entourés par les loups

La poésie tatoue sur la peau des enfants une marque indélébile qu’ils ne quitteront plus jusqu’à leur puberté

La poésie draine dans les veines un sang de mégapole plus rouge que la vie et qu’il faudra jeter à la gueule des campagnes.

La poésie demande son chemin à la croix des carrefours où des flics frappeurs dirigent le flot montant vers la rue descendante

La poésie ameute de longues foules qui passent en hurlant dans le grand désespoir d’un avenir sans raison

La poésie prend par le col la fille aux nattes rousses qu’un marin ambidextre mène pas la taille dans les ruelles de Brest

La poésie pousse vers la sortie le mangeur de lune qui ne réussit pas à finir le dernier quartier avant la fin du cycle

La poésie ouvre les vannes des jacinthes qui pleurent dans les mauvais champs qu’une taupe cueille à l’envers des racines

La poésie ouvre les religions au scalpel du devoir pour les inventorier aux lumières de leur  chant

La poésie entame des pourparlers avec les innocents sans mains qui ne peuvent plus prendre les guides de leur destin.

La poésie cache ses taches de rousseur aux amoureux qui la courtisent sans lui laisser le temps de rentrer sa pudeur

La poésie admet dans ses entrailles des nourrissons couvés par les oies sauvages qui reviennent chaque année

La poésie retaille des costumes aux passeurs  du théâtre des ombres qui ne sont pas chinoises quand la lumière tombe

La poésie habite dans le chœur d’une chorale pittoresque dont le chef en haillons tente vainement de la faire chanter

La poésie c’est n’importe quoi pour n’importe qui et n’importe quand même s’il importe de savoir pour qui.

La poésie déplie ses tentacules dans tous les sens des arts pour donner à l’envie une seconde jeunesse

La poésie charrie des tombereaux d’émotion tirés par deux bœufs blancs qui marchent sous les houx

La poésie émascule l’éphèbe de Thèbes qui pensait bien survivre au désespoir de la défaite des tribuns.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 11:29

Pour rester dans les poètes voici le portrait du poète d'aujourd'hui.

PORTRAIT DU POÈTE D’AUJOURD’HUI

 

Le poète d’aujourd’hui est resté un grand jeune homme qui n’en finit pas de ne pas vouloir vieillir. Mais comme il n’y peut rien il écrit pour oublier.

Le poète d’aujourd’hui n’a plus besoin de caresser sa muse d’autres s’en occupent pour lui en la coinçant dans les ruelles froides.

Le poète d’aujourd’hui ne travaille pas dans l’usine du Parnasse mais a besoin d’avoir un métier solide et solvable pour arrondir les fins de mois de sa poésie.

Le poète d’aujourd’hui s’il n’a pas dépassé la trentaine pointe dans un bureau de débauche.

Le poète d’aujourd’hui s’il a dépassé la trentaine peut penser se goberger dans une activité secondaire qui ne lui laisse plus le temps d’écrire.

Le poète d’aujourd’hui lime sa solitude sur les vers libres qu’il ne parvient plus à piéger dans son haveneau de pêcheur de lune.

Le poète d’aujourd’hui se demande tous les soirs à quoi ça sert d’écrire de la poésie et voit son image se refléter dans le miroir du vide.

Le poète d’aujourd’hui met sa production sur les pages d’Internet et espérant que quelqu’un saura déceler son talent entre trois cent quarante quatre mille poètes qui font comme lui.

Le poète d’aujourd’hui ne se donne pas la peine de protéger ses écrits tout heureux quand quelqu’un veut bien lui piquer.

Le poète d’aujourd’hui fait la gueule quand un autre poète parle de ses difficultés de vie.

Le poète d’aujourd’hui a la sécurité sociale même sans avoir écrit un seul vers.

Le poète d’aujourd’hui harangue des foules de trois auditeurs en espérant qu’un seul restera jusqu’au bout de son récital.

Le poète d’aujourd’hui copie les américains en faisant des joutes oratoires avec vainqueur et vaincu comme dans l’ancienne Rome.

Le poète d’aujourd’hui ne veut plus s’appeler poète mais slameur de fond.

Le poète d’aujourd’hui photocopie ses textes en partant du clavier et n’use pas ses crayons dans des rimes absentes.

Le poète d’aujourd’hui clame sa liberté de poète que personne ne lit.

Le poète d’aujourd’hui dort dans des draps blancs et prend des congés payés comme tout un chacun sauf quelques uns.

Le poète d’aujourd’hui connaît bien la poésie passée et beaucoup moins la présente qu’il ne lit pas beaucoup.

Le poète d’aujourd’hui est amoureux des mots qui ne lui rendent pas comme un mari trompé par une noce sans dot.

Le poète d’aujourd’hui avance courbé par la charge des aides qu’il réclame ici ou là et qu’on ne lui donne que rarement.

Le poète d’aujourd’hui se fait aider pour éditer tant qu’il n’en ose plus écrire.

Le poète d’aujourd’hui ne sait plus à quel sein se vouer ce qui le fait se retourner vers les saints qui lui balancent des coups de pieds dans les testicules pour le renvoyer d’où il vient.

Le poète d’aujourd’hui a une place à part dans le monde des lettres le cul de basse fosse.

Le poète d’aujourd’hui a son éditeur, sœur Anne,  qui lui dit toujours qu’il attend les sous pour lui éditer son livre et qui ne voit rien venir.

Le poète d’aujourd’hui n’ose plus mettre sur sa carte de visite que c’est là sa fonction tant il a peur qu’on lui jette des pierres.

Le poète d’aujourd’hui triomphe de la vie en courant plus vite que ses créanciers.

Le poète d’aujourd’hui peut crever dans la rue, dans une tente rouge, sans que jamais personne ne soulève l’auvent.

Le poète d’aujourd’hui avale des couleuvres sur un champ de foire grand comme la terre dont il ne parvient jamais à faire le tour.

Le poète d’aujourd’hui envoie ses poèmes à des revues qui se vantent d’avoir quatre cent lecteurs pour amortir leurs faux  frais.

Le poète d’aujourd’hui n’apparaît dans les journaux que dans les faits divers quand il a tué sa femme ou violé son teckel.

Le poète d’aujourd’hui fait de la politique mais la politique ne lui demande rien.

Le poète d’aujourd’hui est un citoyen qui ne comprend plus rien à la constitution.

Le poète d’aujourd’hui traverse de longues plaines se prenant pour le corbeau d’Edgard Poe traduit pas Baudelaire en rongeant le frein de sa belle bagnole.

Le poète d’aujourd’hui écrit des romans qui ne lui rapportent plus grand-chose s’il ne fait pas partie des peoples

Le poète d’aujourd’hui accroche sur son front un turban de papier quadrillé sur lequel il dessine des louanges à l’avance.

Le poète d’aujourd’hui  regarde avec de grands yeux ceux qui lui disent de ne pas charger la mule par des psaumes de dépit.

Le poète d’aujourd’hui veut bien raser les murs si on lui fournit le savon à barbe.

Le poète d’aujourd’hui dépave les rues avec son crayon gomme pour un salaire qu’il ne vient jamais chercher

Le poète d’aujourd’hui n’est jamais aussi bon que lorsqu’on lui fait croire qu’il est le plus mauvais.

Le poète d’aujourd’hui ne se reconnaît pas dans ceux qui disent le représenter dans toutes les assemblées… de poètes.

Le poète d’aujourd’hui compose seul comme le veut le temps

Le poète d’aujourd’hui dépasse d’une rime le poète d’avant et le fait savoir par toutes les télés dont il ne dispose jamais

Le poète d’aujourd’hui n’a pas de fan club, comme on dit chez les téléradioreporters.

Le poète d’aujourd’hui fait grincer les ressorts du lit des créateurs quand il invente un mot pour dire qui il aime.

Le poète d’aujourd’hui ne crame pas de voitures mais il en aurait vachement envie.

Le poète d’aujourd’hui possède un compte en banque une carte visa et quelques roubles en solde qu’on a bien voulu lui jeter.

                                                                    JEAN PIERRE LESIEUR

 

 

 

 

 IMAGE DE ROSY CANDAU

 

 

 

 

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 20:49

suite à l'article sur non le poète j'ai reçu aussi un texte d'Alain Lemoigne si le coeur vous en dit dites moi c'est qui pour vous un poète.

Un poète, ce n'est pas un esthète

ni la plante savante d'une université.

Un poète, ce n'est pas un courtisan

ni le porte-lyre d'un parti.

Un poète, ce n'est pas un bonimenteur

ni le notable d'une certitude.

Un poète, ce n'est pas un linguiste

ni le cuisinier ès plagiats.

Un poète, ce n'est pas un bouffon

ni l'esseulé de la petite tour.

Un poète, ce n'est pas un monsieur-je-sais-tout ni le balèze des urinoirs médiatiques.

Un poète, ce n'est pas un jongleur

ni le farfadet des poncifs recyclés.

Un poète, ce n'est pas une définition

mais tout juste un instant

qui devient.

Alain LEMOIGNE

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Alain Lemoigne - dans poésie
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 09:31

En écho à non les poètes Aubazine répond...

OUI, LES POÉTESSES !

 

 

 

 

Oui les poétesses vivent dans la cité de la Joie,

 

Oui les poétesses sont les filles véritables d’Ève,

 

Oui les poétesses regardent le sage et reprennent un quartier de Lune,

 

Oui les poétesses respirent à pleins poumons dans les bistrots désenfumés,

 

Oui les poétesses accueillent à bras ouverts les espions venus du froid,

 

Oui les poétesses descendent toutes de François (Rabelais),

 

Oui les poétesses peuvent opter pour la maternité,

 

Oui les poétesses crayonnent de noir leurs yeux de biches,

 

Oui les poétesses ne sont pas toutes chiches,

 

Oui les poétesses écrivent contre papier bouffant et encre de bon aloi,

 

Oui les poétesses n’ont parfois plus que leurs yeux pour pleurer,

 

Oui les poétesses n’ont rien à cacher et le montrent,

 

Oui les poétesses voguent sur l’écume des jours,

 

Oui les poétesses agrafent aux revers de leur chlamyde le verbe sauvage,

 

Oui les poétesses engloutissent à plein régime,

 

Oui les poétesses sont les mamelles de la scansion,

 

Oui les poétesses hurlent peace & love à plein gosier,

 

Oui les poétesses savent ravauder les trous de l’atmosphère,

 

Oui les poétesses usent à bon escient d’ustensiles affûtés comme des langues,

 

Oui les poétesses n’ont qu’une porte en voile blanc,

 

Oui les poétesses commencent à faire provision de ballons d’oxygène,

 

Oui les poétesses ne sortent leur muse qu’en liesse,

 

Oui les poétesses remplissent des métaphores d’or coulant qu’elles bouchent à la cire,

 

Oui les poétesses zonent souvent près de la Voie Lactée,

 

Oui les poétesses sont en harmonie avec les éléments qu’elles dé-chaînent,

 

Oui les poétesses savent bien qu’elles sont l’avenir de l’Homme,

 

Oui les poétesses boutent le feu aux Préfectures,

 

Oui les poétesses ont des voix de Sirènes,

 

Oui les poétesses sont tigresses indomptées,

 

Oui les poétesses accouchent encore de mares de mots,

 

Oui les poétesses se peignent dans les courants d’air,

 

Oui les poétesses modestes œuvrent dans l’anonymat,

 

Oui les poétesses interprètent la vie à chaque trépas,

 

Oui les poétesses sont tisserandes des toiles immatérielles,

 

Oui les poétesses shootent dans les boîtes à clous,

 

Oui les poétesses soutiennent ceux qui n’acceptent pas ces dictatures de cons,

 

Oui les poétesses bercent les rêves des hommes de peine,

 

Oui les poétesses alchimistes fabriquent des photos molles,

 

Oui les poétesses de Salomon chantent jusque sous la douche,

 

Oui les poétesses tressent des vérités qu’elles ont filé en douce,

 

Oui les poétesses reconnaissent être effrayées par les rides arides,

 

Oui les poétesses déboulonnent les statues qui tuent l’art,

 

Oui les poétesses accouchent un peu dans la douleur,

 

Oui les poétesses giflent à toute volée les souffleteurs d’écrits vains,

 

Oui les poétesses remercient vivement la Vie chaque matin,

 

Oui les poétesses aiment à péter dans la soie du noir,

 

Oui les poétesses n’ont pas leur langue dans la poche même si elles ont des poches sous les yeux,

 

Oui les poétesses se doivent d’être inoxydables en leur journée double,

 

Oui les poétesses ont bien fait de jeter leur soutif en pâture aux ânes bâtés,

 

Oui les poétesses n’avortent que quand elles sont dos au mur,

 

Oui les poétesses qui ont chaud aux fesses n’ont pas froid aux yeux,

 

Oui les poétesses...

 

 

 

                                                                                                         AubaZ!ne SAXETT

 

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 15:30

Vous les connaissez mal, vous ne les connaissez pas bien; les poètes.

NON LES POÈTES !!!

 

 

 

Non les poètes ne vivent pas en dehors de la cité interdite

Non les poètes ne sortent pas de la cuisse de Jupiter

Non les poètes ne craignent pas la mort  ne demandent pas la lune

Non les poètes n’évitent pas les fumées tristes de l’usine

Non les poètes n’ont pas peur de l’Amérique

Non les poètes ne sont pas dans la manche des dieux

Non les poètes ne naissent pas dans la maternité des facultés

Non les poètes ne dessinent pas sur les langes des riches

Non les poètes ne mangent pas dans la main des puissants

Non les poètes n’écrivent pas dans la gratuité

Non les poètes ne servent pas les dictateurs du monde pauvre

Non les poètes ne dissimulent pas de tiroirs secrets

Non les poètes ne zèbrent  pas la nuit des parchemins

Non les poètes ne cherchent pas le sommeil du verbe

Non les poètes ne fréquentent plus les chapelles ardentes

Non les poètes ne mangent pas dans n’importe quel râtelier

Non les poètes ne sucent pas le lait des nourrices sèches

Non les poètes n’inventent pas un monde sans amour

Non les poètes ne gravitent pas dans une galaxie sans atmosphère

Non les poètes ne traînent pas des casseroles hautaines

Non les poètes n’ouvrent pas des portes condamnées

Non les poètes ne tapent pas sur des casseroles pleines d’air

Non les poètes n’enferment pas leur muse dans des musées

Non les poètes n’affirment pas des métaphores de pacotille

Non les poètes ne perdent pas les sentiers des étoiles

Non les poètes n’ont pas peur des orages de foudre

Non les poètes n’espèrent pas dans l’avenir du passé

Non les poètes n’enflamment pas de fausses meules de foin

Non les poètes ne chantent pas des mélodes parfaites

Non les poètes ne marchent pas dans les rails des suiveurs

Non les poètes ne craignent pas la disparition des mots

Non les poètes ne perdent pas leur temps à redessiner le vent

Non les poètes ne dressent pas des tentes sur les rives de la misère

Non les poètes ne refont pas le monde à chaque nouvelle image

Non les poètes ne construisent pas des ponts sur des rivières à sec

Non les poètes ne burinent pas la rue dans les passages protégés

Non les poètes n’acceptent pas la dictature des cons

Non les poètes ne bercent pas l’illusion dans le comique de situation

Non les poètes ne conduisent pas leur vie comme une moto folle

Non les poètes ne vocalisent pas dans des matins sans avenir

Non les poètes ne possèdent pas des vérités toutes faites

Non les poètes ne pleurent pas dans le gilet des rides

Non les poètes ne burinent pas leur nom sur des socles sans statue

Non les poètes n’enfantent pas dans la douleur du beau

Non les poètes ne boursouflent pas les ardeurs du soir

Non les poètes ne chantent pas dans des chorales sans feu

Non les poètes ne réchauffent pas les oxygènes absents

Non les poètes ne brillent pas dans les salons ventrus

Non les poètes ne perdent pas l’honneur perdu des autres

Non les poètes ne paradent pas dans les cimaises des théâtres sans cœur

Non les poètes ne sombrent pas dans l’alcoolisme distingué

Non les poètes ne vibrent pas au vol à voile des absences d’envergure

Non les poètes ne puisent pas dans les réserves de vos peurs

Non les poètes ne perçoivent jamais le salaire qui ne leur est pas dû.

 

 

 

 

                                            Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 09:26

Le numéro 28 de comme en poésie est paru.

Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR
Page3 /Catherine MAFARAUD-LERAY
Pages 4 : Olivier MATHIAN
 Page 5 : Fabrice MARZUOLO
Page 6 : Ferrucio BRUGNARO
Page 7 : Gérard LEMAIRE
Page 8/9 : Fadila BAHA
Page 10/11 : Pierre MAUBÉ
Page 12/13 : Aubazine SAXETT
Pages 14 : Marie-Noëlle AGNIAU
Page 15 : Sébastien MÉNARD
Page 16: Michel MALACRINO
Page 17: Danielle GEORGES, J.C TOUZEIL
Pages 18/19 : Bruno SOURDIN
Page 20: Suzanne LE MAGNEN
Page 21/22/23 : Michel GENDARME
Page 24 : Claude ALBARÈDE
Page 25 : Pascal MORA
Page 26/27: LA FÊTE À MARTINE
Page 28 : Valérie DURIF, Marc BONETTO
Page 29  : Teri ALVES
Page 30 : J.L BERNARD, Michelle CAUSSAT
Page 31 : Alain CROZIER
Page 32 : Pierre MIRONER
Page 33 : LISKA
Page 34/35 : Jean-Pierre LESIEUR
Page 36: COUPS DE CŒUR
Page 37 : LA PASTICHERIE
Page 38/39: CARTES LÉGENDÉES
Page 40 : Guy CHATY
Page 41 : Florent DESORMAUX
Page 42 : Georges CATHALO
Page 43 : Olivier DROUIN
Page 44/45 : Cécile VINCIGUERRA
Page 46/47 : POT AU FEU
Page 48 : CONSEILS ET ANNONCES
Page 49 : COMME DANS LES RECUEILS
Page 50/51 : COMME DANS LES REVUES
Page 52 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

 

Fadila BAHA 

 PASSAGE 

              Des familiers inquiétants se sont agités je dormais sous la cave les fausses notes me perturbaient tournant et tête à l'envers je tentais d'y mettre un grain mal m'en prit ils faisaient paquet n'en déplaise à mes oreilles mes peurs pourquoi n'arrivaient-ils pas à se mettre en route un chignon réfractaire? J'avais les nerfs en pelote une incertitude de l'accueil je transpirai sous la couette ils se pétrifiaient je souhaitais savourer un café bien sur folle équipée en solitaire il fallait y penser ne pas tricoter des liens incertains d'autres des anciens flous je ne les vis plus la maison Passage Dubois avait été démolie insalubre.

 DU FAMILIER 

 Et le père de convoquer chacun il y avait des lustres et pas l'eau courante mais donner une place au paradis !!

Non il ne sentait pas sa dernière venue mais gratifier ou punir avait toujours été son rôle une drôle de nuit personne ne dormait il dut capituler la réunion serait plurielle elle fut surréelle avec des grands témoins des mages de la solennité un peu de frayeur du merveilleux l'au-delà avait bonne figure c'était l'ici et maintenant qui donnait envie d'aller au lit disputes querelles les frères les sœurs les absents la nébuleuse les coupables il y avait du familier.

 INVINCIBLE 

              Le vélo galope comme il a des ailes tant pis pour le bleu il coupe la vitesse et les sensations crispé sur ses freins c'est pas du jeu. La tête penchée sur le guidon à moi les lacets il y en a bien pour un quart d'heure d'extase avant la fontaine la fierté enfantine dans les sacoches le vélo c'était sans les mains sans les jambes et la raclée du père insensible aux genoux saignants il avait tout vu inconsciente inconsciente pardon je badigeonne mes bobos pour demain non? le jour d'après. Tiens arrivée au Pont de Montvert là haut c'est le mont. On regarde les cartes à chacun son tour du Causse Méjean bonheur myrtilles faucons et un verre de mauresque pour le parfum quinze jours toute une vie je suis invincible.

 

 LA JEUNE FILLE

          Elle a des œillets blancs au teint qui ne la quittent pas si elle perd les connaissances en plein midi un dimanche pas leur vocation de meubler les têtes dans l'abnégation autant remplir le tonneau des danaïdes et la voilà qui questionne et la place se vide autour d'elle il y a Benoît il est bien là il ne retient pas son émotion devant les cheveux de blé il sera son protecteur son ami elle acquiesce glisse sa menotte dans sa main droite elle a les yeux du soleil à présent et les œillets blancs pimpants.

QUEL TEMPS

Pauvres sirènes hier elles chantaient
aujourd'hui elles hurlent
que nous parlez vous
esprits de la nature vivre avec quel temps
auriez vous perdu le sens commun?
Et le hurlement du loup la nuit à la lune?
Et l'iris?
Vous l'admirez au bord de l'étang unique
si vous cherchez à le cueillir
vous découvrez un cordon ombilical
qui court sur la terre
s'élance à la conquête du sol
soudain réapparaît à la surface
épanoui en une nouvelle fleur.

Marie-Noëlle AGNIAU

Fragment 72

Ton chant pose par-dessus la voix une nappe de fraîcheur, un cercle plus grand, Il se niche partout dans le monde même en dehors et pour cause : il est le monde. Nos tempes ( ces deux creux autour de la tête où jadis s'appuyaient les os de la tête) marquent le début. Elle sont la cloison derrière laquelle tout commence. D'être chacun soi fait qu'on ramène à l'autre ce qu'il n'entend pas.

 

 

 

Toi auprès de qui sont nos ressources ( comme au sortir de l'eau noyée)
toi qu'un poids de coccinelle ferait tomber - sans égal -
bouche à bouche inverse ( de qui l'arbre ou la bête tient-il l'autre ? )
oiseau vétuste, aussi vétuste que le corps ( d'ailleurs un oiseau vétuste habite le corps, il suffit d'ouvrir les poumons de notre manteau)
à tes lèvres noires, je prends comme à la boîte d'un secret dont le velours se décolle et guette de quoi faire surgir le souffle en continu,
je levai la main sans te saisir ( de peur que tu la manges dans un repas qui ne fut pas à ta taille) pour que tu puisses échapper au broiement des os : tu fis route vers la fenêtre et dans l'encart du ciel l'enfant put voir son délai d'innocence. Une sorte de chaise gardée à laquelle on revient une  fois les épreuves finies.

 

La forme poème : si c'est un fleuve, nous enterrerons les virgules et de la terre semée, jailliront les choses qui n'ont pas pu se faire. Le décollement dont je parle : une ouverture capable d'étendre au maximum la surface de respiration.

 

 ( toi auprès de qui sont nos fantômes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 09:04
 Deux poèmes de Robert Momeux, l'ami du puits de l'ermite et d'ailleurs.

ÉTERNITÉ DES SIGNES  ESSENTIELS

 

Si l’arbre se tord les mains
Si le sentier s’enfuit à l’horizon
Si l’ombre habille le buisson
Et se déchire à des lueurs

 

 Si l’heure est lente à s’épanouir
Et si le vent s’émeut d’un rien
Si rien ne vient dans le silence
Inutile d’invoquer les fées

 

Inutile de croire aux miracles
Il suffit d’attendre le jour
Il suffit d’être là

 

Au premier chant du coq.

 

 

 

ANCIENNETÉ  DES MONDES

 

 

Le vent griffe

 

Le pelage des collines

 

Les arbres s’agrippent

 

À l’intensité du ciel

 

Ruent s’ébouriffent

 

S’indignent

 

Ils sont plus à la terre

 

Qu’à l’air malgré ce qu’on croirait

 

C’est une longue histoire

 

Entre le sol et eux

 

Bien avant que le jour le sache

 

Ils étaient déjà présents

 

Vivant d’obscurité

 

Dans le silence des respirations secrètes

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 07:59

 au 2149 ave du tour du lac à Hossegor

Le garage aux poèmes vient de voir le jour à Hossegor. Si vous habitez dans la région ou si vous passez par hasard venez lire de la poésie celle de Jean-Pierre Lesieur mais aussi tous les recueils et revues récoltés ici ou là.

Vous pouvez aussi envoyer vos poèmes, manuscrits, recueils, revues ils seront mis en lecture dans le garage aux poèmes.

d'autres lieux sont possibles pour lire des poèmes

la POETHEQUE  14 Pl du 11 novembre1918 38090 Villefontaine

ARPO à Carmaux centre culturel du Tarn bibliothèque départementale

maison de la poésie Rhônes Alpes rue dr Lamaze 38400 Saint Martin d'Hyères.

Si vous avez d'autres adresses je les mettrai sur le blog

c'est tellement difficile de trouver de la poésie à lire.

Si vous êtes auteur et que vous voulez que vos livres soient mis en lecture dans le garage vous pouvez me les envoyer à l'adresse de la revue 2149 av du tour du lac 40150 hossegor

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 08:01

le numéro 27 de comme en poésie est paru.

SOMMAIRE

Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR

 

Page3/4/5 : André CAMPOS-RODRIGUEZ

 

 Pages 6/7: Béatrice MACHET

 

 Page 8 : Laurent FELS

 

Page 9 :Stella RADILESCU

 

Page 10 : Nathalie RIOU

 

Page 11 : Jay BLACK

 

Page 12/13 : Éric DUBOIS

 

Page 14: Jean-Baptiste PÉDINI

 

Pages 15 : Jeanpyer POËLS

 

Page 16/17: Michel MERLEN

 

Page 18: Luce GUILBAUD

 

Page 19: Arnaud CALVI

 

Pages 20/21 : Véronique JOYAUX

 

Page 22/23: AMARANTA

 

Page 24/25  : Ludmilla PODKOSOVA

 

Page 30/31/32: Catherine MAFARAUD-LERAY

 

Page 33 : COUP DE COEUR

 

Page 34/35: Rodolphe OSCÈSE

 

Page 36/37: Florent DESORMAUX

 

Page 38  : Claude LUÉZIOR

 

Page 39 : COMME EN CORRESPONDANCE

 

Page 40/41 / Alfonso JIMENEZ

 

: Page 42/43 : SAINT ALBRAY

 

Page 44/45 : cartes légendées

 

Page 46 : La pasticherie

 

Page 47 : Pot-au-feu

 

Page 48 : Conseils et annonces

 

Page 49: Comme dans les recueils

 

Page 50/51 : Comme dans les revues

 

Page 52 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

 

 

ÉDITORIAL J.P Lesieur 

 

 

 

 

            Il n’y a aucune fatalité à écrire de la poésie. Il n’y a aucune fatalité à vivre en poète et à vivre sa poésie. Il y a seulement un énorme plaisir intellectuel qui ne débouche pas forcément sur une ascèse de vie particulière.

 

              Fabriquer une revue et je l’entends au sens de tout faire soi même conception, choix des textes, maquette, impression, assemblage, diffusion, expédition, représente une somme de travail qui  procure aussi une position particulière en regard de l’écriture. Je vis cela depuis 27 numéros et je n’en suis pas encore las. J’y ai appris l’humilité de la chose écrite et sa relative inimportance si je peux me permettre ce néologisme. J’y ai appris l’humilité de celui qui agit et fait de ces propres mains. J’y ai développé mon humilité d’homme. Ce qui vous en conviendrait n’est pas une mince affaire.

 

Le « faire », comme je l’entends, pour un poète le ramène dans la cité et lui rend une position d’acteur qu’il a tendance à déserter du fait d’une certaine marginalité qui lui est assignée par la société civile. Et je suis persuadé que cela a une influence sur sa manière d’appréhender et diffuser ce qu’il écrit.

 

Le « faire » le met au rang de l’artisan de bonne facture et en prenant en main les moyens de reproduction de sa production poétique lui assure une autonomie qui  passe par aucun de ces cribles qui souvent lui ôtent le droit de paraître et par voie de conséquence de faire paraître.

 

Le « faire » ouvre en quelque sorte la porte de la générosité envers ses condisciples que bien souvent il publie pour le plaisir de les publier et ainsi leur faire l’avance d’une aide de la fraternité poétique et leur tendre une main amicale par delà les mots.

 

Je  me rends,  de plus en plus compte, qu’il existe dans cette société hyper friquée une difficulté inhérente au trop plein qui gagne les lettres il y a embouteillage de l’offre d’écriture avec un lectorat qui stagne voir diminue. Je parle bien sûr de la poésie, phénomène accru par Internet qui permet à n’importe qui de mettre n’importe quoi et de le baptiser poème. Est-ce un mal? Je me garderai bien de me prononcer tant que le monde poétique sera aussi divisé sur ce qu’il convient d’appeler poésie. Laissons faire,  la postérité et le hasard finiront bien par se rencontrer.

 

J’étais dans un salon du livre, à Hossegor, mais oui dans une aussi petite commune on fait chaque année un salon, et j’ai vu défiler devant mon stand des centaines de gens qui allaient assister aux conférences de : Chancel, Picouli, Hondelatte, Levaï, etc. remarquez pas un poète dans le nombre. Le seul de mes livres qui accrocha quelques regards et quelques doigts fut celui  dont la couverture était en couleur avec un titre alléchant : Mon papa m’a dit... Les gens sont bien conditionnés par l’emballage si cher à la pub. Et ils repassaient avec sous le bras le livre dédicacé de celui qui venait de parler. Plus de sous pour ma poésie.

 

 

Catherine MAFARAUD-LERAY

 

  POUR LA FEMME DU CLOWN

Certaines sûres serrées
Presque toutes
Cerises d'Ipoustéguy
En queues exclamatives
Odeurs de treilles
Yeux de caviar « Sauve qui peut »
Cerises à la Soutine
Séchées en l'arbre
Cramoisies noires pourries
Petits foies de moineaux
Sous le pied écrasés méchamment
Près du vin renversé
Cerises de Manuel
De Manuel de Falla
Gommées de géométrie fugaces
Si peu sorcières troubles parfois
Incertaines Lumière Couleur contrastes
Et surtout Lorca
Et l'orange éclatée
Cinq heures du soir quand
Ignacio Sanchez Mejias
Fut pris par le taureau
Cloué au sol
Sur un vieux tas « de chiens éteints ».

 

POUR LA FEMME DU CLOWN,BRAVO,BRAVO,
ET QUI FAIT LA VAISSELLE, BRAVO, BRAVO,

 

 

 

 

 

 

 Si vous avez des contributions  pour le prochain numéro vous pouvez me les envoyez au 2149 av du tour du lac ou par Internet à  j.lesieur@wanadoo.fr

 

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 07:53

parution  récente

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre LESIEUR

 

 

 

 

 

LE MANGEUR DE LUNE

 

 

 

Journal dérisoire d’un petit poète

 

 

 

1935-1991

12 €

à comme en poésie 2149 avenue du tour du lac 40150 Hossegor

 

Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

 

 

 

le livre majeur de Jean-Pierre Lesieur qui retrace la vie d'un petit poète tout au cours d'une existence à cheval sur deux siècles.

 

 

 

Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

Poète du quotidien de la fraternité ouvrière, de la révolte, de l’humour corrosif aussi, revuiste de tempérament, directeur notamment de Comme en poésie. ( l’année poétique 2005 Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence)

 

 

 

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