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5 janvier 2006 4 05 /01 /janvier /2006 09:45
  Cette lettre peut être copiée par les revuistes qui le désirent et envoyée à qui ils veulent en ayant la courtoisie d'en spécifier l'origine, la revue et l'auteur; Merci.
                                                                                                         DATE DE LA POSTE

Cher poète. 

              Je réponds enfin à l’envoi de vos poèmes et je vous prie d’excuser le retard de cette réponse. Je reçois en effet énormément de textes à croire que les poètes poussent comme des champignons dans les sous bois par temps d’orage en automne.
               Sachez que je privilégie dans les auteurs ceux qui n’ont pas envoyé leurs poèmes à l’aveuglette c'est-à-dire après avoir longuement fréquenté, en tant que lecteurs les différents numéros de poésie que j’ai publiés depuis la naissance de la revue.
              
Je donne aussi ma préférence aux poètes qui m’envoient des textes inédits en recueils et en revue car les abonnés étant tous ou presque  abonnés à plusieurs revues ils n’aiment pas, et je les comprends, retrouver le même texte au même moment dans plusieurs. Bien que Jean L’Anselme, vous connaissez peut-être, dise que si la guerre de 40 n’avait été annoncée que dans un seul numéro de revue de poésie il n’y aurait pas eu grand monde pour défendre la France.
               
La poésie que je défends et pour laquelle vous en conviendrez  je donne beaucoup de temps et d’argent ainsi que pas mal d’amour ne se réfère à aucune chapelle, je ne peux être une tendance ou une école à moi seul  j’accepte toutes les formes et fonds de poésie, pourvu qu’elles me fassent vibrer, qu’elles élèvent ma pensée et qu’elles me donnent ce je ne sais quoi indéfinissable qui me fait dire : « là il y a un véritable écrivain. »
               
Choisissez vos textes les plus aboutis, ceux que vous feriez lire à votre petite amie, votre belle-mère ou le secrétaire perpétuel de l’Académie, les autres, laissez les mûrir ou mourir au fond de votre tiroir celui que vous n’ouvrez que pour les grandes occasions.
               
Ne tenez pas pour acquis qu’un abonnement à la revue vous donnera automatiquement droit à une publication. Je revendique hautement le droit de refuser un poème qui n’entre pas dans le cadre de la revue au propre comme au figuré c’est ma liberté de directeur et la votre sera de rechercher une autre revue afin de voir enfin publié le joyau de la poésie que je vous ai refusé. 
                
Par contre s’abonner à une ou plusieurs revues me paraît le meilleur moyen pour connaître, lire, apprendre la poésie qui se fait aujourd’hui  sans compter que vous aurez le devoir de faire vos classes sur le tas, nulle école de poésie ne donnant des cours du soir en ce bas monde ni dans l’autre. Il existe suffisamment de revue spécialisées, d’ailleurs il n’y a qu’elles pour éditer des poèmes, pour que vos écrits  puissent être acceptés ici ou là.
                
Méfiez vous des revues qui vous demandent une participation financière pour la publication, un compte d’auteur sournois et diffus, rôde aussi  dans  les bas-fonds des revues.
                
Choisissez de préférence une revue qui n’est subventionnée par personne d’autre que son animateur et ses abonnés, les autres sont trop dépendantes d’une subvention qui si elle disparaît fait également disparaître la revue. Je pourrais citer de multiples exemples.
                
N’attendez aucune rémunération de la part des directeurs de revues qui tirent déjà le diable par la queue. J’ai tenté moi-même de donner un euro par page publiée dans la revue et je me suis fait ramasser par la confrérie des poètes qui ne veulent pas êtres payés, prétextant que c’était une aumône, d’autres ont crié au loup car il n’est pas bien dans le paysage qu’un poète écrive pour être payé. (certains ont tout de même accepté et je les en remercie) 
                
La solidarité entre les revues n’existe pas. Elles sont définitivement rivales puisqu’elles publient les mêmes poètes et ont les mêmes lecteurs, un abonné qui se désabonne devient un abonné en puissance pour une consœur.
               
Ne m’envoyez pas un recueil complet en me demandant de choisir le ou les poèmes que je préfère il n’y a aucune chance que je l’édite en entier et il me faudra tout lire ce qui prend énormément de mon temps très précieux  le choix c’est à vous, aussi,  de le pratiquer. Quelques textes suffiront pour que je me fasse une opinion sur ce que je pourrai mettre ou ne pas mettre dans la revue.
               
Pensez que je possède un petit budget et qu’il ne m’est pas possible de répondre à toutes les lettres si vous ne me mettez pas au moins un timbre. La poste pour une revue qui ne peut  être diffusée autrement que par abonnement représente une dépense onéreuse qui ne peut qu’augmenter au fur et à mesure de la privatisation. Reconnaissez qu’un timbre pour savoir si on va être édité ce n’est pas cher payé.
              
Si vous voulez que vos textes soient rigoureusement retranscrits évitez les manuscrits illisibles surtout si  votre écriture se rapproche plus de celle du chat que de celle d’un calligraphe de renom.
              
Sachez que d’être édité dans une revue de poésie n’ouvre pas automatiquement le droit à la célébrité et à  la gloire laissez cela à la star académie ou autres émissions de télé ni que vous accèderez d’un seul coup au pinacle de l’édition à compte d’éditeur. Il vous faudra encore solliciter de nombreuses autres revues et il y en a même qui oseront refuser vos textes.  La poésie est un long chemin de croix qui comporte beaucoup plus  de stations que pour l’autre.
              
Si vous êtes refusé n’en faites pas une maladie de peau, il y a plus grave dans la vie, une autre revue prendra vos poèmes c’est seulement que vous n’avez pas frappé à la bonne porte.
              
Parfois se recommander d’un poète déjà un peu connu  peut influencer le directeur mais méfiance il y a peut être entre eux de la brouille dans l’air ou un conflit larvé que votre petite allumette a su réactiver.
              
Ne soyez pas trop élogieux à mon égard ni à l’égard de la revue, je sais que c’est une bonne revue, mais la flagornerie n’a jamais remplacé le talent. Allez-y mollo dans l’éloge prépublication ensuite vous pourrez vous laissez aller.
             
Soyez patient les délais de publication vu le nombre de textes que je reçois et la pagination de la revue sont un peu longs ne me relancez pas au téléphone tous les trois jours ni par courrier toutes les semaines, cela ne servirait à rien.
            
Si vous avez scrupuleusement suivi ces quelques conseils il n’y a aucune raisons pour que vous ne paraissiez pas dans un prochain sommaire de la revue et qu’on vous y retrouve assez souvent car j’aime bien suivre les poètes dont j’aime les textes qui deviennent aussi fréquemment des amis.

                                                                           COMME EN POÉSIE /Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             

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22 décembre 2005 4 22 /12 /décembre /2005 21:11
 

 

BARRIO LATINO

                                            Écrit le 11 11 05 pour Olga

                                                      A Paris Saint Antoine

 

 

Barrio latino tu passes dans le rêve
par la porte dérobée des tendresses.
Toute l’Amérique sud quelque chose
se vautre sur les murs à l’ocre patinée.
Les dockers de Rio boivent dans un coin
le verre amical de la décharge
Les tables se battent en duel
avec un Zorro à tête de loutre.
Les belles brésiliennes de la banlieue
Bastille entrechattent des pas infinis
dès que commencés. Faire l’amour
sur une table au milieu des convives
On aurait envie; On aurait envie.
Barrio latino on aurait envie d’en découdre
de repaître nos yeux de soleil à gogo
d’engager des condors à tête de choucas
Pour raconter l’histoire de l’esclave et du rire
dans un avant dernier mauvais coup.
Le faubourg Saint Antoine a perdu ses meubles
les entrepôts d’antan on descendu leur lustre
dans un puits de lumière où des divans cossus
devisent de choses et d’autres en tapant le carton.
Elle éblouit mon rire je peinturlure ses sens
voyage d’un Chili ou d’une Argentine rare
Les pensées qui divaguent à hauteur de fourchettes
nous atteignent ensemble par le biais de nos lèvres.
Au bout des caravelles il devait y avoir
un corsaire en flamme la main sur la rapière
pour enlever la fille qui en face de moi
fait chanter dans sa gorge Barrio Latino.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 15:24

la carte légendée qui existe dans la revue est reproduite aussi ici. Vous pouvez la copier et me la renvoyer avec une légende, poétique et drôle si possible, je passerai les meilleurs envois dans la revue ou sur le blog

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 17:36
 Ici   commence le journal de la vie d'un petit poète, dont vous pourrez lire les pages au fur et à mesure qu'elles seront mises en ligne. Elles sont déjà parues pour la période 35/45 dans la revue de poésie Décharge, et ensuite elles font l'objet d'une parution régulière dans la revue de poésie Comme en poésie. Une édition intégrale du journal sera réalisée en coédition Comme en poésie / les amis des écrivains du lac d'Hossegor. (1er semestre 2006)

 

LE MANGEUR DE LUNE
Journal dérisoire d’un petit poète

 

 

 

1935-1991

 

 

 

 

 

 

 

Je ne vais pas vous raconter ma vie.      
ou plutôt si 
mais il vous faudra démêler : 
 le vrai du vrai, 
 le faux de l’à-peu-près,
le roman du songe, 
l’affabulation 
 de l’histoire qui aurait pu arriver 
  à n’importe qui 
 à n’importe quel 
 à autant en n’importe le veuf 
 de la poésie 
 et de la mort. 
 Vous allez entrer dans la plus dérisoire aventure 
 du vingtième siècle 
 et des siècles précédents 
 pour presque rien 
 un sourire 
 une corde à noeuds 
 un noeud papillon
dans la dérive la plus parfaite 
qu’ait pu donner  à lire
à voir
à aimer
 le JOURNAL D’UN POETE
que tout le monde prenait pour quelqu’un d’autre. 
 Même lui.

 

 LES IMAGES DU PAUVRE

                Enfant je possédais des images pieuses que j’échangeais contre des capotes anglaises aux soldats américains venus libérer notre territoire occupé par des images de bottes.  J’en faisais des ballons. Enfant sans fric, je préférais le mystère de la bulle d’air et le terrible pouvoir qui la saignait quand elle partait découvrir un monde que je me contentais d’imaginer plein d’avions, de bombes et de types méchants avec des couteaux partout, même dans le coeur, jusqu’à la garde des rêves.

            Je n’écrivais pas encore. J’avais le temps de rêver, suprême délice, le temps de percevoir le temps, jusqu’au jour où mes images se mirent à tournoyer, à encombrer mes instants, à grelotter à la porte de mes mains, à écumer des métaphores. J’aurai voulu les tuer. J’ai tenté de les fuir. Elles ne se laissèrent pas faire, dévorant mes répits, broyant ma vie, je devins inconscience. J’étais en perdition.

            Les sauveteurs de tous mérites m’offrirent leurs services : j’abusais de leur mansuétude couarde, car ils ne désiraient pas m’aider à canaliser, à trier, à classer, ils lorgnaient mes images pour les faire à leur semblance. Ils voulaient, les saints hommes, me jeter dans le moule à copie conforme, me faire bouffer du calque, me soumettre à l’offset pour tirer à multiples exemplaires des stéréotypes à leur dévotion. Mes images ne se laissèrent pas duper, elles  étaient filles pas faciles d’une insoumission révolutionnaire. 

             Quand pris-je conscience qu’il fallait que je m’en sorte seul ? Je ne saurais le dire avec exactitude, mais dès lors je vis un grand nombre de rats sauter du navire et une salubre tempête les noya queue et tout.

            Je sus très vite qu’il me faudrait faire un pacte avec les mots : les tractations furent longues et pénibles, j’avais tant à apprendre.

            Mes facultés nécessiteuses manquaient de vocabulaire, de connaissances et de livres. Je possédais mes images il fallait leur apprendre à faire l’amour. Ce ne fut pas une mince affaire : combien de procédés, de recettes, de trucs, de traquenards, de pièges, de tindelles, dus-je utiliser ? mais les malignes trouvaient toujours une issue de secours.

           J’appris des autres qu’on pouvait donner langue au hasard, utiliser les lettres et aller promener des squelettes d’images dans des chantiers indifférents, l’agencement scientifique des structures, l’insignification du signifiant, les aléas formidables des ordinateurs, l’impersonnalité des paris suggérant.

            Pouvais-je refuser d’en tenir compte ?

            Mais que devenaient mes images à langues multiples sans le choix créatif d’une loupe installée à hauteur de quotidien ?

 JE VOUS LE DEMANDE.

2 Octobre 1935

Le négus d’Abyssinie n’a pas encore
attaqué l’Italie
et ses chars d’assaut 
campent sagement devant Venise
attendant que les poutres s’enfoncent dans la mer
mangées par la rouille du conflit
et de l'histoire... 
 Je vagis déjà 
 couvert par une couveuse 
 recouvert de chaleur 
 découvert par BENITO 
 qui salue à l’HITLER 
 comme un chasseur de mouches 
 énervé de ne pouvoir les tuer. 
 L’EUROPE EST EN CHALEUR

Une vague sans précédent
précède la suivante
et de vague en vague
ma couveuse s’entrouvre 
 sur le chapitre 3 de NOTRE DAME de PARIS 
 en plein office des passés aux actes. 
 Je vous salue maris 
 qui n’osez pas épouser ma mère 
 elle est trop belle.

  HORMONE

L'hormone mâle,
la mienne
spermatozoïdée par deux siècles
de parisiens plutôt baiseurs
par dessus  les moulins de la galette
et tous les moulins de Paris
remplacés en haut de la butte
par des bordels à touristes
en culbutes et vadrouille.
Ah les petites parisiennes à cent balles 
 qui servaient de bornes aux virées
que nous fîmes quelques soirs fameux
seulement dans nos mémoires.
L'hormone mâle,
la mienne,
s'en souvient encore.

 

2 OCTOBRE  1935                                            22 heures

 Ma mère
toi qui fais des ménages pour les riches oisifs
et prends les vessies pour des réverbères.
Ma mère tume 
 Ma mère rit. 
 Ma mère du complexe qui ne sait pas FREUD 
 sur le buis de ton rosaire. 
 Ma mère bancale et claudicante
d’un taxi en maraude
que tu n’avais pas vu.
Et la pension jamais payée d’une assurance fantôme
Que l’homme n’avait pas assurée d’un contrat.
Ma mère l’oie 
 Ma mère concierge 
 qui en brûlait un tous les jours 
 à SAINT ANTOINE DE PADOUE
pour retrouver l’artiste qui t’avait fait grosse 
 de deux mômes
 MA MÈRE
Ma mère MARIA 
 Ma mère LESIEUR 
 née MANGERET un jour de batteuse 
 bourrée comme une bourbonnaise. 
 Ma mère
Tu attends là
Sur un banc de la salle publique de l’hôtel-Dieu 
 SEULE
et depuis 40 jours 
 sans boire ni manger 
 sans penser au passé 
 SEULE 
 comme le déluge du père NOE 
 qu’un mec en blouse blanche 
 te montre tes jésus 
 ANNE- MARIE et JEAN-PIERRE 
 nés de père presque inconnu.

 

2 OCTOBRE 1935                    24 heures

Minuit chrétienne
Rentre chez toi
Retraverse le parvis.
Enfile le pont d’Arcole comme un vieil édredon
Tangente l’Hôtel de Ville.
Laisse sur la gauche le gibet de Nerval
et celui de François.
Ils sont droits de touristes
et tristes d’imaginaire.
Drape ton innocence dans le suaire rose
du soleil qui ce soir
fait le tour du cadran.
Claudique encore un peu
jusqu’à Saint Meri
Avant-hier Desnos y dérivait encore. 
 Mais tout ça tu t’en fous
t’en sais même rien
à l’école des moissons
on n’apprend pas à lire
le cresson des poètes.

 

2 AOUT 1937                       Quelque part vers mes 3 ans et vers 20 heures.

 

 

 

 La pluie.
Il pleut toujours quand le malheur
souffle sur les toits
et ça glisse...
Mon père, celui qui nous a reconnus,
un gosse sur chaque bras
privilège des jumeaux
fin saoulfunambule neuf
d’un cirque en dérive
attaque l’inconscience
du bord de la gouttière
au sixième étage
sous le regard effrayé de ma mère.
Le vasistas laisse un petit carreau de lumière
plus bas la rue
au macadam bien dur.
Il fait un petit tour sous le ciel sans étoiles
nous pleurons de plaisir et de trouille.
Il y a un Dieu pour les ivrognes
La pluie.

J’AI  ENFANCE

 

 J’ai
mangé d’incommensurables sonnettes venues en droite ligne des quincailleries sans fric de ma guerre en bretelles courtes.
Vrillé d’impassibles heurtoirs en acier déforgé par la gueule des lions au poli de Miror.
Jeté sur le trottoir toutes les concierges du Marais avec leurs cris en forme de balais pour me casser les côtes.
Profité de l’asile des porches pour tester mes premières rafales de baisers.
Gravé sur les chapes des ruisseaux mon maquillage d’enfant éberlué par les larmes d’un couteau taché.
Guéri ma peur du noir en cassant d’un coup de gencive les doigts visqueux des minuteries.
Mouillé d’un sexe discret la moiteur invisible des servantes en rupture d’aube qui ouvraient leurs lèvres bien avant de savoir.

J’ai
Grandi tout à fait par hasard dans l’hôtel
Guénégaud
avec une chatte rousse
une soeur jumelle
et tous les petits juifs
de la rue des quatre fils
dont l’étoile de David brillait au saute-mouton
de nos récréations
et nul ne fut mieux préparé que moi
à la soudaine migration
des mal partis.

 

MAMAN

 

 

J'ouvre mon front à la paix pivoine  coquelicot
panachée de rêves espérés du fond des âges
qui cachent sur la plage des mauves
les serviettes huile solaire de mes yeux.
Petite maman des mesures de baisers
distribués plus vite que tes lèvres.
Maman triste de la risée des soirs d'orfèvres
avec saint Eloi en supensoir sur l'estomac,
craquelure fine d'une touche d'infante
qui frémit à l'orée des rosées flacon
quand ta bouche éreinte la lèvre du dernier mot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 novembre 2005 4 17 /11 /novembre /2005 10:38

 SOMMAIRE DU N° 23

Pages 1-47 Compte rendu Tarn en poésie André Velter

Page 48 : Éditorial J.P L

Page 49 : Robert Momeux

Page 50-51 : Odette Joyaux

Pages 52-53 : Lionel Mazari-Kristina Gourinovitch

pages 54-55 : Arnaud Calvi

Pages 56-57 : Suzanne Le Magnen

Page 58 : Daniel Brochard

Page 59 : Simon Mathieu

Page 60 : Jeanpyer Poëls, Patrick Joquel

Page 61 : Marie-Ange Schoenfeld

Page 62 : Béatrice Gaudy

Page 63 : Marie-Christine Seguin

Page 64 : Clod’aria

Pages 65-67 : Béatrice Kad

Page 68 : Fabrice Marzuolo, Didier Ober

Page 69 :

Pages 70-71 : Jean-Pierre Lesieur : Journal

pages 72-73 : Cartes légendées

page 74 : Comme en revues

Page 75 : Esther Moïsa

Page 76-80 : Bernard  Bretonnière

Page 81-82 : Jean-Michel Bongiraud

Page 83 : Fadila Baha

Page 84 : Comme en recueils

Page 85 : Xavier Le Floch

Page 86 : Claude Favre

Page 87 : Comme et conseils en petites annonces

Pages 88-90 : Louis Dalla Fior

Page 91 : Pot-au-feu.

Page 92-95 : Alfonso Jimenez

Page 96 : De vous à moi et de moi z’a vous

 

 

 

 

SOMMAIRE du n°22

 

 

 

 Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR

Pages 3 : Claude LUEZOR

Page 4/5 : Béatrice KAD : La fille sans qualité

Page 6/8 : Éliane MONIER

Pages 9 : Hélène VIDAL 

 Page 10/11: Cécile VINCIGUERRA

Page 12 : Jeanpyer POËLS

Page 13 : Michel L’HOSTIS

Page 14 : Christiane SALVAUDON, LISKA

Page 15 : Marie-José LE MOAL, Claudine MONTIÈGE

Page 16: Viviane CIAMPI

Page 17 : Claude ALBARÈDE

Page 18 : CLOD’ARIA

Page 19 : LESIEUR & dessin de Danielle STREMLER

Page 20 : Ivano MALCOTTI

Page 21/23 : Comme en recueils JPL

Comme en revues JPL Coup de cœur JPL

Pages 24/25 : Jean-Pierre LESIEUR (journal) suite

Page 26/27 Dossier Je suis amoureux .. Claude MARCONNET-RAUCH, Claude FAVRE

Page 28/29: Dossier voyages : Nathalie RIOU

Page 30 : Mots d’enfants paroles de grand : Fadila  BAHA,Comme la poésie à l’école

Page 31 : Dossier ça fait froid dans le dos BAHA, Michelle CAUSSAT

Pages 32/33 : Aphorismes : Laurent ZIMMERN, Alain CROZIER

Page 34/35 : Dossier voyages : Teri ALVES, Christian CAZALS

Page 36:/37 : Dossier mon lac : Alexandra BOUGÉ, Annette SAINTE-FARE-GARNOT

Page 38 : Dossier poème manuscrit : Jean-Louis BERNARD

Page 39 : POT AU FEU

Page 40 : Comme et conseils en petites annonces.

Page 41: Feuilleton : Claude VERCEY

Page 42/43 : Cartes Légendées

Page  44 : Jacques SIMONOMIS

Page 45 : Claude ROY

page 46  : Comme en correspondance

Page 47 : RIMBAUD GRAPHIE

Page 48 : De vous à moi

 

SOMMAIRE du n°21

Page 2 : Excusez du peu (édito)Jean-Pierre LESIEUR

Pages 3 : Catherine MAFARAUD-LERAY

Page 4/5 : Béatrice KAD, la fille sans qualité

Page 6/7 : Mathias LAIR

Pages 8 : Béatrice BRUNENGRABER

Page 9 : Suzanne LE MAGNEN

Page 10 : Olivier MATHIAN

Page 11 : Jean-Paul GAVARD-PERRET

Page 12/13 : Christine LAURANT

Page 14/15/16 : Jean-Michel BONGIRAUD

Page 17: Roger LAHU

Page 18/19 : Bruno SOURDIN

Page 20 Dessin de Danièle STREMLER

Page 21 : Jeanpyer POËLS, Didier LEROI

Page 22 : Claude ALBARÈDE

Page 23 : Dossier ça fait froid dans le dos, Didier OBER

Pages 24/25 : Jean-Pierre LESIEUR (journal) suite

Page 26/27 Dossier le travail des hommes : François GORIN-CAMARD

Page 28/29: Dossier escargots, rats, coqs, etc.: Bénédicte LEFEUVRE,Xavier LE FLOCH, Michel DRUEZ

Page 30 : Mots d’enfants paroles de grand : Fadila  BAHA, Bénédicte LEFEUVRE

Page 31 : MON PAPA M’A DIT :  LESIEUR/GOUX

Pages 32 : POT AU FEU

Page 33: Dossier je suis amoureuse hélas : Cristie CYANE

Page 34 : COMME DANS LES RECUEILS

Page 35 : DEUX COUPS DE COEUR

Page 36 : COMME EN REVUES

Page 37 : Comme et conseils en petites annonces

Page 38/39 : Roland NADAUS

Page 40 : Dossier loto dérision et jeux de bavards : Michel-François LAVAUR, Raymond d’AGOSTINO

Page 41 : FEUILLETON : Claude VERCEY

Page 42/43 : Cartes Légendées

 

 

Page  44 : COMMENT NOUS LIRE

Page 45 : LECTURES de Jean CHATARD

page 46 / RIMBAUD GRAPHIE : François BARILLET

Page 47 : GRAND POÈTE par Claude ALBARÈDE

Page 48 : De vous à moi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE du n°20

 

Page 2 :Le tout venant (édito)Jean-Pierre LESIEUR

Pages 3/4/5/6 : James SACRÉ

Page 6 : Jeanpyers POËLS

Page 7 : Alain JÉGOU

Pages 8/9 : CLOD’ARIA

Page 10 : Myriam AMOROS

Page 11 : Jean L’ANSELME

Page 12 : Éléna BONNO

Page 13 : Jacques TAURAND,Raylond BEYELER

Page 14 : Pierre LALOYE

Page 15 : Michelle CAUSSAT, Laetitia MARCUSSI

Page 16 : Jean-Louis BERNARD

Page 17 : Mireille DISDERO

Page 18/19 : Carl MAGNAN

Page 20 : Fabrice MARZUOLO, Évelyne ANDRÉ-GUIDICI

Page 21 : Gérard LEMAIRE

Page 22 : Cathy GARCIA

Page 23 : Huguette CLARA

Pages 24/25 : Jean-Pierre LESIEUR (journal) suite

Page 26/27/28 Dossier le travail des hommes : Fadila BAHA, Jacqueline HELD, Pierre-Yves THOMAS

Page 29: Dossier Je suis amoureux hélas : Lionel MAR

Page 30 : Robert MOMEUX

Page 31 : Michel L’HOSTIS

Pages 32/33 : Dossier escargots rats coqs : Françoise GEIER

Page 34 : Marc BONETTO

Page 35 : Claude VERCEY feuilleton l’homme/singe

Page 36 : POT-AU-FEU/J.P.L

Page 37 : Claude ALBARÈDE / Citadines

Page 38 : Comme et conseils en petites annonces

Page 39 : Comme en revues

Page 40 : Comme en correspondance / LAHU

Page 41 : Lectures de Jean CHATARD

Page 42/43 : Cartes Légendées

Page 44 : Comme dans les recueils /J.P.L

Page 45 : Claude ALBARÈDE Rimbaud-graphie

page 46/47 : Béatrice MACHET/ A un jeune poète

Page 48 : De vous à moi.J.P.L

Les textes/aphorismes de bas de page sont de

Jean L’ANSELME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Une partie du numéro 23 de Comme en poésie a été consacré à André Velter qui s'adressait à des collégiens, lycéens et élèves des écoles d'Albi, Carmaux, Gaillac dans le cadre des rencontres de Tarn en poésie organisées cet été sous l'égide d'ARPO. (extraits)

 

Improviser

 Une seule fois dans ma vie, une seule fois j’ai entièrement improvisé avec un pianiste. C’était très tard, j’avais fait un récital ailleurs, j’étais allé dans une sorte de boîte de nuit avec un pianiste d’Archie Shepp qui avait une sorte de cabaret sur les quais à Lyon et il était deux heures du matin.  Les gens qui étaient là m’avaient dit : « tu ne voudrai pas faire quelque chose avec lui? » c’était un pianiste extraordinaire et j’ai dit : « oui pourquoi pas ». Ils le connaissaient, bien ils sont allés le voir et lui ont dit : « est-ce que tu voudrais faire quelque chose avec André? » il a dit : « oui, qu’est ce que tu veux que je te joue? » «  je veux que tu me fasses un cheval au galop a 4000 mètres »,  il m’a fait un cheval au galop à quatre mille mètres, parce que ce qui est monstrueux avec les musiciens c’est qu’ils savent faire exactement ce qu’on leur demande. J’ai pris le micro et j’ai commencé à improviser et on a improvisé pendant une heure et  c’était de la vraie improvisation, il n’y a pas de traces, on ne l’a pas enregistré, je ne sais pas du  tout ce que j’ai raconté, c’était exactement comme des musiciens qui improvisent. Voilà ça a fonctionné comme ça.

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 Ce que la poésie m’apporte

Mais vous ne savez rien on s’en rend compte après coup d’ailleurs on va commencer à écrire et à un moment et puis en plus faites bien attention à ça aussi on n’est pas on ne se détermine pas en fonction d’un mot de ce genre c’est un mot de quelqu’un d’autre qui disait après tout il n’y a rien de plus ridicule qu’un boucher qui se prend pour un boucher un notaire qui se prend pour un notaire et un poète qui se prend pour un poète ne nous prenons pas au sérieux à ce point là.  Ce n’est pas écrit là, on n’est pas ce que le corps social veut que vous soyez on est toujours un peu autre chose bien sûr que s’il faut se déterminer, bien sur s’il faut dire qu’on fait quelque chose, à la limite j’aime mieux qu’on me détermine comme ça qu’autrement, car je ne vois pas bien comment on pourrait arriver à me caser. C’est une manière de se mettre les uns et les autres dans des cases. La fonction sociale n’est pas la seule fonction humaine,  j’ai plus envie d’être considéré comme un funambule, un danseur de corde, un voyageur. Je ne sais pas si ça va vous dire quelque chose il y a un auteur belge qui a écrit un livre que je lui envierait toujours à cause du titre Ridiculum vitae je trouve que il faut bien garder ça en mémoire essayer d’être quelqu’un est toujours ridicule profondément ridicule.  Il n’y a rien de plus ridicule que quelqu’un qui se prend pour un pape ou quelqu’un qui se prend pour un président de la république, ridicule et c’est ridicule de se prendre pour un poète. Donc commençons à dire, au delà de cette sorte d’appareillage social qui voudrait toujours nous happer et nous faire entrer dans une des cases de la ruche et nous faire donner notre miel, faisons autrement. Échappons à ces critères là. Marchons à côté du fil si on est funambule et essayons de nous récupérer autrement.  C’est ça qui va donner à notre  vie un goût, une singularité qui fera que vous serez à la fois en communion avec tous les autres et différent des autres. Il n’y a rien de pire  que  cette formulation, que cette normalisation, que encore une fois, la marchandise mondiale essaie de vous faire. On va maintenant dans toutes les villes du monde. Il y  a les mêmes immeubles pourris on a les mêmes échangeurs d’autoroute polluants etc. Mais jusqu’à quand va-t-on faire du même, partout? Évidemment que le matériel industriel qui est à l’œuvre partout va faire du matériel humain qui sera le même partout, mais c’est un monde absolument invivable on n’est pas dans une ruche, on n’est pas dans une fourmilière, chacun d’entre nous à un destin personnel. Vivez! chacun d’entre vous à un destin, personne ne vivra votre vie à votre place, vivez  votre vie. La poésie peut dire quelque chose et essayer de la transmuer essayer de vous l’approprier de la manière la plus joyeuse la plus tonique possible ouais! oui!

 

 

 

IN EXTREMIS
D’où es-tu?
De plus loin .
Où vas-tu?
Devant moi.
Et ton nom?
Moins qu’un os.
Et ton père?
Un soleil.
Et ta mère
Une vague.
Et ton dieu
Un cheval.
Qui t’attend?
L’horizon.
Et tu aimes?
Le vent d’Est.

André Velter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 novembre 2005 4 03 /11 /novembre /2005 00:00
 

PEUT-ETRE

L'amour sans amour des forêts sans vierge

L'absence de chant

La haute luxure.

Quand l'orage devient le verbe des faibles le bâton perdu des pèlerins bafoués

Quand l'orage inonde

La toison souveraine des filles

Une goutte d'eau

Suffit

Pour colorier les yeux blancs des colombes.

PEUT-ETRE

Ne viendrez-vous jamais sur le bord de mon lit

Faire grincer les ressorts

Que mon père avait peints

Regarder

Par le judas étroit

L’immense cheminée de la fabrique bleue

Millésimée aux deux-tiers de sa cime

Comme une bouteille de vin

Où nous allions crever

Chaque matin de décembre

Un soleil de feu.

Il y a tant de chemin

Entre votre ombre et nous.

Jean-Pierre Lesieur (extrait de L'OS des lettres QUI VIENT DE PÄRAÏTRE AUX ÉDITIONS GROS TEXTES)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 août 2005 4 18 /08 /août /2005 23:00

Là c'est moi en plein boulot dans le salon du livre d'Hossegor l'année dernière.

 
Là c'est mon copain Mesplède qui est venu faire une conférence sur le polar à Hossegor. Il vient de sortir un travail encyclopédique sur le roman policier, un dictionnaire qu'il a mis 5 ans à écrire (aidé par 73 personnes); dictionnaire des littératures policières; Joseph K 2003.
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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 23:00

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26 juin 2005 7 26 /06 /juin /2005 23:00
 

PANNE D'INSPIRATION

 

Sur le bleu du ciel

l'avion trace une ligne

              patiente

                            éphémère

              avec des points de suspension

Parfois, il hasarde une virgule

et c'est tant pis

Le plus souvent

              il trace droit

              électronique

              et rassurant

mais il ne sait rien y écrire

et s'il prépare bien sa page

              c'est pour l'écolier

              pas trop sage

                            qui rêve d'oiseaux

                                          de voyages

              c'est pour le passager-poète

                            qui parle au firmament

 

                            et comprend les nuages

 

 

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claudine Montiège - dans poésie
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