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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 11:24

114-1403-IMG.JPGUn Grenelle de la poésie, pour quoi faire ?

Les poètes sont souvent les cocus de l’histoire littéraire et en ce moment plus encore car il faut bien convenir qu’on les relègue dans les coursives de la société de consommation, or la poésie doit pouvoir se consommer comme n’importe quel art contemporain.

Il faut donc faire appel aux poètes pour qu’ils prennent leurs affaires en main, et donnent une image de leur art qui ne soit pas entachée de petites brûlures et de fausses sorties, de faux fuyant et d’embarras gastriques.

Je parle d’un Grenelle de la poésie parce qu’en ce moment dès que  les hommes politiques se heurtent à une difficulté quelconque ils organisent un Grenelle et si la poésie n’est pas en panne ou en rade d’audition je veux bien y laisser ma barbe de trois jours.

Il faut aussi se méfier de l’abondance qui cache le décor comme l’arbre la forêt. Quand vous avez un pied dans la poésie, et moi j’y ai les deux, vous recevez beaucoup  d’information surtout par internet  et il y en a tous les jours, mais si vous êtes en dehors vous ne recevez rien ou seulement par hasard.

Avant d’aller plus avant je veux dire que la poésie question prix de revient est avec l’écrit en général ce qui revient le moins cher à produire. Du poème au recueil il n’y a pas à investir une grosse somme quand à la diffusion et la reproduction il y a une grande diversité de possibilités. Du crayon et de la feuille de papier au recueil autoédité il y a un grand éventail de solutions.

Pour revenir au Grenelle j’ai souvent vu depuis que je sévis en poésie des tentatives de regroupement de poètes dans le but de faire pression sur les éditeurs et sur les pouvoirs publics qui ont donné de petits résultats qui ne concernaient que quelques uns, ceux qui avaient l’information ou l’oreille de quelqu’un quelque part.

Il y a beaucoup de manifestations de poésie en France souvent initiées par des Maisons de la poésie qui jouent un rôle primordial dans celles-ci.

Il y a le printemps des poètes qui chaque année sort un thème nouveau pour convier les poètes à se manifester et joue un rôle d’information sur le net. (on peut s’offrir des affiches pour le spectacle réalisé dans le cadre de ce printemps et ce thème). Une base de données présente de nombreux poètes francophones.

Il n’est pas possible qu’il n’y ait pas de solutions  par exemple,

: Pour la diffusion que chaque libraire prenne un poète en charge, qu’il choisirait librement, et qui diffuserait ses œuvres, son actualité l’aiderait par des manifestations régulières et une promotion. Ça ne devrait pas beaucoup écorner ses bénéfices.

On pourrait envisager la même chose pour les revues de poésie.

Demander aux éditeurs généralistes de consacrer une partie de leur édition à la poésie qui pourrait ainsi profiter des ventes faites sur les autres genres.

Imposer aux salons du livre  qui fleurissent un peu partout d’avoir un stand spécifiquement réservé à la poésie en invitant des poètes aux mêmes conditions ‘(déplacement,  logement etc.)  que les romanciers, nouvellistes ou people  divers.

Demander aux quotidiens et autres hebdomadaires, mensuels, trimestriels, bimestriels  de consacrer régulièrement une rubrique poésie.

Instituer un véritable obligataire aux chaînes de télévision pour qu’elles  mettent dans leur cahier de charge les conditions de pouvoir réaliser des émissions de poésie, actualité des poètes, lecture de poèmes, et tutti quanti.

Demander aux publicitaires qui n’ont pas de difficultés de fin de mois de faire gracieusement des campagnes d’affichage où on pourrait mettre la poésie sur les murs ou les édifices publicitaires.

Un Grenelle de la poésie pour que la poésie prenne ou reprenne sa place dans la cité, dans la vie quotidienne et auprès de tous les lecteurs et auditeurs potentiels qui pensent qu’elle est réservée à une élite intellectuelle.

Il n’est pas possible, poètes qui me lisez que vous n’ayez pas, vous aussi des idées sur la chose que nous pourrions porter à travers la revue Comme en poésie, faites m’en part je vous promets de les faire fructifier.

Un Grenelle de la poésie pour faire des projets ensemble.

 (on peut répondre par le blog ou à j.lesieur@wanadoo.fr)

 

 

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 10:47
comme-en-po--sie-32.jpg

la revue comme en poésie 32 a été mise à la poste ce matin mercredi 5 décembre. On peut toujours la commander pour 3 euros ou s'abonner pour 12 euros (étrangers 15 €)

SOMMAIRE

Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR

Pages 3/4 : l’automanifeste niais

 Pages 5 : Véra Mund

 Pages 6/7/8/9 : Béatrice Machet

Page 10 : Josette Parent, Yseult Coulon

Page 11 : Éric Dubois

Pages 12/ 13 : Jacques Kindo

Pages 14/15 : Sébastien Ménard

Pages 16/17 : Jacques Allemand

Page 18 : Olivier Drouin

Page 19: Nathalie Chassin

Page 20 : Marie-Laure Vallée

Page 21 : Pierre Mironer

Pages 22/23 : Arnaud Calvi

Page 24 : Jeanpyer Poëls, Gérard Lemaire

Page 25 : Jean-Louis Bernard

Pages 26/27: Jean-Pierre LESIEUR

Page 28 : Fadila Baha

Page 29  : Ghyslaine Leloup

Page 30 : Ingo Césaro, Ralph Grûneberger

Page 31 : Valérie Laurent

Pages 32/33 : Line Szöllözy

Page 34 : Aubazine Saxett

Page 35 : Jean-Luc Bourgeon

Page 36 : Le questionnaire de Prouts

Page 37 : Jean Sousseau

Page 38 : Cécile Vinciguerra

Page 39 : Jean L’anselme

Page 40 : Sabine Bruneteau

Page 41 : poème manuscrit Lionel Mar

Pages 42/43 : cartes légendées

Page 44 : Pot au feu

Page 45 : Claude Luezior

Page 46  :Aphorismes niais  Jean-Claude Vandame

Page 47 : Critiques Vallée/Lesieur

Page 48 : comme en aphorismes niais JPL

Page 49 : Claude Albarède La pasticherie

Pages 50/51 : Comme dans les livres/ bric à broc

Pages 52/53 : critiques Mafaraud/Lesieur:

 Page 54/55  : Comme en revues

 Page 56 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

EXTRAITS 

 

LA FILLE DE CUISINE/ VÉRA MUND 

 

 

La fille de cuisine est vilaine.
Grasse et rouge, toujours en peine, 
Récurant, dégraissant, rabrouée, 
Cent fois dans une seule journée.


Son corps est un fardeau 
Qu'elle nomme Baudet, 
Dont elle se sent chargée, 
Sur qui l'on crie haro!

 La fille de cuisine, 
en rêve s'énumère ... 
sirène, 
gondole,

sève d'arbre centenaire, 
miel, 
nuage, 
lumière

 

Elle se décline 
fontaine, 
source, 
cascade, 
fin de toute soif

 harpe, 
trompette, 
chant de grâce, 
retentissement de cloches dans un matin de Pâques

 Elle s'engage, sentier 
Elle s'arpente, vaste steppe 
Elle se lance, cerf-volant
Elle s’érige cathédrale

 

Elle dévaste, elle ouragan
Elle guérit, panacée
Elle éclaire, souveraine

 

Elle s’ouvre, fenêtre
Elle donne sur
Elle donneElle

 La fille de cuisine

 

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 16:35

 L’ÉRADICATIONLE  PILHONNEUR

 La poésie à l'école c'est : L'ÉRADICATION NATIONALE

 Faire venir un poète dans une de nos belles pouponnières à O.S, n'est pas chose aisée. 1/ faut avoir le feu vert hiérarchique, ça s'obtient, mais il faut aussi trouver des poètes disponibles durant les heures de classe, avoir leur adresse, que leurs poèmes soient accessibles aux enfants à qui on les propose, et qu'ils daignent se déranger pour un auditoire de 25 ou 30 gosses, éblouis.

 Déjà, Pierre BEARN, 60, rue Monsieur le Prince 75006 PARIS, m'a donné son accord, écrivez-lui de la part du PILON,enseignants pour qui la poésie doit VIVRE.

 J'aimerai pouvoir proposer d'autres noms et dans différentes régions. Montez en « première ligne», POÈTES!

 Jean Pierre BALPE, poète et prof à l'école normale de Fontainebleau, vient de faire publier chez Armand COLIN « Moments de poésie à l'école élémentaire» avec en annexe «poèmes en liberté». Le total pour 28 francs.

 Pourtant il y avait eu un peu d'espoir pour la poésie en 1968 sur les murs de la SORBONNE.

 

Page 19

 LA PILOFUSION

 

Une revue tirée à 350 exemplaires, c'est dérisoire. La dérision même du tirage PROUVE. Quant au regroupe~ ment informel de poètes pour avoir plus de fric je n'y crois plus guère, la grisaille diffuse du groupe et les antagonismes inévitables étiolent toute créativité de revue.

 Le PILON en librairie ne servirait qu'à mettre une revue de plus dans la clandestinité rayonnante. Donc, uniquement par abonnement au porteur ou à un tiers, et aux libraires qui voudront honorer le métier dont ils ont enseigne.

 Les éditeurs, c'est leur métier, doivent faire un état des ventes chaque année auprès de leurs auteurs. " y a d' ailleurs souvent un contrat qui les y invite. C'est de pure courtoisie, mais la fatigue aidant l'honnêteté s'en va.

 LES TEXTICULES DU HASARD. Une expérience intéressante d'approche collective de l'écriture main après main. Paul Quéré route de Montferrat 83000 Draguignan.

 NOS ENQUÊTES PUBLIQUES DE SALUBRITÉ.

 Combien votre éditeur vous a-t-il vendu de recueils ? Comment où et sur quoi est tombé le PILON en 1975 ?

 Dis m'sieur AJAR et si tu écrivais des POÈMES?

 

Page 20

 

DE PILUNDIS,

 

C'est incroyable comme la disparition d'un poète   peut se faire sans bruit, à peine un chuchotement. 
PERSE, LA TOU R DU PIN, KOWALSKI et FILLET Ont pris la traverse définitive
On a beaucoup écrit sur les deux premiers un peu moins sur le troisième - il brûlait la vie, sa poésie était
feu d'alcool : elle l’embrasa. 
Quant à  FILLET, la revue DIGITALE, 30, rue Claude Decaen   75012 PARIS, lui consacre un numéro double . . Je vous engage à l'aller piller pour découvrir ce poète -de 25.ans dont on parlera moins que d'un incertain CABRAL

 CI-GIT:L'EXCLU !                                        J.P Lesieur

 

Envoyez moi vos épitaphes pré posthumes la postérité, ROBLOT et le Pilon y puiseront gaillardement.

 

 

Page 21

 

LA PURÉE DES REVUES

 Le PILON désire des échanges avec les autres revues. Son tirage limité le contraint à un strict Service de Presse. Si vous voulez en décortiquer les fibres manifestez-vous. il ne parlera que de celles qu'il aime.

 CHEVAL D'ATTAQUE DP LeJeune B,P 194 Paris 12 mérite le détour annuel d'un chèque de 40 F (6 nOS)

 PRÉSENCE ET REGARDS 23 rue Vaneau Paris 7 affirme son désir de dépasser le confidentialisme poétique. Abonnement 30 F, gratuit au numéro.

 SOLAIRE René Daillie 30130 Issirac prend un poids pilonesque en quantité et qualité. Abonnement 50 F.

 LES CAHIERS DE RENNES S.Valner 79 rue St. Hèlier 35000 Rennes quand un numéro 1 en rencontre un autre ils se serrent le Pilon. Abonnement 25 F.

 L'ARBRE Jean le Mauve Dammard 02600 Villers-Cotterêts, un évite Pilon pour les poèmes qui ont leur pesant authentique de cals, de fourches et d'oxygéne.

 L'ECCHYMOSE D. M Bidard BP 164 14015 Caen la revue qui se sent bien dans sa petite peau .

 

Page 22

 

 

Les PILONS seront décernés parmi les recueils reçus et lus. C'est un choix, donc partial, auquel nos lecteurs peuvent participer en suggérant des noms.

AU PROPRE  Jean Rousselot
BALLADE TRANSMENTALE Christian Bachelin 
BILKA NOTRE HISTOIRE  Jean-Luc Maxence
GARDER LE MORT jean Louis Giovannoni 
JOHN DE BARBARIE Jehan Van Langhenhoven 
LA  NUIT SCINT1LLE Jacquette Reboul 
LE QUI VIVE  Gilbert Trolliet 
LE POURBOIRE DE BRUISSEMENT G.V. Néoumivakine 
L'ÉTRANGÈRE Claude Vercey 
SEXAGA Gaston Criel

Page 23

LE DICTIONNAIRE PILONESQUE

 
MATRAQUON ( le, substantif formé par la contraction d'un outil contondant et de celui qui l'emploie.

P
POETRIEUR (le et la) androïde des deux sexes venant immédiatement après l’homo érectus et la famovaginus pourvus l’un et l’autre d’un rire diversifié

 POLLUTION DU PROBLEME Ce qui nous fait dire que le problème est pollutionné, ou pour parler pilon, :., pésolu. Un secrétariat d'état cherche la solution

 
RHUBARBE Condamné à un H qu'on ne sait jamais où mettre et qui le vieillit bien mal.

 Pour vous faire vibrer du pilon, nous vous offrons 2 mots à définir : le PILON PHAGE, la PILONULE
Allez-y de vos semeuses vertes et rouges. On épouvantera les meilleures par une insertion.

 

Page 21

 

 

Jean-Pierre LESIEUR  / LE MATRAQUON

 

Plaidoyer pour un poète qui a au moins trois génération de racines dans le bitume.

 Pas de chance, double TARE, résidu raté de centralisme outrancier, pauvre type, gène de contrebande, garde-républicain à veste retournée épaulettes sur le cœur

 Tringlot, bigleux, fosse fossette à foutre des fossés du Père Lachaise, ectoplasme du Marais, stalinien des Billettes aux Blancs Manteaux d'orgie, 4 fils abâtardis.

 Parpaillot de Saint Merri, Desnos de Saint Martin, bourses de Vide-Gousset, pierreuse de Popincourt, lappeuse de Bastille, détrousseur de province, basculeur de Baltard, miteux de la Bretonnerie, nostalgique d'Abélard un œil sur la Poterne, l'autre au Pont aux changes.

 Oppresseur, conquérant, versaillais, bouffeur d'occitans, avaleur de bretons, paroufJeur d'alsaciens, parisien !

 Mais qu'est-ce que je leur ai fait à tous ces mecs ?

 

Page 25

 

 

LES PILONASQUES

 

Reversifiez-vous! La pierre à vers vous assure une réussite totale. Vous étonnerez les critiques. Discrétion. prix très étudiés: 10 F les 100 grammes. Franco de port.

 Sur simple coup de fil au PILON un dépanneur à votre service. N'attendez pas d'être sans mots. Car qui ne dit mot CONSENT et on ne sait pas où ça peut mener .

 Notre grand concours : Qui est le chef? Ouvert uniquement à ceux qui portent casquette. Envoyez 3 photos de l'objet, de face. de profil de dessus. Premier prix: une visière à œillères avec collimateur grand luxe.

 Toujours dans les concours : poulinière suitée fin. Deuxiéme prix: une fièvre d'étalon. Remboursée à 80 %.

 Pour une belle prothèse c'en est une! Venez l'essayer au PILON, chaque samedi. Vos amies vous envieront .

 La clef du mystère vous sera gracieusement remise ainsi que l'ouvre-boîte pour tout achat du pâté de poésie en poudre: KIKAKIDNAPÉKATERINE? Un régal!

 Chômeur partiel devenez chômeur total, c'est si facile!!

 

 

Page 26

 

 

LES CONSEILS DE LA MÈRE PILON

 

LA PUREE DE MOTS SAUCE CHAMBELLAND

 Prendre des mots gras et dodus. Les éplucher soigneusement dans le sens de l'histoire. Epépiner les O, puis les empiler avec précaution dans une bassinoire percée, Quand ils vous paraissent assez tassés laissez tomber un léger filet de vinaigre pour chasser les vers. Secouez ! Serrez le tout dans un recueil ou entre deux plaquettes et achetez le PILON pour finir l'opération.

Servez ce qui reste à vos amis intimes ils se régaleront

 POUR GARDER A VOUS L'ANONYME A

Pour vous déplacer silencieusement devenez POETE ! ! Nous vous garantissons l'incognito lN - TE - GRAL . DÉBITRICTION

Si vous voulez sauter une éditrice n'attendez pas sa quête ... Dégagez les bretelles, respirez un grand coup et tirez avant qu'elle ne refuse le bon à débiter.

 

La mère PILON publiera tous les bons conseils reçus.

 

Page 27

 

 

LE PILONNAGE

 Publicité gratuite pour les textes en mots vêtus d'humour.

 Les publiphages ne mangent pas seulement des mots. Ils achètent des pommes de terre - les font cuire - et les ECRASENT.

 Ne déflorez jamais vos intentions en coïts publics planquez-vous derrière 30 PILONS à prix paravent !

 Tout se vend, le pilon aussi, le pilon aussi, Coué ! Coué, le pilon aussi. Tout se vend, le PILON auss

 Combien un poulet a-t-il de PILONS? et un poète ? et VOUS ?

 Ne lisez pas seulement le PILON

 Mélancolie Migraine Miasmes Morosité Matraquage PENSEE DU CAUSSE NOMMË LARZAC d'ALBAREDE, J.C LEGROS éditeur 24 fond de la ville 4070 Awan Aywaille Belgique vente en PILON.

 Le pilon recherche : plaque gravée, matrice lino. sur PARIS ancien. pour ses prochains numéros

EnvoyEZ vos textes au PILON .. de toute façon !

 

Page 28

 

SI VOUS ËTES BIEN SAGES VOUS AUREZ DROIT AU NUMÉRO 2

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 14:56

Le Pilon est une revue de poésie que j'ai publiée de 1976 à 1983 soit 28 numéros entièrement confectionnés de mes blanches mains avec une ronéo et des casses de caractères. Vous trouverez sur ce blog toutes les parutions et tout ce qui fut écrit à cette époque pour servir à qui de droit et à la postérité
Voici le numéro 1.


 pilon-1.jpg

POURQUOI

 

LE PILON est une revue orientée, partiale, poétique qui prend parti selon ses humeurs, caprices, phobies, vapeurs lubies, rhumatismes, crises de foie et de papier, intérêts, idées idéologiques, idéaux. Il  est composé et tiré â la main par Jean Pierre LESIEUR sur une presse à épreuves installée dans un coin de son F.4 logéco. C'est l'ultime solution laissée au POETE pour s'affranchir des magouilles, clans, groupes de pression, gueuses du fric et autres chapelles coopérativantes Tous ceux qui veulent l'aider d'une manière ou d'une autre sont les bienvenus mais qu'ils n'attendent rien en retour LE PILON ne sera pas soudoyable. Une large place sera faite à l'HUMOUR car dans la vaste rigolade dérisoire que devient notre civilisation il est temps d'exhiber le POETRIEUR - premier terme pilonesque - des gens de bon aloi qui ne savent plus à quelle loi se vouer pour survivre en POETE.

Le PILON est enfin la juste fin d'un commencement.

 Page 1

 Claude HELD 

Nous pourrions marcher 
maintenant comme 
par une sorte d'oubli 
de soi jusqu'à 
la mort avec 
son fard ses faux 
cils ses bas noirs sinon 
nul besoin d'océan 
disaient - ils à 
quoi bon l'océan ? 
Nous avons divisé 
l'eau en 
autant de 
parties distinctes et 
chaque partie de l'eau fut 
dite sauvage et 
chaque partie sauvage fut 
donnée à comprendre nous 
avons creusé 
l'écorce et la feuille aujourd'hui.

 Page 2

 Jean Claude LEGROS.

Jean ZIMMERMAN.                                                                     28 / 9 / 75

 

" y a des mots mille mots des milliers

              de MOTS

Je ne veux plus de ces mots là! 
Que Vont me dire les mots? 
Alors que je cherche tout simplement

              Ce que je SUIS
             Ce que je PENSE 
             Ce que je SENS

 Alors que je cherche avec angoisse 
MA VÉRITÉ 
POURQUOI TANT ME CHERCHER 
SUIS-JE VRAIMENT PERDU ?

Page 9  
Tahar DJAOUT. TERRASSE. SÉNAC toujours présent.


OH-OKA. Poète japonais né en 1931 traduit par André VALDARCY

 

JE VIS (IKIRU)

 

Savent-ils les hommes 
qu'il y a plusieurs couches dans l'eau? 
Les poissons rouges nagent au fond 
Et les algues dorées flottent à la  surface 
Tout est baigné d'une lumière variée 
qui donne de la couleur 
qui projette des ombres. 
Sur les pavés je ramasse des perles. 
Je vis dans la forêt des fantômes 
Au-dessus des notes de musique 
dénouées du fil de mon coeur. 
Je vis parmi les trous dans la neige fondue 
Dans le marais matinal des mousses. 
Je vis  au-dessus de la carte du passé 
et du futur.

 J'ai oublié la couleur de mes yeux d'hier 
Pourtant ce que mes yeux ont vu 
Mes doigts le savent bien 
Ils touchent ce que je regarde 
Comme on caresse la peau des hêtres.

 Ô  je vis au-dessus des sens que le vent éparpille.

 

Page 10

 

 

Cette rouillure en moi 
que ravive le soleil

 

Odeur obsessionnelle 
de la vague 
sur mes yeux

 

Terrasse 
où s'égrène interminablement 
un rire tellurique

 

Rire de fille algérienne 
( Regarde Jean 
comme les soleils fusionnent 
et comme la vague orante 
caresse les étriers )

 

Fêlures - élytres papillons 
sur l'azur acrobate

 

Et épousant la mer 
immense ta barbe de blé

 

Page 11 

 

N'est-ce qu'un jeu ? 
VARIATION SUR COURANT D'AIR.

 

Ai-je l'aire nécessaire 
à la survie vagabonde des aigles?

 Ne catholiquez pas 
Ne protestez pas 
Ayez l'EIRE neutre.

 Retour d'âge à passer 
sans douleur 
vers un quaternaire 
qui n'en finit pas de vieillir.

 Pauvre à découper 
à la hache 
et suivant le pointillé 
pour retrouver les époques précédentes.

 Séparation abusive 
de deux amies très cher 
pour leur donner 
un arrière-goût financé 
de la distance qui les sépare.

 

Page 13

 

 

Jean LE MAUVE.   ÉCOLOGIE SOMMAIRE.

 

« Si des fois tu trouves un nid d'ramiers avec jeun' d'dans, les déniche pas tiôt » dit le vieux, « déniche pas,» 
j
'en connais qui les prennent à peine gros comme mon poing! Même pas plumés! C'est-y pas un malheur! Bande ed cons. Au lieu de laisser faire la nature. 
Moi quand j'en trouve eune paire, j'prends, un bout d'fice1le. J'attache un bout à la patt' ed l'un, l'aut' bout à la patt' ed l'aut', 
L'père et la mère continuent à les gaver sans savoir. Les p'tiots s'arrondissent tout en restant tend's. 
L'jour ed l'envol j'peuvent pas partir. Soit'qu'i s'accrochent à eune branche, Soit'qu'i tombent par terre. 
A point qu'i sont

 C'est là qu'j'les récupère.

 

Page 14

 

  PÈRE LAPIN.

 

Pas de doute, on s'était encore gouré en triant ces bons dieu de lapins. 
Sur les soi-disant trois femelles qu'on avait mises dans la même cage, une avait fait ses petits pendant la nuit et une autre commençait à s'arracher du poil. 
Il allait falloir retirer le mâle, dare-dare. 
Comme je craignais d'effrayer les mères qui abandonnent facilement leurs jeunes dans :ces moments-là, je décidai de les laisser tranquilles jusqu'au soir. 
La nuit tombée. nous voilà dans le clapier ma femme et moi, à ausculter l'entrecuisse de nos lapins avec une pile. 
On trouve le mâle. 
Je le tue. 
Le lendemain dimanche on le mange rôti à la moutarde. 
Un mois après jour pour jour. L'une des femelles refaisait des jeunes.

 

Page 15

 

 

CHRONIQUES

 

LÉGIPILONITE

 

5 PROPOSITIONS A COLLER SOUS LE NEZ DU JUSTICIER QUAND VOUS L'AUREZ RECONNU

 1 -Inventer le même langage pour tous les justiciables. 

2 -Immédiater un pont avec machine à refouler aux 2 entrées pour permettre le passage seul de ceux qui ne se croient pas investis d'une « mission »

 3 -Créer un haut commissariat à la morale atomique afin de promulguer une foi pour toute la déchéance des uniformes en uranium enrichi.

 4 -fendre la foule  d'une étrave super MAC CORMIK comice agricole avec d'un côté la herse-ivraie et de l'autre la grille BONGRAIN micro calibrée.

 5 -Racheter son âme à l'ANGE EXTERMINATEUR devant la porte du supermarché paradisiaque où Saint Pierre est veilleur de nuit.

 

Page 17

 

 


Jean-Pierre LESIEUR / Le Pil'O S.

 Pour une poésie du vécu quotidien.

 Quand ils eurent achevé la charpente 
Pour circonscrire le mauvais vent 
Pour garder le béton de leurs poumons 
Pour minimiser la lèpre des truelles
Pour contracter les vertiges croupis 
des tours de 45 étages en lambeaux de

              BABEL

pour éviter la géné-fluxion poitrinaire

            D'UNE SEULE VOIX

Les bâtisseurs occidentalement vingtième 
siècle 
des ferrocimenteuses cages françaises 
En plâtre français 
En briques françaises 
En poutres françaises 
En ciment LAFARGE

comme un seul coq hurlèrent

            LA PUERTA ! ! !

 

Page 12

 

 

 

L'alcool, dans la petite maison-gorge,  frotte l'épine

incisive, le four-molaire.                                      La nuit

caresse l'alcool.                           La main offre l'alcool                   

à la langue.                           L'estomac souffle l'alcool.

 

DEMAIN, LA TETE

 

Parfois, être retenu par la manche, happé aux dents par d'étincelles d'êtres : traverser le temps avec aux tempes autant de flûtes à bec que l'arc-en-ciel compte de linottes ou de contes; lutter du bout des lèvres : s'y collent le papier, la biture (sûre d'elle, sournoise, la fêlure attend .) 
Nous n'irons plus à la futaie! Les grives n'ont d'yeux pour le cœur froid. S'enclavent les cyprès, les oronges, pendules écrasées. Au fait, 
on donne aux mains des désirs passés.

 

Page 3

 ALBAREDE. 
-----

DÉPART .

 Y a-t-il un autre regard 
Dans la maison des brumes rousses? 

Ici la forêt tremble 
Là-bas le ciel est cassé 
Des éclipses travaillent l'arbre 

Les barques viennent sous la main
Les noyaux embarquent 
On recommence à réussir 
L'ombre du doute 

y a-t-il un autre silence 
Au fard des feuilles refermées? 

Ici la forêt se soulève 
Là-bas le ciel s'arrondit 

Chaque automne est controversé

 NOUS REPARTONS TOUJOURS
POUR LE MËME DÉPART.

 

Page 4

 

  VOIX VIVE                                             à Tristan TZARA

 

L.es pommiers sont en feu autour des meubles 
chauds

              La nuit défend son crim
              On tire dans les murs 

Qui sait parler du sang 
Qui  veut répondre de lui ?
              
               
Il faut se taire
              et les distances tomberont 
              avec les poutres et la forê
              limpidité des murs où se brisent

les ombres 
Il  faut dans le silence 
entrer jusqu'aux vêlées 
vociférantes

 Passent les ordres de ce monde
Allons plus autre
Soyons fiers des foules indues

Que serait le goût de la pomme
Sans le tremblement des anthères ?

 

Page 5

 

 

Didier· Michel BIDARD

 

DEUIL

Rôdeuse, elle s'attarde 
Flâneuse, elle se montre 
Coquette, elle se poudre 
Mourante, elle se lève 

... et la Nuit porte le deuil de la Nuit.

 

SOURCE

 La Nuit prend sa source au

 pied

 de

 la

l 

e

 t

 t

 r

 e

 

Page 7

 

LE TEMPS PASSE COMME L'OMBRE.       Pierre COLIN - J.Jacques DORIO

 

Célèbre, le funambule traversait d'une crête à l'autre cette vallée de larmes, en écrivant des odelettes sur son fil.

 

I1 avait deux passions : son chien Mendelssohn et les concerts de klakson. I1 s'abritait sous sa voix; elle lui servait de parasignes. Jamais elle ne prit le soleil. Elle était blanche comme une église.

 

Quand il fut mort, on fit appel aux terrassiers pour dégager son ombre, ensevelie sous des monticules de livres.

 

Tant et si bien ils piochèrent, qu'atteignant ses œuvres posthumes, ils eurent cette phrase inouïe :

 

« Elle est encore plus grande après sa MORT! »

 

Page 8

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 16:46
DEUX JOURS À PARIS

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On a rempli tous les parkings
de nos corps enlacés serrés
coller sur les jetons de présence
de la poésie des villes.
On a déjoué tous les fauteuils
du ciné des vieux truands
à la brisure de ces lèvres
qui se nouent dans le noir.
Peu de temps casse le temps
comme une fracture de plaisir
que deux pigeons caressent du bec
quand les graines tombent du ciel.
deux jours à Paris volés sans rêve
impossible des les enfreindre
peinture sans sang pinceau étroit
rue de l'amour à cloche bois.
on a vendu nos âmes aux  vents
qui coulissaient sur les nuages
interdisant les faux amis
qui en voulaient à nos espoirs.
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 09:40
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L’AUTOMANIFESTE NIAIS

  

L’AUTOMANIFESTE NIAIS

 

NIAIS au sens de l’inconscience de celui qui ne sait pas mais produit quand même, existe quand même, et ne se pose aucune question sur la création. Il est cela suffit.

NIAIS mais pas dupe de ce qui se passe dans le monde, de ce qui ne s’écrit pas, de ce qui s’écrit,  de ce qui se décide et de ce qui se fait au jour le jour dans le fatras du quotidien.

NIAIS au sens de Lou ravi, de naïf, d’innocent, de puceau, de rosier.

NIAIS au sens de la non reconnaissance de constructions intellectuelles tarabiscotées.

NIAIS au sens de l’enfant qui passe son temps à découvrir son langage et  tente d’en faire le tour complet.

NIAIS au sens de neuf, de nouveau, de découvreur, de néophyte.

NIAIS n’est pas une posture on est toujours le NIAIS de quelqu’un alors il faut être bien NIAIS pour écrire de la poésie de nos jours.

NIAIS au sens de la fauconnerie comme un oiseau pris au nid

NIAIS au sens du trop fort en thème qui ne sait plus quoi écrire parce qu’il lui parait que tout a été dit.

NIAIS comme celui qui donne toujours des verges pour se faire battre par ses pires amis.

NIAIS comme une fin d’amour que ne peut éteindre l’extincteur du désir

NIAIS mais toujours en avance d’une vigie à regarder dans le blanc de l’œil

NIAIS pour ses proches et ses lointains qui forment la grande famille de ceux qui ont toujours une niaiserie à défendre

NIAIS comme le père Ubu et la machine à décerveler

NIAIS  comme des collégiens dont la pataphysique s’occupe plus que  jamais des tubercules de l’inconscience

NIAIS de la plus belle manière qu’on puisse concevoir c'est-à-dire perméable au moindre frémissement des poètes d’avant

NIAIS mais les doigts de pieds en éventail dans la luzerne des vaches à lait qu’il ne sait  plus traire à deux mains.

L’automanifeste niais peut être appliqué à n’importe quel poète qui accepte le postulat qu’il ne sait rien de la poésie et a tout à inventer.

L’automanifeste niais n’est pas fait pour  rassembler, guider, mener, imposer, il est totalement personnel et fuit tous les prosélytismes.

L’automanifeste niais s’oppose à la théorisation de ce qu’il est, à l’intellectualisation, au laboratoire de recherches linguistique pour laisser la plus grande part à la liberté de création poétique.

L’automanifeste niais est entièrement soluble dans Internet tant la niaiserie des poèmes qu’on peut y lire est incommensurable.

L’automanifeste niais n’est ni raciste, ni sexiste, ni parachutiste bien qu’il sache planer pour redescendre sur terre.

L’automanifeste niais est en perpétuelle évolution et vous pouvez l’appliquer à n’importe quelle écriture.

L’automanifeste niais ne demande pas de dispositions particulières et poste en postulat que la poésie existe partout et qu’il suffit de la saisir avec son cœur.

L’automanifeste niais a beaucoup à apprendre de ceux qui le rejettent sans autre forme de procès

L’automanifeste niais a toujours un métro de retard mais n’a jamais peur de prendre le suivant

L’automanifeste niais saura se faire aimer si vous faites l’effort de l’adapter un peu avant de l’adopter beaucoup.

L’automanifeste niais est donc  un anti manifeste pas niais.

 vous pouvez améliorer cet automanifeste, l'adopter, en dire ce que vous en pensez, le débat est ouvert. Il paraitra dans le prochain numéro 32 de Comme en poésie et sera remanié s'il y a des contributeurs. A vos idées et à vos plumes.

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 08:16

Le numéro 31 de comme en poésie est paru : 

SOMMAIRE


Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR

Page3/4/5 : Luce GUILBAUD

 Pages 6/7: Olivier Catherine M        AFARAUD-LERAY

 Page 8/9/10 : Danielle LAMBERT

Page 11: Luce GUILBAUD dessin

Page 12 : Jeanpyer POËLS

Page 13 : Fabrice MARZUOLO

Page 14: Guy CHATY

Page 15 : Fabienne ALLIOT

Pages 16/17 : Anne BLAYO

Page 18/19 : Alain KEWES

Page 20 : Erwann BARGAIN

Page 21: Jean GORZAR

Page 22 : Bertrand PLACINE

Page 23 : Gérard LEMAIRE

Page 24/25 : Thomas VINAU

Page 26 : Pascal MORA

Page 26/27: Jean-Pierre LESIEUR

Page 28/29 :Étienne PAULIN

Page 30  : Maurice RICHOUX

Page 31 : Marguerite SEKKO, Danielle GEORGES

: Page 32/33 : Jacques TAURAND

Page 34/35 : Olivier AULRY

Page 36: Luce TARDIEU

Page 37 : COURS DU SOIR

Page 38/39: CARTES LÉGENDÉES

Page 40 : POT AU FEU

Page 41 : Luce GUILBAUD dessin

Page 43 : Gérard VALETTE

Page 44 : APHORISMES NIAIS

Page 45 : Claude ALBARÈDE la pasticherie

Page 46: COMME DANS LES LIVRES

Page 47 : Bric à broc Claude VERCEY Aubazine SAXET

Page 48 : COMME EN SOCIÉTÉ

Page 49 : COUPS DE COEUR

 Page 50/51 : COMME EN REVUES

 Page 52 :: De vous à moi ou de moi z’à vous.

Tableaux  de couverture : Antonio JOAQUIM

 

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Deux poèmes de Gérard Lemaire 

Je ne vois que des faiblesses au plus loin
Qui demanderaient la  grâce
 
Mais elle n’arrive pas
Le singe de l’homme a rempli tout l’horizon

 Sous les balles de la police
Des ouvriers sont tombés (comme en 1947, en 1955)

 Ce peuple lui paie deux fois comptant
Et les mains jointes l’oublient pompeusement

 Pas une voix pour se détacher des discours
Pour revenir dans l’authenticité de la scène

 Ne se détache assez
Pour faire face à cette faiblesse

 Ce creux natif 
qui dévale la pente

                                           2007





L’usine est dans la rue
Maestria des managers

 

Défonçant
Les terriers de boue

 

Ici dans les chiottes
Il pourrait  y avoir un refuge

 

L’usine bourre les rues
Elle broie l’enfer qui sauve

 

Déjà se transforme l’air
De ce prochain été

 

Quel temps faisait-il à Birkenau
En juillet

 

Je me le demande
souvent

                                  19/06/07

Gérard Lemaire

 

 

pour les fêtes offrez un abonnement à comme en poésie c'est un cadeau original.


 

 

 

 

 

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 08:00

JACQUES MORIN : « Une fleur noire à la boutonnière »

Editions le Dé Bleu (L’Idée Bleue)

 

Qui n’a pas lu ce recueil, qui n’a pas tenté de surnager avec le poisson-pilote sans support qu’est Jacques Morin, ignore tout de la vacuité de l’être et du désespoir.

 

Jacques veut ou plus exactement ne peut que se fantômer au réel, sublimer l’absence et le manque, sculpter avec pudeur et constance l’essai d’une réalité, imprégner les mots, qu’il le souhaite ou non, d’une odeur exceptionnellement vivante et consciente :

… « il me manque toujours

        un bras un pied

        un œil pour être complet »…

phalanger le mot avec le vent d’un jet, d’un fouet, nous mener au fin fond du miroir brisé ou même de son reflet inexistant avec la finesse et la légèreté d’un saute-ruisseau :

… « La poésie

        …………

        tu la transportes steamer dans tes flancs… ».

 

Ici nous nous retrouvons dans un pays de solitude, en ruines, en murs, quand bien même nos grandes gueules béantes de terriens extériorisés et bien-pensants, nous voilà obligés de plonger dans une transparence de basse-fosse, captifs de la continuelle même lutte corporelle de l’apparence, contre la pesanteur.

 

Poète, tu es là, obligatoirement notre complice, notre parent; et ta violence, ton désespoir, ton amertume nous les endossons d’évidence.

 

Oui, Jacques Morin réussit à construire, à «se tailler» une véritable identité du vide chez un étameur aveugle, à peine levé, presque couché, à la sombra de la fausse lumière. Mais lorsque «l’embryon» sort, haut en couleurs et que la femme offre «l’anse de sa cuisse», le désespoir s’essouffle, un peu : le «rompre de s’aimer». Ces sauveurs de l’instant et de l’espérance d’un moment-éternité deviennent à coup sûr le contre-courant, le placebo indispensable du survivre, tout comme le savoir du poème et la matérialité du Verbe.

 

Porteur du sens intense, de la justesse sémantique … « Le cadavre neige sur le banquet »…, Jacques désosse à merveille le flagrant délit inéluctable de l’écrasement de la face, le déboulonnage systématique des organes bon marché, le désert rédhibitoire de ce sexe trop humain, de tout l’être «En phase du néant».

 

Sonneur à part entière et pourtant trop discret, Morin,  Bukowski de Drancy, Artaud du Verbe blanc, avec ses yeux troués, avec son ventre ouvert, homme au « franc désespoir », nous assène que le mot est là, à l’affût, à jamais, tel l’air respiré, tel le ciel se couvrant.

Alors, Salut Morin, on ne te demandera jamais d’ausweis, à toi qui incarnes l’à-vif de l’authentique écriture poétique.       

 

                                                                       Catherine Mafaraud-Leray

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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 08:06
 

100-0004-IMG.JPGLa Marne en amont de Paris


TROIS JOURS A PARIS ou les moments d'amour

 

 

Nous mangions sous les yeux des chevaux

Et leurs regards de douceur ovale.

Une cavalière à peine émérite

Corrigeait son assiette

A la voix de la palefrenière.

Nous mangions sous les yeux des chevaux

Dont la tête dépassait des box

Et quêtait dans nos cils effarés

La tranquillité d’une avoine d’amour.

 

La marne était calme ce matin là

Sur la rive des guinguettes

Peuplées de touristes vermeils

Qu’un car déversait sur le quai.

Il faisait beau dans le Val-de-Marne

Quand nos langues rencontrèrent

Un morceau de baiser à essayer

De vivre la vie au signal présent.

 

Dans le lac des minimes

Il y a de drôles de canards

Qui ressemblent à des oies

D’un Capitole à défendre.

J’ai remonté ta robe d’été

Sur la cime de l’arbre

Et j’ai senti ton sexe orné le mien

D’une guirlande de nénuphars

Qui ne devait rien au hasard

Des texticules.

 

Nous avons pris le Luxembourg

Par le petit côté

Et remporté la guerre de la pluie

En ne faisant qu’un corps

Tellement enlacés.

Nous avons pris le Luxembourg

Les bras bandés

Les yeux fermés

Et nous avons laissé sur le côté

L’empreinte de nos lèvres

Que personne ne peut plus effacer.

 

Le marché de la poésie

Marchait trop vite pour nous

Qui n’étions pas pressés

De nous séparer

Pour un quartier d’éternité.

Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

 

 

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 09:05

LE POÈME

 

 

Le poème décline en se cachant la montée des ornières sur un  sol détrempé par la fuite  des regards

Le poème inspecte en catimini le petit doigt des fées qui prétend tout savoir de la vie   en vase clos

Le poème jette des anathèmes dont on n’a nul besoin pour vivre normalement l’assassinat des mots

Le poème travestit la colère de ceux que le vent déshabille  dans leur bivouac accroché au flanc de la méfiance

Le poème crante au fer rouge les aiguières marines remontées des abysses ou vivent encore des grecs de l’ancien temps

Le poème attife d’une rose les Ronsard aux grands pieds qui croient encore qu’une fleur suffit pour aimer la pensée

Le poème déconstruit le langage comme on prend le chemin sans savoir où aller pour poser sa passion

Le poème invite l’impuissance à sortir au grand jour quand défile les muses en salopette de plombier

Le poème s’allonge sur la plage parmi les agapanthes qui pousse sans se soucier de ce bout de bois flotté encore à découvrit

Le poème rameute les consciences des bords de grands chemins où des bandits manchots agitent des manivelles

Le poème se met à toutes les sauces des faiseurs de vers qui se prennent pour des princes à qui on ne permet rien

Le poème gambille dans les coursives de la navette sidérale  qui les jette dans un autre monde sans laissez-passer

Le poème chantonne en douce la mélodie des fins de soir quand l’horizon monte sur le soleil pour le faire chanter

Le poème plante un piolet dans les fesses de l’amour qui ne s’attendaient pas à une telle surcharge

Le poème tripote des anglaises qu’un petit garçon bouclé lance négligemment par-dessus son épaule

Le poème revient au port qu’il n’aurait pas dû quitter quand les bateaux de pêche le lancent par tribord

Le poème manigance des rimes pour les félibriges en manque qui n’attendent que ça pour prendre la tangente

Le poème hagarde de la trompe quand un mec le serre sur son torse velu pour lui prouver son manque de passage

Le poème respire à la mode de quand  la tripe en cellulose et les cheveux trempés des larmes de Normandie

Le poème cachetonne au salaire de la peur quand un plein camion de sonnets vérolés manque d’exploser en vol

Le poème délire sans drogues particulières quand le vent de l’outrage le perce de part en part

Le poème divague sur de sots terrains vagues qui se prennent pour la mer une bonne fois pour toute

Le poème vous nargue de toutes ses dents tendues vers la rivière sans retour que vous ne prenez jamais

Le poème remonte des fleuves impassibles qu’aucun  stratagème ne remet plus en rire un soir de carnaval

Le poème déjoue les balles traçantes qui marquent sur les nuages le prénom des tempêtes

Le poème défie la peur des vides qui vous tenaille aux tripes quand une fringale de rêve attente à vos devenirs

Le poème dépèce une hydre même pas de l’Herne qu’un Ulysse de bazar  entoure de ses bras pour asphyxier les têtes.

Le poème s’en va tout doucement sur ses dents toutes neuves qu’une plume en satin enfle de caries.

Le poème  applaudit à tout rompre quand il parait sur scène pour réveiller d’un  coup les spectateurs inertes

Le poème détruit la petite graine que d’autres avaient semée en croyant qu’elle vivrait plus longtemps que leur rire

Le poème défonce les bitumes des villes sans espoir que la première phrase tance en verlan

Le poème parle du bonheur  que deux êtres se donnent sans savoir même écrire qu’ils sont analphabètes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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