



revue trimestrielle de poésie
2149 av du tour du lac 40150 hossegor /j.lesieur@wanadoo.fr
Abonnement 1 an 4 n° 12€ étranger 15€ le n° 3€





Page 2/3/4 : Lionel MAZARI
Pages 5 : Gérard LEMAIRE
Pages 6/7 : Line SZOLLOZI
PAGE : 8/9/10 : Jean-Michel BONGIRAUD, Bruno SOURDIN
Page 11 : dessin de Antonio QUADROS FERREIRA
Pages 12 /13 : Zébane FANFRELUCHE. J.P.L
Pages 14/15/16 : Sarah DENOIRJEAN
Pages 17 : Thomas VINAU
Page 18 : Robert MOMEUX
Page 19: Françoise LAUX (peinture)
Page 20/21 : Thomas GRISON
Pages 22/23 : Catherine MAFARAUD
Page 24 : Alain SIMON
Page 25 : Guy CHATY
Pages 26/27: Jean-Paul BOTA
Page 28/29/30/31 : Béatrice KAD
:Pages 32 : Lorenzo LE QUELLEC
Page 33 : Jean-Marc THÉVENIN
Page 34 : Fadila BAHA
Page 35 : Fabrice MARZUOLO
Page 36: Simon MATHIEU
Page 37 : Daniel PERTHUIS
Page 38 : Michèle CAUSSAT
Page 39 : Ludovic CHAPTAL. Poésie SMissée;
Page 40 : Comme dans les livres
Page 41 : Sébastien AYREAULT
Pages 42/43 : Cartes légendées
Page 44 : Conseils et annonces
Page 45 : Comme la poésie à l’école, La pasticherie (POËLS)
Page 46 : La pasticherie (Claude ALBARÈDE)
Page 47/48/49/50 : SUPERVIELLE et la dualité.
Page 51 : Bric à broc
Pages 52 : People poésie
53 : Coups de cœur J.P.L
Page 54/55 : Comme en revues.
Page 56 : De vous à moi ou de moi z’à vous.
Tableau de couverture : Antonio QUADROS FERREIRA
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EDITORIAL DE LIONEL MAZARI
Les adeptes de la littérature jetable en ces temps de tri sélectif ont de beaux jours devant eux. Plutôt que d'envoyer directement les brouillons de leurs inimaginables manques d'inspiration â la corbeille, ils les mettent dans des livres-poubelles qu'ils demandent au lecteur d'aller balancer aux ordures â leur place. C'est ainsi que les adeptes de la littérature jetable parviennent â tenir le haut du pavé dans des containers, leurs déchets emballés dans des pochettes surprises et du papier cadeau qu'ils nous offrent contre un peu ou beaucoup de monnaie â la saison des feuilles mortes ou le printemps des poètes venu. A nous de ne pas accepter leurs fausses étrennes d'étrons parfumés. Car si leur poésie se donne, l'emballage lui se paie. Selon vos moyens ou votre cœur. Les adeptes de la littérature jetable n'aiment pas que les paroles des autres restent, ni que les écrits vieillissent bien dans nos jeunes mémoires, mais n'ont pas toujours la sincérité de l'avouer. Par contre, ils semblent bien qu'ils ne veuillent rien bisser perdre de ce qu'ils sont, ce en quoi ils sont excusables vu que nous ne sommes pas grand-chose.
Si vous êtes auteur vous même jetable, dura-selle ou sublime peu importe, les petits potentats protopoétiques de la médi-culture installés dans la littérature de huart, vous adresseront d'infamantes lettres de péremption où ils vous expliqueront que vous êtes tout â fait publiables certes, mais que si vous n'avez aucun pouvoir, alors ils ne peuvent rien pour vous; mais contre vous par contre veulent bien, ô veulerie! Un rien dont ils sont peu avare, puisque ce rien â l'échine courbée et â la langue dérapeuse n'est rien d'autre que la partie risible du glacier des frustrations que dès la solitude leur imaginaire leur inflige.
Puis ils rejoignent pour la course aux bourses des médailles du travail, en bennesphalanstères vitrées et calorifères, closes et climatisées, la caravane des adeptes de la littérature jetable qui paradent et ne font que passer les uns assumant leur ridicule et s'agitant avec beaucoup de bruit, les autres plus timides plus sérieux et plus fiers mais non moins guignolesques affectant la pause saccadée d'un silence en cascade. Ils se rendent alors eux même; puis vont â l'occasion de grands pillages festifs et nauséeux - festivals et salons du livre-, se recycler de livre-poubelle en livrepoubelle. On les retrouve un peu plus tard un peu plus loin lors de grands débats thématiques organisés tous frais de résidence payés â la casse de Cam-Cacas' ou au marché aux puces d'About-dHabit, ils y entonnent en cœur leur ode â Charlot Fourrière, avant d'aller gratter midi â tous les râteliers et de s'interroger très spéculerement et fort pécuniairement afin de répondre provisoirement â d'essentiels questionnements qui tendent à démontrer qu'aujourd'hui on peut parler d'A uto-da-fé d'art quand an brûle une Voiture publicitaire plutôt qu'un live., ou bien encore que la livre de plume se pèse plus vite que le livre de plomb ou le contraire peut-être…
Et quand on pense qu'il paraîtrait que dans le même sac la même chose se produirait et en mêmes choses se reproduirait dit-on ça et là dans la peinture et la musique où on continue depuis cinquante ans à nous donner à entendre et à voir du silence en cage avec des boulets aux oreilles et des clins d'œil barbelés... Alors un conseil: en matière d'art, revenez demain si vous voulez savoir ce qui se passe aujourd'hui! Non, attendez plutôt après-demain, parce que leurs produits, non pardon, leurs enfants doit-on dire, les protègent, droits d'auteurs et d'ayant droits obligent.
Jetable-Poésie Simonie 2 - Les Anonymes Amnésiques
Je vois autour de moi bien des poètes attristés de n'avoir pas accès à la JetablePoésie Simonie et par conséquent à aucun éditeur disposé à leur offrir une large diffusion de leur œuvre. Tous ces pauvres auteurs rejetés que les éditions "Cheynes astrales et autres Castors" abattent pour le compte du Comité Central de Lecture Capitale, tous ces interdits de publication par Gallimard, Flammarion et autres maisons mères, tous ces orphelins sans moyen de pression lorgnent avec rage sur leurs bourreaux et avec envie sur leurs concurrents plus chanceux. Moi j'essaie bien de les consoler en leur expliquant que tous ces gentilshommes mieux placés qu'ils jalousent n'ont pas un lectorat réel plus large que le leur (et ce n'est pas là seulement de ma part une manière perfide de leur avouer le peu d'intérêt que m'inspirent autant leurs écrits que ceux de leurs heureux rivaux).
Car il faut savoir deux ou trois chose... Il ne faut pas croire: les pères B. Noël qui ne seraient pas un cadeau quand bien même leurs livres ne serviraient que d'emballage, les ceux qui Xavier Débordes et qui bordent les ceux qui délirent dans la Blaine, les Parant de tout un chacun, tous les poètes sans parole, les Oho!la!lacaca Colas et les G.Lucas en gésine, les Novarinateur qui renovarinent, les Deguy en guise d'eux-mêmes, les ceux qu'on ne parvient pas à perdre dans le triangle des bermudas de Lodève -et la liste est très longue de ceux qui ne se promènent souvent que leur propre livre sous le bras - ne sont pas vraiment lus par les autres et certainement pas par leurs éditeurs.
Ce que les grandes maisons d'édition leur proposent, par l'intermédiaire de complices d'intérêt (complices qui sont parfois eux-mêmes hélas des auteurs de talent et de goût pourtant), c'est: premièrement un lectorat fictif et fabriqué lié à un potentiel d'événements microcosmiques; deuxièmement un volume de vente dépendant de leur propre renommée qui n'a rien à voir avec la poésie; troisièmement des glossateurs intéressés armés d'indulgence rapace et flanqués d'une garde de francs-tireurs reconvertis en mercenaires experts en polémique virtuelle; quatrièmement l'assurance que, par élimination du danger, les désagréments d'une véritable concurrence contemporaine leur sera épargnée de leur vivant; et cinquièmement des avantages périphériques flatteurs et rémunérateurs (articles, résidences, collaborations, promenades) Pourquoi tout cela? Pour la gloire? Pas seulement... Il y a bien des années de cela Michel Leiris, qui par ailleurs écrivait comme un cochon et qui ne s'en est pas moins retrouvé en Pléiade, expliquait avec honnêteté au micro d'une radio nationale que, contrairement à une idée reçue et à la rumeur entretenue, il y a de l'argent à se faire en poésie, notamment à l'époque par des ententes bien senties avec la mode picturale. Alors là-dessus, je comprends bien mieux certains de mes camarades frustrés par l'insuccès et arbitrairement recalés par les hautes instances de la médiocrité; tous ces camarades désédités qui n'ont ni monuments ni émoluments à leur patrimoine; tous mes pauvres camarades inpubliés qui n'ont pas eu leur couple de statue-statut pour accroître leur filiation. Du coup je ne peux que leur redire pour les consoler sans conviction et sans parvenir à autre chose qu'à leur saper le moral, que leur lectorat réel n'est pas moins étendu que celui de ces poètes du relationnel Illustres certes ou presque, mais non pas lus.
Presque rien à leur envier donc...non? Car sérieusement est-ce que vous les lisez vous, ces influents, ces affluents, ces confluents de la culture qui savent bien que les petits ruisseaux font font font trois petits tours et puis s'en vont. Et qui vont vite alors, très vite, non! encore plus vite que ça... en pilleurs prêts pour l'orpaillage. Non niais vraiment est ce que vous les lisez ces pioupious promus par des universitaires surentraînés à l'ennui et en attente de retour d'ascenseur ou d'estomac; ces fils de familles et copains de fils de famille compensant le plus souvent par des moyens illimités un talent limité; ces pions du brillant échec flattés par des metteurs en scène avides de subventions publique? -Car je vous rappelle afin de calmer vos griefs démocratiques et vos ulcères, que les subventions à la culture ont bel et bien été inventées par les notables pour financer de façon occulte les prétentions artistiques de leur progéniture afin que celle-ci ait le sentiment de "voler" de ses propres ailes-. Non mais sérieusement est-ce que vous les lisez davantage vous ces universitaires remerciés d'une publication pour leurs bons et loyaux sévices à l'art; ces metteurs en scène mis en page au gré des vents des pères Ubu de l'édition?
Enfants, étudiants, comédiens, est-ce que vous les auriez appris par cœur ou commentés ces pseudo-poèmes, si leur agents, instituteurs, professeurs ou dramaturges attitrés de crise ne vous avaient pas menacés, battus ou grassement payés, pour faire circuler leurs noms propres qui sont les nom communs des Anonymes Amnésiques et de l'absence d'Identité et d'Originalité?
En ces temps de ploutocratie reconduite par les urnes closes à double-fond, les artistes sucrés du pouvoir mangent de la confiture de subversion en tartines qui bizarrement ne retombent jamais du mauvais côté et se saoulent d'un alcool très cool de liberté frelatée pour nous livrer à la fin une parole étrangement accordée, très stratégiquement distribuée et fort lucrative.
.
A Jérome Kerviel à qui je ne demande même pas de payer mon poème.
LE CROQUEUR
Il croquait la banque des pauvres
Sur un carnet en peau de croco
Parce qu’il avait les crocs dehors
Comme un fauve de dessin inanimé.
Ses yeux rouges lançaient des pleurs
Qui recouvraient doucement le monument
du temple du fric et de l'argent.
Il croquait la banque des pauvres
L'estomac dans des talons de chèques
Vide ne ne pas pouvoir déguster
La bonne mine de son crayon.
Depuis des années sur le trottoir
Trottinant menu de chevalet
Qu’il ferrait d’un café chaud
Quant il claudiquait dans l'hiver
Il croquait la banque des pauvres
C'est tout ce qu'il avait pour bouffer.
image de Rosy Candau
Je bosse sur un recueil qui tourne autour de l'argent, du fric du flouze...Ce qui n'est parait-il pas très
poétique et pourtant je m'accroche. en voici l'ouvre-boîte.
DE TROC EN FRIC
Une carotte pour une pomme, un lapin pour deux choux, une carpette contre un tapis, ta fille pour mon fils plus deux chèvres, ma femme contre les tiennes....
Jusque là le troc, sauf dans quelques cas épineux et de conscience, avait suffi à rendre les menus services usuels.
On troqua aussi de groupe à groupe, d’état à tribu, de partenaire à concurrent, de gardien à gardé, de gardien à évadé. On en prit même l’habitude. D’immenses beuveries troc s’organisèrent avec les surplus. Dès lors on s’avisa qu’il fallait inventer le fric.
L’affaire ne se fit pas du jour au lendemain et les tractations furent longues délicates et ponctuées de nombreux soubresauts.
On assista à des luttes lyriques entre livres tournois dans des lices couvertes de lys d’or et de seigneurs chamarrés.
On surprit des bateleurs d’occasion affairés à estampiller monnaie pour leur propre compte et qui chutèrent malencontreusement dans des culs de basse fosse.
On signa des papiers sur la bosse d’un bossu dans une rue de Paris qui a découvert depuis les promoteurs immobiliers et le plus vieux métier du monde.
On fabriqua une monnaie pour le nord et le sud après avoir essayé une monnaie pour chacun.
Las, on tenta, tâtonna, suça, soupesa, essaya, trouva un système qui fonctionne en douceur pour ne pas jeter la populace dans les affres de la révolution. Ainsi naquit le FRIC.
Les ravaudeuses râlèrent bien un peu parce que les pièces trouaient les hauts de chausses. On les assigna puis leur donna des billets de plus en plus inimitables et le collant invisible pour les reconstituer. On élimina les ravaudeuses et les racoleuses.
DES LORS IL FALLUT :
- Coffrer un grand nombre de faux-monnayeurs, de délinquants mineurs et majeurs, de garde des sceaux, de ministres avides
- Prévoir des convoyeurs de fonds, des systèmes d’alarme de plus en plus perfectionnés, un sinistre des finances, des percepteurs collecteurs, des inspecteurs, des vérificateurs, un monnaie stable, un système de référence, des dévaluations, un serpent monétaire avec des pattes de franc flottant, des économistes distingués et les autres, des chalumeaux oxyacétyléniques pour coffres inviolables dont on a égaré la clef, des experts en balistique, une brigade antigang, des prises d’otages, de la cupidité, l’intéressement aux bénéfices, la participation bidon au ramassage des toiles dans les baux de Provence, Créer des feuilles de paie, la sécurité sociale, la retraire des vieux qui laisse de plus en plus vieillir, les dossiers en souffrance et le chômage partiel total et intermittent, les travailleurs immigrés, les patrons de combat, les centimes additionnels, les impôts locaux, les contributions directes, indirectes, involontaires, qui biaisent, en détours, en zigzags.
-Inventer la B.N.P, les trusts, les supermarchés, les hyper machines, Las-Véga, la roulette, les machines à sous, la Mafia, l’Amérique, le surintendant des finances, le chancelier de l’échiquier, l’échec des négociations.
-Tricoter les bas de laine, les cotes en bourse, le chandail des croupiers en rupture, l’assurance des notaires et leur cache-nez pour la prison, les bas de laine des promoteurs, les gants pour prendre les pincettes.
- Renier la parole donnée, la traite à trente jours, le tope-là en confiance, l’amitié, son père et sa grand-mère, ses origines modestes.
Et bien vite d’astucieux petits génies découvrirent qu’on pouvait acheter les consciences, c’était affaire de prix.
Tout devint possible.
SOMMAIRE DU N° 33
Page 2 : (édito) Jean-Pierre LESIEUR
Pages 3/6 : Anne BLAYO
Pages 7 : Véronique LE GUEN
Pages 8/9 : Fabienne ALLIOT
Page 10 : Yves PLAMONT
Page 11 : Franck LEGAUD
Pages 12 / Chem ASSAYAG
Page 13 : Didier OBER
Pages 14/15 : Stella VINICHI RADULESCU
Pages 16 : Olivier MATHIAN
Page 17 : Alain JÉGOU
Page 18 : Pascal MORA
Page 19 : Mathias LAIR
Page 20/21 : Jean-Louis MASSOT
Pages 22 : Georges CATHALO
Page 23 : Jeanpyers POËLS
Page 24 : dessin de Luce GUILBAUD
Page 25 : André NICOLAS
Pages 26/27: Christophe PETIT
Page 28/29 : Zébane Fanfreluche/Flam
Page 30 : Sylvie BOURCIER/Pauline LABRANDE
Page 31 : Jean-Pierre GAUBERT/Bernard LANZA
Pages 32 : Morgan RIET
Page 33 : dessin de Luce GUILBAUD
Page 34 : Bénédicte LEFEUVRE
Page 35 : Muriel CARUPT
Page 36/37 : Marc Antoine BRACHET
Page 38/39/40 : Hozan KÉBO
Page 41 : Yves PLAMONT
Pages 42/43 : cartes légendées
Page 44/45 : Pierre MIRONER
Page 46 / 47/48 Pascale LÉONETTI
: Page 49 : Marc BONETTO
Pages 50/51 : Comme dans les livres/ bric à broc
Pages 52 : Claude ALBARÈDE, Alain SURE La pasticherie
Page 53 : COUPS DE COEUR
Page 54/55 : Comme en revues
Page 56 : De vous à moi ou de moi z’à vous.
Tableaux de couverture : YVEL
Dites 33 et votre mal de poésie sera reconnu. Numéro 33 le chiffre bicéphale vous va merveilleusement au teint. L’édito est une coutume dans comme en poésie et dans pas mal de revues je ne déroge pas, ni ne dérange parce que audience courte et ciblée.
Sommes nous en mal de culture? Et ne devrait-on pas muscler la poésie aux OGM pour qu’elle puisse contaminer, transformer, détériorer, se répandre et répandre aux alentours le droit à l’insoumission qui est un devoir. Bon ce n’est pas non plus toute la poésie qui est insoumise, mais quand je la rencontre j’aime bien lui faire la cour.
Christian Degoutte, dont j’admire la chronique et envie les pages dont il peut disposer dans Verso, me parodie en faisant du à la manière de dans la critique ou il chronique le numéro 30. Christian, toi tu officies dans une revue riche, pleine de pages, moi dans une revue pauvre avec les pauvres moyens de son « patron » et peu de pages, 56 maintenant, alors je privilégie les poèmes. C’est un choix.
Mais je n’ai rien a justifier. Je termine de payer ma machine dite photocopieuse couleur, dernière mensualité en février et il va falloir que je rame un peu cette année pour boucler les fins de mois, ramer, ne suis-je au bord de mer, j’ai l’habitude. Je n’ai rien à justifier puisque je ne sers que la poésie et que je n’en fais pas un commerce de charmes, du moins pas encore.
Bartabas a réclamé ses subventions d’une manière disons légèrement musclée, je ne porte pas de jugement de valeur mais je crains fort que l’assistanat conduise irrémédiablement à des réductions plus ou moins drastiques qui mettent en fureur celui ou celle qui ne les reçoit plus. Si toutes les revues qui sont dans ce cas employaient la même méthode le ministère de la culture deviendrait un bunker avec accès gardés et mot de passe. Ce qu’il n’est pas sinon ça se dirait.
Je mets sur le site http://www.pagesperso-orange.fr/jean-pierre.lesieur les numéros du Pilon pour la petite histoire poético-littéraire si le cœur vous en dit vous pouvez aller y faire un tour.
Méfiez-vous d’internet le trop finit par lasser le lecteur et je vois beaucoup de jeunes ou moins jeunes poètes apparaître partout et tous les jours, en poésie ce qui compte c’est de tenir la distance de la qualité, la quantité ne suffit pas.
Il suffit de laisser tomber le voile pour se rendre compte de ce qui se cache derrière, et souvent derrière il y a un joli minois qu’on voudrait embrasser sur la bouche, mais attention la surprise peut être plus cruelle, ça pourrait être tsarkosky.
Bonne lecture de ce trente et unième numéro dans lequel j’ai encore mis beaucoup de poètes ce qui vous en donne pour votre argent et vous permettra de découvrir tous ces beaux poèmes qui nous régalent et s’il y en a qui ne vous plaisent pas, soyez indulgents la poésie est innombrable.
ÉDITO Jean-Pierre Lesieur
Dites 33 et votre mal de poésie sera reconnu. Numéro 33 le chiffre bicéphale vous va merveilleusement au teint. L’édito est une coutume dans comme en poésie et dans pas mal de revues je ne déroge pas, ni ne dérange parce que audience courte et ciblée.
Sommes nous en mal de culture? Et ne devrait-on pas muscler la poésie aux OGM pour qu’elle puisse contaminer, transformer, détériorer, se répandre et répandre aux alentours le droit à l’insoumission qui est un devoir. Bon ce n’est pas non plus toute la poésie qui est insoumise, mais quand je la rencontre j’aime bien lui faire la cour.
Christian Degoutte, dont j’admire la chronique et envie les pages dont il peut disposer dans Verso, me parodie en faisant du à la manière de dans la critique ou il chronique le numéro 30. Christian, toi tu officies dans une revue riche, pleine de pages, moi dans une revue pauvre avec les pauvres moyens de son « patron » et peu de pages, 56 maintenant, alors je privilégie les poèmes. C’est un choix.
Mais je n’ai rien a justifier. Je termine de payer ma machine dite photocopieuse couleur, dernière mensualité en février et il va falloir que je rame un peu cette année pour boucler les fins de mois, ramer, ne suis-je au bord de mer, j’ai l’habitude. Je n’ai rien à justifier puisque je ne sers que la poésie et que je n’en fais pas un commerce de charmes, du moins pas encore.
Bartabas a réclamé ses subventions d’une manière disons légèrement musclée, je ne porte pas de jugement de valeur mais je crains fort que l’assistanat conduise irrémédiablement à des réductions plus ou moins drastiques qui mettent en fureur celui ou celle qui ne les reçoit plus. Si toutes les revues qui sont dans ce cas employaient la même méthode le ministère de la culture deviendrait un bunker avec accès gardés et mot de passe. Ce qu’il n’est pas sinon ça se dirait.
Je mets sur le site http://www.pagesperso-orange.fr/jean-pierre.lesieur les numéros du Pilon pour la petite histoire poético-littéraire si le cœur vous en dit vous pouvez aller y faire un tour.
Méfiez-vous d’internet le trop finit par lasser le lecteur et je vois beaucoup de jeunes ou moins jeunes poètes apparaître partout et tous les jours, en poésie ce qui compte c’est de tenir la distance de la qualité, la quantité ne suffit pas.
Il suffit de laisser tomber le voile pour se rendre compte de ce qui se cache derrière, et souvent derrière il y a un joli minois qu’on voudrait embrasser sur la bouche, mais attention la surprise peut être plus cruelle, ça pourrait être tsarkosky.
Bonne lecture de ce trente et unième numéro dans lequel j’ai encore mis beaucoup de poètes ce qui vous en donne pour votre argent et vous permettra de découvrir tous ces beaux poèmes qui nous régalent et s’il y en a qui ne vous plaisent pas, soyez indulgents la poésie est innombrable.

Voilà deux poèmes que j'ai extraits d'un recueil que j'appellerai en toute simplicité LE FRIC. Jean-Pierre Lesieur.(j'ajouterai qu'on m'a toujours dit que le fric n'était pas un sujet
"poétique".)
OR
OR la belle conjonction des extrêmes de même doute pour les menottes lascives des menaces
OR le pont à faire passer aux esseulés de la réussite sociale pour qu’ils meurent de l’autre côté.
OR noir comme il se doit maquillé d’enduit gras à la périphérie pépinières des bourses.
OR nièrent en bloc s’être embourbés dans les tourbières conduisant les armes au gué des fondrières.
OR dur à jeter selon le mode d’inemploi dans le cycle obligatoire de la surconsommation forcée.
OR fin d’une époque finie à finir en toute finitude pour magnifier le fin du fin.
OR bel amusement - avec une s - des époques de fier baroque où on ne savait pas arrêter d’enrichir.
OR gane piège à faire frémir la main de ma tante sous les yeux du grand-père.
OR sait - tout et rien - comme une gare musée sur un rail en fesse de sac, à Paris.
OR vingt deux carats avec le poids exact sans tare à effacer une fois l’alliance mise pour deux éternités.
OR gasme à manier comme une petite main avec toutes les précautions d’usage et de déception pure.
OR meau, coquillage de roc, indécollable à n’utiliser que sur papier hygiénique pour vers de longue durée.
OR tie, à conserver soigneusement pour y jeter le froc de ceux qui veulent cesser de béatifier.
OR gueil, commensurable dans tous les cas sauf chez ATTILA qui repoussa tout sauf l’herbe.
OR ni soit qui mal y pense la fière devise d’une salamandre percluse de rhumatismes.
OR bite qui tourne longtemps autour de la vieille terre avant de faire la bonne affaire
OR gelet, galette qu’on tient à l’oeil dans une banque suisse pour les flux de déflation.
LES CHEMINS DU FRIC
ou le Michelin doré des sentes de placement.
L’argent va à l’argent comme la vache au taureau quand il paît tranquille dans son pré cachant bien ses glandes et son faux air d’inséminateur artificiel.
L’argent va à l’argent dans la ligne directe des notaires actifs de droits imprescriptibles des descendants de la grande descente en droite ligne au travers.
L’argent va à l’argent dans les mille replis de l’injuste connivence des vagues de nantis qui s’accrochent aux digues en béton armé.
L’argent va à l’argent en avançant les lèvres pour des baisers mortels emplis de boutons plus blancs que les poisons phalloïdes.
L’argent va à l’argent sans calculer le poids de pudeur requise par les tables de vaisselles d’or ou bivouaquent les requins du banquet partageur.
L’argent va à l’argent sans mettre sur ses fesses le slip de la décence ni cacher les perles de conscience qui partent une aune.
L’argent va à l’argent, en fûts, en pots, en barres, en tonneaux, en billets, en bas de laine, en coffres, en cassettes, en titres, en boucles, en colliers, en désespoir de cause, en pavillons, en immeubles, en hôtels, en champs, en prés, en paille, en cheptel, en maisons closes, en voiture, à pied, à cheval de course, en manade, en étalon, en carats, en ballon libre.
L’argent va à l’argent tous les moyens sont bons.
de Fabrice Marzuolo
Une idée, vous me direz si elle est bonne ou pas, réalisable ou non…
Tous les revuistes se réuniraient (sur un forum, ou autre) –évidemment ceux, avec des atomes crochus (pas les doigts) pour décider de mettre en commun leur matériel : papier, imprimeur, distribution, pourquoi pas un local etc. Oui, il s'agit bien d'une sorte d'œcuménisme des non chapelles poétiques (excusez la grossièreté de l'expression)… A partir de ce débat, pourrait naitre une revue ( la périodicité serait à définir) et pour tout nouveau numéro, un revuiste, chaque fois différent prendrait les commandes (comme ces instances européennes avec les présidents qui changent régulièrement, mais c'est un mauvais exemple).
Avant, pour ne pas appliquer de formules budgétaires mais poétiques, il faudrait contacter tous les lecteurs et les poètes afin de connaître jusqu'où ils sont prêts à aller pour la survie du projet ( oui, en abonnements, en soutiens, ou d'autres formes selon les moyens de chacun, pas seulement pécuniaires), appelons cela une promesse de dons (ou la période rage de dons)…cet aspect devrait être traité bien en amont du lancement éventuel de cette revue afin de bien séparer cet aspect de celui de la publication des textes (le choix de ces derniers résulterait d'un comité de lecture choisi par le revuiste aux commandes du numéro en cours)… A définir aussi un réelle complémentarité entre une revue papier et sa diffusion sur le Net, par exemple.
Bon, je ne vais pas plus loin dans cette idée, peut-être est-elle nulle, qu'en pensez-vous, vous qui avez l''expérience
(certains plus de trente ans dans le milieu) –je me dis que si ça n'a pas été fait jusqu'ici, un truc doit m'échapper sûrement…
ON peut répondre sur le site dans les commentaires ou sur j.lesieur@orange.fr
il n'est pas possible que l'on ne trouve pas
une solution, poètes revuistes prenez la parole au moins internet peut servir à ça.
Cher Jean-Pierre,
Je tiens à citer deux poètes dans ce débat –ils ne cautionnent pas mon idée du non-Grenelle de la poésie, je ne sais même pas ce qu’ils en pensent mais en tout cas , je détourne leurs propos pour apporter de l’eau à mon moulin… Chaque citation est tirée du Décharge 136 :
Voilà, de Jean-Michel Bongiraud :
"Une société qui assurerait à la poésie sa place, toute sa place, ne pourrait être une société de consommation."
Et de Jean-Louis Jacquier-Roux , quelques éléments subtilisés dans les Ruminations de Claude Vercey:
".../... un mode de diffusion relativement clandestin, une sorte de résistance-réticence au discours officiel "
Oui, je crois que la poésie est une façon de résister et ce qui me dérange dans ce Grenelle, c’est le côté "demande officielle" de résister.
Si je prends mon nombril, je suis venu à la poésie parce que j’en ai ressenti le besoin, parce que je respire mieux à ses côtés ; Si j’avais reçu un catalogue chez moi, des publicités, des musiques douces pour aller passer mes vacances avec elle, sûr que j’aurais tout bazardé !
La survie de la poésie ne dépend pas d’un budget, elle réclame le cœur des hommes, elle vivra tant qu’elle coulera dans leur sang, et surtout, sa santé ne reflète pas sa propre vigueur, si on pense qu’elle meure c’est tout simplement que l’humanité agonise : d’ailleurs, est-ce un hasard si la poésie a repris du poil de la bête quand il s’agissait de lutter contre la bête immonde ? Non, la poésie reprend des forces quand les hommes s’opposent à la barbarie, toute forme de barbarie, et celle de l’argent roi en fait partie.
Mais lorsque les hommes se mettent à tout accepter, se coulent dans le sens du courant, admettent les principes de la botte, prennent les slogans du showbiz pour des pensées profondes, confondent les animateurs télé et les journalistes (chômeurs ceux-là) , la république et la bourse, forcément la poésie est en danger…Mais que dire des hommes alors ?
Donc, voici une proposition pour sauver la poésie :
Résistons à lui appliquer les formules budgétaires ! Et on s’en sort sans sponsor, les pieds
devant !
amicalement
Fabrice
A noter au passage que chercher à se faire éditer ne signifie pas vouloir être lu par le plus grand nombre (il me semble que dans le milieu des revuistes et des éditeurs passionnés qui gravitent dans la sphère, le nombre de lecteurs n'augmente pas, en fait, ce sont les mêmes!).
L'important dans ces éditions confidentielles –au sens noble, c'est la reconnaissance de ses pairs…Par exemple, ton avis sur mes écrits, importe pour moi –tu vis en poésie depuis longtemps et tu sais de quoi tu parles. Malgré ces provocations, j'ai beaucoup de respect pour tes actions dans ce domaine, merci à toi.
Amicalement
Fabrice
j'ai retiré cet article à la demande de son auteur, mille excuses. Jean pierre.
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