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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 09:05

LE POÈME

 

 

Le poème décline en se cachant la montée des ornières sur un  sol détrempé par la fuite  des regards

Le poème inspecte en catimini le petit doigt des fées qui prétend tout savoir de la vie   en vase clos

Le poème jette des anathèmes dont on n’a nul besoin pour vivre normalement l’assassinat des mots

Le poème travestit la colère de ceux que le vent déshabille  dans leur bivouac accroché au flanc de la méfiance

Le poème crante au fer rouge les aiguières marines remontées des abysses ou vivent encore des grecs de l’ancien temps

Le poème attife d’une rose les Ronsard aux grands pieds qui croient encore qu’une fleur suffit pour aimer la pensée

Le poème déconstruit le langage comme on prend le chemin sans savoir où aller pour poser sa passion

Le poème invite l’impuissance à sortir au grand jour quand défile les muses en salopette de plombier

Le poème s’allonge sur la plage parmi les agapanthes qui pousse sans se soucier de ce bout de bois flotté encore à découvrit

Le poème rameute les consciences des bords de grands chemins où des bandits manchots agitent des manivelles

Le poème se met à toutes les sauces des faiseurs de vers qui se prennent pour des princes à qui on ne permet rien

Le poème gambille dans les coursives de la navette sidérale  qui les jette dans un autre monde sans laissez-passer

Le poème chantonne en douce la mélodie des fins de soir quand l’horizon monte sur le soleil pour le faire chanter

Le poème plante un piolet dans les fesses de l’amour qui ne s’attendaient pas à une telle surcharge

Le poème tripote des anglaises qu’un petit garçon bouclé lance négligemment par-dessus son épaule

Le poème revient au port qu’il n’aurait pas dû quitter quand les bateaux de pêche le lancent par tribord

Le poème manigance des rimes pour les félibriges en manque qui n’attendent que ça pour prendre la tangente

Le poème hagarde de la trompe quand un mec le serre sur son torse velu pour lui prouver son manque de passage

Le poème respire à la mode de quand  la tripe en cellulose et les cheveux trempés des larmes de Normandie

Le poème cachetonne au salaire de la peur quand un plein camion de sonnets vérolés manque d’exploser en vol

Le poème délire sans drogues particulières quand le vent de l’outrage le perce de part en part

Le poème divague sur de sots terrains vagues qui se prennent pour la mer une bonne fois pour toute

Le poème vous nargue de toutes ses dents tendues vers la rivière sans retour que vous ne prenez jamais

Le poème remonte des fleuves impassibles qu’aucun  stratagème ne remet plus en rire un soir de carnaval

Le poème déjoue les balles traçantes qui marquent sur les nuages le prénom des tempêtes

Le poème défie la peur des vides qui vous tenaille aux tripes quand une fringale de rêve attente à vos devenirs

Le poème dépèce une hydre même pas de l’Herne qu’un Ulysse de bazar  entoure de ses bras pour asphyxier les têtes.

Le poème s’en va tout doucement sur ses dents toutes neuves qu’une plume en satin enfle de caries.

Le poème  applaudit à tout rompre quand il parait sur scène pour réveiller d’un  coup les spectateurs inertes

Le poème détruit la petite graine que d’autres avaient semée en croyant qu’elle vivrait plus longtemps que leur rire

Le poème défonce les bitumes des villes sans espoir que la première phrase tance en verlan

Le poème parle du bonheur  que deux êtres se donnent sans savoir même écrire qu’ils sont analphabètes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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