revue trimestrielle de poésie
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LA MORT DU POÈTE
A tous les poètes
Dont on a oublié jusqu’au nom.
La mort du poète ne laissa nulle trace
Sur les feuilles mortes de l’histoire
Et il disparut corps et lettres
A l’horizon du septième ciel.
Nul n’eut plus le loisir
De lire ses moindres mots
De parcourir la justesse de sa vie
Ni de déceler le souvenir
D’un pauvre parcours de rien.
La mort du poète ne laissa pas de rimes
Il n’en utilisait pas il ne les aimait pas
Son vers chantait faux et sa barbe
Brisait les mélodies d’un coup du sort.
Il voulut une épitaphe
A mettre sur ses cendres
« L’homme de rien retourne au rien »
Tout s’envola dans le vent de la mer.
Et il disparut corps et bien.
La mort du poète ne laissa nulle trace
Sur le cristal des roches en mouvement
Qui courait plus vite que son ombre
Et il disparut corps et corps.
Seul le souffle d’un miroir en mal
De reconnaissance
Tenta un temps de garder
La silhouette de ses amours
Qui s’estompait dans la garrigue
La mort du poète ne laissa pas de strie
Ni de noctiluques si lumineuses
A la surface de l’avenir de l’homme
Nulles traces qu’un jour
Un chercheur du passé
Puisse ressusciter
Sous la férule du soleil d’alors.
La mort du poète ne laissa nulle trace
Dans la fulgurance des orages.
Salut à toi cher poète triste,
Mais non on ne mourra pas oubliés, c\\\'est pas parce qu\\\'on est ni Hugo, ni du Bellay , que l\\\'on fera partie du cercle des poètes disparus sans épitaphe.
On l\\\'aura, je te l\\\'assure ici, notre petite place au Panthéon des poètes. Puisque, comme tu le sais : rien ne se crée, rien ne se perd : tout se transforme...
D\\\'ailleurs je me demande comment on fera pour nous reconnaître lorsque nos vieux atomes se seront recombinés en de nouveaux dans la grandeur intergalactique...
À méditer, âme éditée, à m\\\'éditer (rannée)...
Bisous
O.
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