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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 09:52

LES ENFANTS DU POÈTE

 

Les enfants du poète sautent les générations d’une haleine alerte en mettant leur pied dans les empreintes du rêve

Les enfants du poète dérivent en douceur vers le partage du vent qui les poursuit toujours d’ assiduités à venir

Les enfants du poète ont la moustache altière d’une statue en rade dans un port de retour qui s’ouvre au dernier cri

Les enfants du poète ont des longues chevelures qui caressent les arbres quand des éclairs teints tombent dans les clairières

Les enfants du poète se cachent pour écrire dans le métro du verbe qui ne s’arrête jamais dans la même station

Les enfants du poète invitent leurs parents dans des bouibouis ringards qui sentent le thym vert et la sauge en rut

Les enfants du poète cavalent dans les garrigues où sont enterrés les ancêtres morts d’avoir bu la liqueur de la célébrité en toc

Les enfants du poète achètent des oiseaux aux plumes unicolores pour  peindre les leurs juste sous la queue

Les enfants du poète draguent leurs grands parents qui ne sont pas poètes et qui s’en veulent beaucoup du métier de leur fils

Les enfants du poète se marient entre eux du moins quand ils osent se déclarer poètes aux édiles des mairies

Les enfants du poète ont la honte de leur vie quand leur père déclame dans un salon désuet ses relations sexuelles avec une moins que rien

Les enfants du poète déversent dans la rue des mots pleins de pavés qu’ils voudraient envoyer par la poste en rupture

Les enfants du poète tentent toujours d’écrire des poèmes différents que ceux de leur auteur en révolution totale

Les enfants du poète ont parfois la surprise d’entendre un passant leur parler de leur père qui chantait dans les rues au siècle précédent

Les enfants du poète mettent dans leurs bagages la naphtaline coriace pour essarter les mythes qui leurs collent à la peau

Les enfants du poète ne pètent pas dans la soie surtout si leur papa n’était pas un gâteau qu’on pouvait goûter  aux riches pâtisseries

Les enfants du poète voyagent en carrosse dont les roues carrées rythment leur parcours d’un bruit d’enfer et de castagnettes

Les enfants du poète descendent en droite ligne des sémaphores véniels qu’une dame dévergonde les uns après les autres

Les enfants du poète attendent des miracles qu’aucun jésus ne veut prendre en charge plus loin avant qu’ils ne soient morts.

Les enfants du poète ont la tête près des étoiles quand elles ne sont pas en zinc et posées sur des ciels de lit usagés

Les enfants du poète tentent de circonscrire la menace de l’air quand il devient poussif aux bronches trop fragiles

Les enfants du poète traversent leur vie d’un grand éclat de rire qu’ils lancent à la ronde des roches brutes de la sollicitude

Les enfants du poète gonflent les voiles creuses d’un bateau pas trop ivre qui déambule des fleuves pas même impassibles

Les enfants du poète caressent leur fausse barbe les yeux sur l’horizon en ruminant des vers qu’ils n’ont jamais écrits

Les enfants du poète soufflent le chaud et froid pour des extrémités qui n’ont pas le temps de devenir froides

Les enfants du poète devisent en souvenir sur des livres peu lus et pas même infusés que leur père à laissé pour tout héritage

Les enfants du poète draguent les soldeurs rares pour retrouver les traces de celui qu’ils honorent d’un culte bien trop grand

Les enfants du poète prient toujours d’insérer dans des basiliques vendues à toutes les religions d’un catéchisme sans schisme

Les enfants du poète ont toujours les yeux bleus de ceux qui viennent du nord quand ils les ont perdu à la roulette des astres

Les enfants du poète trouvent sur les routes des morceaux de poèmes semés il y a cent ans par un petit poucet à la mine déconfite

Les enfants du poète n’ont pas d’état civil parce que fruits du hasard et nomades des landes qui ne s’arrêtent jamais de tenter de survivre

Les enfants du poète tentent de traverser la glace sans tain et meurent d’un seul rire quand ils sont de l’autre côté

Les enfants du poète dérivent dans la cité regardez les passer à cheval sur une mule qui ne veut jamais aller où ils la conduiront.

 

 

 

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