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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 09:45

Toujours dans la saga de la poésie et du poète que je prépare au jour le jour voici Longtemps l'homme

Longtemps l’homme n’eut que son sexe pour écrire des poèmes rébus sur les murs en torchis des cavernes.

Longtemps l’homme crut en la réalité d’un langage de borborygmes pour creuser des galeries dans la nuit de sa vie

Longtemps l’homme inventa des pièges pour déjouer les afflux de sa conscience qui lui taraudait l’esprit

Longtemps l’homme entrouvrit qu’avec précautions les volets de pierre d’une mémoire défaillante

Longtemps l’homme endigua le flot des images qui lui saturaient le crâne par la chasse aux abus de ses mots

Longtemps l’homme éprouva le besoin de dire à sa compagne ce qu’il y avait de plus beau dans les méandres  de son cerveau

Longtemps l’homme se contenta d’écrire un seul mot sur les langes de la vie pour déclarer son amour de l’autre

Longtemps l’homme chercha en vain des images de lui seul connues pour calmer les maux qui l’assaillaient

Longtemps l’homme piocha dans la vacuité de ses émois l’espoir d’une guérison que personne ne lui promettait

Longtemps l’homme individualisa son regard à la loupe de l’énorme pour créer un bestiaire de mammouths et d’aurochs

Longtemps l’homme conduisit ses fantasmes dans les plaines sans horizon dont il voyait le bout

Longtemps l’homme détruisit systématiquement l’image de celui qui ne lui ressemblait pas dans le miroir de sa morgue

Longtemps l’homme erra de dune en dune dans un désert de mots qu’il n’avait pas choisi tant sa cécité

Longtemps l’homme couvrit d’une pichenette l’invention d’un langage qui lui échappait de plus en plus tôt

Longtemps l’homme s’égara dans les méandres d’un garage aux poèmes dans lequel il faisait les vidanges de son trop plein de rêves.

Longtemps l’homme dévia vers les autres ce qui aurait dû le conduire au sommet des vagues sur lesquelles il surfait

Longtemps l’homme enfila le costume trop grand pour lui de destructeur de l’univers dont il n’avait pas fait le tour

Longtemps l’homme tâtonna dans l’ombre des parchemins au papyrus triste une culture du verbe qu’il inventait à mesure

Longtemps l’homme détourna pour lui seul un trop plein de pathos qu’il ne parvenait pas à mettre dans la mer

Longtemps l’homme décrivit le calvaire d’une heure de sa vie qu’il ne voulait pas donner au scribe qui le pressait

Longtemps l’homme attendit avec impatience qu’apparaisse le poète qui lui donnerait enfin la soif d’aimer l’autre

Et le poète vint un grand manteau de rimes sur son dos courbé  que l’homme ne  sut pas reconnaître comme étant un des siens.

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jean pierre lesieur - dans poésie
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