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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 09:54

Dans le cadre de mes écrits sur le poète dont je pense faire un recueil bientôt voici mes dernieres divagations/divagantes.

La poésie prend dans les marges de l’homme le suc de l’excellence pour le faire déguster aux abeilles de la démesure.

La poésie invente des mots de plein emploi pour les déverser dans le dictionnaire de ceux qui en manquent

La poésie draine à pleins tombeaux les betteraves fourragères pour donner du sucre aux poètes en manque.

La poésie importe des amours qui végètent dans la vase pour leur insuffler le prurit des aventures stellaires.

La poésie traque jusque dans les bas-fonds de la littérature la pelure des images qui ne veulent pas mourir.

La poésie accroche des métaphores sur le crâne de ceux qui sont chauves dans leur tête sans virgule.

La poésie constelle la suffisance des enfileurs de rimes qui se gaussent du col quand passe un alexandrin.

La poésie maraude des oiseaux en rupture qui font des migrations une bible annuelle qui ne revient jamais.

La poésie colore les yeux blancs des aigles de petite fortune qui inventent chaque jour une nouvelle volière.

La poésie pourrait nourrir son homme si elle était femme de bien convoitées par tous.

La poésie aligne des symphonies de lettres sur  les langes de la belle aventure mal venue de rester au garage.

La poésie lance des trilles quadrillés dont la nonchalance réveille d’un seul coup tous les aventuriers du verbe.

La poésie dérange l’ordonnancement des anachorètes de chose écrite réfugiés au fond des monastères.

La poésie bafouille ses gammes quand elle prend le maquis des enfileurs de perles inutilement redondants.

La poésie déverse la moelle des poèmes dans les os sans avenir du marchand de prose qui se prend pour Rimbaud ;

La poésie retend les boyaux  de l’amour quand il ne sait plus faire la guerre de quatorze dix huit

La poésie greffe une fente de mitraille sur les arbres des forêts que l’homme veut couper pour écrire des rimes

La poésie fait fondre des icebergs de contrebandes qui fondent dans la bouche des marins que le sel gonfle

La poésie engouffre dans ses fouilles les tiroirs ikéa gonflés de milles feuilles maculées de ratures qui n’ont servi à rien.

La poésie tenaille des ventres sans estomacs par lesquels on peut voir des morceaux de vide qui viennent de la mer.

La poésie fait pleurer des nonnes sans soutanes qui l’ont prise pour dieu dans leur infini amour de l’homme.

La poésie tend la peau des tambours qui pavanent la mort des champs de bataille où  se gagnent des rêves

La poésie vrille la voile des vaisseaux sans gains qu’un marchand de mazout fait couler dans le bronze

La poésie souille les soucis de miroirs qui tenaillent entre eux les diamantaires du vide quand ils perdent leur vie.

La poésie ramène à sa plus simple expression l’envie de parchemin qui triture les scribes qui ont sauté les siècles

La poésie met des ailes aux chevaux qui parcourent l’azur chevauchés par cent mille sorcières qui on perdu leurs dents.

La poésie accroche des luminaires dans les salons branchés des people dorés sur la tranche de leurs vaisseaux fantômes.

La poésie rassemble les bergers sans moutons qui ont dans leur besace de quoi tenir un siège entourés par les loups

La poésie tatoue sur la peau des enfants une marque indélébile qu’ils ne quitteront plus jusqu’à leur puberté

La poésie draine dans les veines un sang de mégapole plus rouge que la vie et qu’il faudra jeter à la gueule des campagnes.

La poésie demande son chemin à la croix des carrefours où des flics frappeurs dirigent le flot montant vers la rue descendante

La poésie ameute de longues foules qui passent en hurlant dans le grand désespoir d’un avenir sans raison

La poésie prend par le col la fille aux nattes rousses qu’un marin ambidextre mène pas la taille dans les ruelles de Brest

La poésie pousse vers la sortie le mangeur de lune qui ne réussit pas à finir le dernier quartier avant la fin du cycle

La poésie ouvre les vannes des jacinthes qui pleurent dans les mauvais champs qu’une taupe cueille à l’envers des racines

La poésie ouvre les religions au scalpel du devoir pour les inventorier aux lumières de leur  chant

La poésie entame des pourparlers avec les innocents sans mains qui ne peuvent plus prendre les guides de leur destin.

La poésie cache ses taches de rousseur aux amoureux qui la courtisent sans lui laisser le temps de rentrer sa pudeur

La poésie admet dans ses entrailles des nourrissons couvés par les oies sauvages qui reviennent chaque année

La poésie retaille des costumes aux passeurs  du théâtre des ombres qui ne sont pas chinoises quand la lumière tombe

La poésie habite dans le chœur d’une chorale pittoresque dont le chef en haillons tente vainement de la faire chanter

La poésie c’est n’importe quoi pour n’importe qui et n’importe quand même s’il importe de savoir pour qui.

La poésie déplie ses tentacules dans tous les sens des arts pour donner à l’envie une seconde jeunesse

La poésie charrie des tombereaux d’émotion tirés par deux bœufs blancs qui marchent sous les houx

La poésie émascule l’éphèbe de Thèbes qui pensait bien survivre au désespoir de la défaite des tribuns.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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