Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 08:18



 


Jean-Pierre LESIEUR : Zébane Fanfreluche (De l'Atlantique éd., 2008), 72 pages, 18 euros -BP 41 - 17102 Saintes cedex.

Dans cet original recueil, alternent les poèmes de Lesieur et les dessins de FLAM .On y suit les aventures et les mésaventures d'une peluche singulière à travers ses pérégrinations dans un sac de femme, ses découvertes et ses révélations, ses surprises et ses déceptions. Ne ressemblant à aucun autre animal connu, Zébane Fanfreluche se sent toujours à l'écart, comme celui qui n'a pas d'image et qui ne rencontre jamais son double. Il se sent aussi la victime du temps, des projets et des souvenirs. « En parlant du passé en forme d'avenir aujourd'hui ». Sous une apparente légèreté de ton et d'allure, Lesieur parvient à communiquer au lecteur une réelle émotion liée aux situations vécues par cette malheureuse peluche. On y devine une transposition de faits vécus, de rencontres avortées, de moments douloureux. : « Son credo était de survivre / Le plus longtemps possible / Dans le sac de la dame / Qui l'avait adopté ».

                                                                                         Georges CATHALO

 

 

 

Jean-Pierre LESIEUR - ZEBANE FANFRELUCHE - Editions de l'Atlantique

Au XVIII ème siècle le poète-humoriste Louis GRESSET publiait « VER-VERT » l'histoire poétique et cocasse d'un perroquet qui renvoyait à l’humain. Même procédé pour Jean-Pierre LESIEUR créant la peluche « Zébane Fanfreluche », S.D.F. de sac de femme et miroir de poche de l'animal social qu'est le poète, engoncé dans son handicap de solitaire de compagnie. .Ainsi le recueil se déroule sur le mode : « Je te renvoie, lecteur, mon affectivité à fleur de peine et mon innocence contrariée »...Ce Zébane, c'est aussi, peut-être, le Stroumf de Boris Vian, le souffre-plaisir de Jean de la lune, le Poil de carotte du vibro-rêveur, ou le Petit Prince de la peluche...Tout y passe avec Lesieur, puisqu'utilisant, dans sa forme versifiée, le procédé du Candide, il nous parle en direct, nous confie les espoirs et les déboires de son héros:

« Quand vous passez la plus belle partie

De votre temps dans un sac
II faut aller à l'école des bagages
Pour apprendre les gestes de survie
Qui sauvent le sel de vos journées..... »

Le long de monologues dialogues - et ce n'est pas la moins originale invention de l'auteur- le lecteur ne s'ennuie pas.et passe par tous les ingrédients psycho-sociaux, exacerbés par la sensibilité du poète: tendresse, amour, jalousie, angoisse, amertume, érotisme, dérision, satire, nostalgie, métaphysique, mort et résurrection...En un mot toute une expérience d'existence dont le mystère n'est surtout pas dévoilé :

« Zébane crut qu'on l'avait déposé

A l'assistance publique des peluches

Parce qu'on ne l'aimait plus.

La dame au sac avait passé un difficile moment

Comme toute vie en comporte assurément

C'est compliqué d'exister parfois avec un cœur

Tiraillé entre la vie de tous les quotidiens

Et la rêverie des jours anciens qu'on voudrait bien

Ne pas quitter comme un vieux sous vêtement. »


 Claude ALBAREDE


 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents

Pages