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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 15:18

Jean-Pierre LESIEUR : L'ANIMAL POÉTIQUE et ses MUNITIONS- Gros Textes éditeur- Fontfourane  9€

 

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A l'heure où des livres et des articles de presse s'interrogent, une fois de plus, sur le sens du mot Poésie et sa définition, et cela pour conclure par cette banalité qu'il n'y a pas de définition absolue, et que chaque poète a la sienne -combien de vaines paroles économiserait-on si, une bonne fois pour toutes, on admettait qu'il n'y a pas de la poésie, mais des poésies, une spécifique par poète- et qu'au lieu de s'interroger sur le concept, il vaudrait mieux le faire sur le concepteur, sa condition, sa situation, ses rapports au monde et à lui-même ... C'est ce que fait Jean-Pierre LESIEUR dans  la nouvelle mouture de l'Animal Poétique et ses munitions, l’ouvrage ayant déjà vu le jour en 1998.Il s'agit donc d'une 2ème édition remaniée avec des illustrations d'YVEL.

Sur le ton de la langue qui n'est pas de bois -et là aussi déjà la poésie se montre-Jean-Pierre LESIEUR travaille à l'acide et grave ses poèmes comme des eaux fortes, où les divers aspects de la condition du Poète sont dénoncés par le bouillonnement des mots et le ton de l'ironie, tel ce long texte sur «le poète d'aujourd'hui », où le refrain, lancinant, se répercute de verset en verset pour conclure:

« Le poète d'aujourd'hui sait que le désert avance sur cette planète et sait qu'il est mieux préparé que les autres depuis qu'il y prêche»

C'est d'ailleurs le propre de cet ensemble: de nombreux textes y prennent la forme de versets aux reprises lancinantes, comme si le poète voulait rendre tangible cette obsession qui le hante. Il y a « les outils du poète, la pitance du poète, le poète de demain, les commandements du poète, les amis du poète, les cicatrices du poète ... », textes à travers lesquels se dessinent en creux les douleurs intimes, les doutes et les rages du poète LESIEUR lui-même qui, ne l'oublions pas, c’est déjà défini en tant que tel dans ses précédents recueils et en particulier dans  l'O.S. des Lettres paru en 2005 du Mangeur de Lune paru en 2006:

« Les cicatrices du poète laissent des traces de vent sur toutes les pages blanches qui volent dans les automnes ...

.... Les cicatrices du poète font comme un passeport qu'il présente

aux frontières de ceux qui voudront l'empêcher de mourir ... »

Parallèlement à cette évocation psychosociale, Jean-Pierre LESIEUR, dans son recueil, met l'accent sur la matière même de la poésie : le langage, ou son envers, l’acte d'écrire, l’inspiration, l'impuissance, la page blanche et son crayon, le mot, le poème ...

 

« La poésie qu'est-ce?

... Est-ce frapper à la porte du diable avec la clé du paradis? Est-ce jongler avec des lettres qui pèsent plusieurs tonnes?

Est-ce inventer un mot chaque fois que le temps presse?

Est-ce ton rire dans un sac à malices?

Est-ce toi un soir de larmes? .... »

 

Nous avons là un recueil de poèmes personnels, mais aussi un témoignage fondamental sur ce qui fait qu'aujourd'hui il existe des poètes qui écrivent leur poésie, et que ce sont, peut-être, encore des vivants parmi les morts, car, ne l'oublions pas, «les munitions »du Poète ne sont pas celles qui tuent, mais celles qui font vivre mieux.

 

----------------- Claude Albarède

 


 

 

Bravo Jean-Pierre pour cette exploration du poète en long et en large de ton « animal poétique », tu es lucide, bien sûr.

José Millas-Martin

 

 

Le 4 Novembre 2008.

 

Mon cher Confrère °

 

Il n'est pas coutume; quand on achète un livre, d'en remercier l'auteur. Si on l'achète, c'est parce qu'on aime l'auteur, on n'a pas besoin de le lui redire.

Mais, si je le fais ici, c'est pour t'avouer que j'en ai pour mon argent.. Je m'y sens fraternel car je suis proche de tout ce que tu y défends. Cela ne veut pas dire que tu penses comme tout le monde, tu penses pour quelques révoltés comme toi et il n'y en a guère. En petit Gavroche, tu montes sur les barricades en drôle d'animal avec tes munitions. On sait que l'on gueule pour des prunes mais ça fait grand bien de gueuler. Continue…

°Tous les cons sont mes frères…

Jean L’Anselme

 

 


 

 

 

Dans un recueil plein' d'humour, Jean-Pierre Lesieur évoque la condition du poète

 

La poésie au bord du lac

 

.Jean Pierre Lesieur vit depuis des années au bord du lac d'Hossegor. Dans son garage 'à poèmes, il cisèle inlassablement de petits bijoux poétiques, jouant avec les mots à la Prévert ou à la Devos et observe ses amis qui « courent chaque matin autour du lac marin qui monte et redescend comme un ascenseur sirène ». Les images naissent presque logiquement, ainsi ce crayon « avec 30 cm de mauvaise mine », par~ fois assez obscurément - « l'animal poétique chante en gaélique les ariettes du monde» -, à la manière de ces jazzmen qui quittent la mélodie convenue pour se lancer dans une improvisation audacieuse.

 

Dans ce recueil réédité (<< L'Animal poétique et ses munitions ») il analyse longuement, avec lucidité et tendresse, la condition du poète dans le monde d'aujourd'hui: « Le poète demain sera du monde entier et pas de mon dentier car iI n'aura plus les dents nécessaires pour faire peur. »

Miettes de bonheur.

Qu'est le poète, d'hier, d'aujourd'hui, de demain? Jean-Pierre Lesieur ne cache pas que c'est un être singulier, souvent seul. mais qui surfe sur le quotidien, avec effroi ou jubilation selon le cas, qui n'attend ni richesse ni reconnaissance de ses contemporains, qui ne se console de ses déboires que par une maîtrise de plus en plus complète de la langue, ce qui lui assure des munitions pour compenser ses déboires et grappiller quelques miettes de bonheur.

On peut se procurer le recueil en cherchant sur le web « comme en poésie» et ce livre, dans lequel de petites pièces poétiques se sont glissées entre les pages de réflexion sur la condition du poète, livre quelques secrets du bonheur.

 

Jean-Marie Duten (sud ouest)

 

 

POURQUOI DES POETES

 réactions de Jean-Paul Gavard-Perret 

 

"J'écris par hygiène"  (J-P Lesieur)

 

 

 Le commentaire trop souvent dément le texte. Mais il arrive que le texte soit son propre commentaire, sa fabrique. Peu importe le dehors, l'attirance ou non  pour la nuit et les "nocturnes" : ciel virant du rose au bleu, sur un jardin poudré de la première neige qui évoque le duvet et la douceur, et dont le froid brûle et mord. Couleurs, mouvance des nuages, tout un tableau surgit mais la poésie n'est pas là. Elle est la "destruction d'un mur devant soit" dit Lesieur et peu importe les images collées sur ce mur. La poésie est non seulement graffiti des graffiti elle est pioche : "Ecrire avec une pioche", non pour détruire mais pour remplacer. Depuis qu'il a découvert l'imprimerie Lesieur sait que la poésie est aussi un objet incarné.

 

La poésie est un machinage. Cela ressemble à l'amas de fils restant des  ouvrages précédents que l'auteur reprend parce qu'ils contiennent toujours des départs quoiqu'emmêlés à un corpus ancien. Lesieur retire ces fils  sans que ça se noue ou se coince. Il est  un fil, puis l'autre : il laisse les pensées l'envahir, jamais l'inverse, il y a comme une musique des mots qui se joue, parfois lente et parfois précipitée, en flot ou en gouttes; c'est pourquoi il a toujours un carnet près de lui car il ressent l'envie de noter une phrase, un bout de texte. Il n'exploite d'ailleurs que très rarement ces fragments. Mais il a besoin de poser ces petits cailloux. C'est là qu'en fait et dans la maturation tout se joue. C'est là que Lesieur peut répondre par l'affirmative à sa question : "suis-je un poète". Le poète est celui qui doute.

 

 

JPGP

 

 

Jean-Pierre Lesieur, L'Animal Poétique et ses Munitions, Gros Textes, Fontfourane, 98 p. 9 E.

 

 

 

« Toujours chantera Diérèse en super-teinte comme un pavé lancé dans la vitrine terne des cultures au rabais ». Voici un hommage rare pour une revue tant les poètes en sont avares. Ceux qui devraient faire de la dépense leur principe premier ressemblent souvent à des gagne-petit. Certes leurs travaux poétiques ne les rendra pas riches mais on oserait espérer qu’un monde dégagé de l’appât du gain ne soit pas un si petit monde.

 

Pour ma part je me suis fait une raison : je ne fréquente pas les poètes. Je ne fréquente d’ailleurs pas grand monde. Je préfère la solitude qui me permet de lire les poètes qui m’intéressent. Lesieur en fait partie. Parce qu’en dépit de l’âge qui vient il fait de sa poésie une présence. Son langage parle le terrain de l’être comme ses souterrains sans agencement moral sans non plus une quelconque obscénité.

 

On ne parlera pas pour autant d’innocence. On préfèrera évoquer son œuvre sous l'aspexct d'une suite d’émergences même si celui qu’il nomme l’animal poétique « creuse des galeries qui descendent dans la terre pour retrouver les vers qui lui échappent toujours ». Il doit aussi recharger les accus des vieilles métaphores jetées aux décharges publiques. Car pour trouver du neuf il n’est pas forcément besoin d’inventer du nouveau.

 

 

 Il est pour Lesieur rien de neuf sous le soleil ou sous la lune . mais des cimetières où tant de textes sont ensevelis il faut être l'exhu-mateur  pour trouver des trésors à faire briller dans un travail de reprise. Ses « amis » lui en sont-ils reconnaissants ? Si on en croit le poète (cf. p. 58-60 de son livre) oui. Alors partageons son optimisme et partageons avec lui un table dans « un bouiboui ringard qui sent le thym et la sauge en rut ». Ne demandons à la poésie rien de plus c’est déjà beaucoup pour ceux qui « s’emmerdent en toute innocence », nos semblables, nos frères, nous - souvent.

 

 

 

 

GRIMOIRE DU SENS

 

 

Jean-Pierre Lesieur, L'Animal Poétique et ses Munitions, Gros Textes, Fontfourane, 98 p. 9 E.

 

 

Jean-Pierre Lesieur est  un hétérodoxe athée. S’il convoque des déités ce sont uniquement des  déités terrestres (amis, enfants). La vertu « théologale » de son œuvre tient à cette « question de détail » : la poésie ne fait jamais tourner sur ses gonds une pensée sanctifiante. Elle est fabrique d’hérésie et combat « pour ceux qui s’emmerdent en toute innocence ». Le poète livre avec l’ « Animal » son testament revue et corrigé où si l’on veut le portrait de l’écrivain par-lui même (ce qui est différent de l’autoportrait).

 

Né dans la convergence de son histoire et du sans nom, son livre convoque non seulement l’auteur lui-même mais bien d’autres aussi. Dans son cercle des poètes disparus il y a, comme chef, J-L Parant qui a « perdu la boule », mais pas seulement. Il y a les poètes « rectifieurs, ajusteurs,fraiseurs, tourneurs » (mais rarement derviches) et tous ceux qui aiment à faire des « cercles » parfois vicieux. Lesieur préfère d’ailleurs la boulette en 3 D. que ce type de géométrie plane. Ses figures tutélaires sont  celles qui se confrontent à la trace brûlante de l'écriture. Car le poète se méfie de ceux qui font de l’écriture   une statuaire religieuse et qui à la table de banquet  préfèrent  l'autel. La cas échéant : qu’au moins ce dernier soit « de passe » comme tendrait à le faire penser ce livre iconoclaste.

 

 Lesieur n'est pas tombé tout nu dans les fonds baptismaux - ou du moins, si c'est le cas, il n'en est pas sorti comme les mères vénérées le souhaitent à chacun de leurs fils. C'est un vénéneux (l’inverse d’un venimeux)  mais qui  pardonne aux dieux parce qu’ils ont été inventé par les hommes (et ce n’est pas là  le moindre de leurs péchés). Le poète refuse à son art toute  prêtrise. Et s’il est défroqué c’est au sens premier du terme. Il n’a pas besoin de blasphémer (sinon de manière très subtile) ni de caresser la gaudriole (idem). L'orgueil de l'auteur n'est pas pour autant de déboulonner le sacré mais de donner à l’être une assise plus solide et plus authentique ici-même, ici bas sans faire des « ronds de jambe » en écrivant comme « marchent de vieux cow-boy jamais descendus de cheval depuis le crétacé ». Lesieur fait aussi abstraction de certaines frontières qui sous prétexte de permettre aux hommes et à leur raison d' avancer  les entraînent dans de belles reculades  au sein  d'un bric-à-brac rhétorique digne de tenanciers d'échoppe.

 

 Comme Delteil ou Savary, le poète nous remet devant les faits séculiers face à  tout ce qui se pique d'ésotérisme. C'est déjà le bon moyen de montrer les tyrannies perverses  de croyances poétiques qui tiennent lieu d'officine et d'office. Ecrire reste pour lui une fabrique. Elle n’exclut pas une forme de rationalité. Au chiffrage initiatique il préfère une pensée qui se fend car la raison précède  la magie  et dépasse la religion dans la logique. Si elle transcende le bas ce n’est pas pour l’envoyer vers d’improbables cieux.. Lesieur ne cherche ni à prouver ni à démontrer (ce qui ferait la part trop belle à tout les penseurs ou branleurs de concepts et de "mystères"). Il sait que trop d’esprits poétiques ne forgent  qu'une métaphysique de vaisselle dont ils n'astiquent que les cuivres. En effet les réelles chimie et alchimie répondent à d'autres critères. Le premier  est de transformer l'or en pierre afin de bouleverser tous les systèmes de sécularisation métaphysique. Et à sa façon l'auteur rappelle combien -  même si sa perspective n'est pas pascalienne - qui veut faire l'ange fait la bête.

 

 Sa poésie ne  revient non à créer pour détruire mais détruire pour créer.  Son livre (revu et corrigé) représente l'apologie par excellence non de la poésie mais, par delà, de son essence même et de sa MATIERE à dire, fruit tangible de l’expérience de la chair et de son souffle carné afin (comme chez Bury ou Scutenaire) d'ouvrir le monde à une autre densité. Par delà l'expérience génitrice de ce livre somme, Lesieur montre comment la poésie est Initiation terrestre face aux ignominiques faux-semblants qui maculent par dégradation le vrai sens du réel. Le poète n'ignore pas la féminine engeance de l’écriture. Elle devient la lame de fond et du fond de l'âme capable de fendre le poète  du sommet de ventre jusqu'à la base de la cervelle.  Elle est capable de transformer le monde de son étincelle aussi mystique que corporelle. C'est pourquoi ce livre comme tous ceux de l'auteur nous laisse un  goût de sel. Et s’il fut un temps où les stylistes, ces anachorètes ayant fait voeu de passer leur vie et méditer au sommet d'une colonne, semblaient semer les paroles arrivées du ciel mais pour n'ensemencer qu'un désert, à notre époque où nous ne sommes plus que les hommes-troncs de statures normales de plus en plus enfoncés dans la déglutition de l'homme par l'homme, le courant d'air ne peut venir que du soupirail que Lesieur ouvre.

 

Pour lui, écrire n’est pas saisir, encore moins posséder le monde ou le maîtriser. Ce n’est pas pour autant que l’écriture appartient à un art pauvre. Ou alors il faut entendre dans l’adjectif « pauvre  » une conscience aiguë que l’écriture travaille avec des traces. Son objet est une empreinte qui n’essaye pas de représenter le monde sous forme de vestige mais de le re-présenter à un état naissant. La lecture de l’Animal est productrice d’une connaissance aussi intime que distanciée par rapport aux définitions habituelles de la poésie. Lesieur  crée une étonnante force d’imprégnation et de déstabilisation des images.  Sa poésie devient peau, peau limite, poche, diversion, immersion, immixtion, capables de donner au monde de nouveaux tatouages. Grâce à lui nous dévorons le jour qui nous dévore et nous crache de l’autre côté du monde. Preuve qu’il y a bien une limite, une peau qu’il faut franchir. En lisant un tel livre il faut penser  les images qui en surgissent non en terme de développement photographique mais de développement algébrique qui met au jour dans une série d’équations nouvelles les différents termes qu’elle renferme ou encore en développement  géométrique qui permet de visualiser des surfaces et des rapports inconnu de la réalité et de son opacité sous l’effet d’un rire qui vient tout ébranler.

 

JPGP.

 

et de  Jean Louis Bernard

 

Merci infiniment pour votre "animal"! C'est un véritable tour de forc que vous avez réussi là! Cet humour moitié gouailleur moitié surréaliste que vous mettez au service d'une remarquable éloquence ( la plupart de vos poèmes, surtout ceux ne leitmotiv, sont à lire à haute voix). Tel le Preneur de rats de hamel, votre flûte poétique attire les mots, qui se pressent nombreux derriière vous, mais vous ne les noyez pas, au contraire, vous leur faites sillonner le fleuve de la vie en incantations jamais grandiloquentes et faussement malicieurs. Bravo pour cette leçon de vie qui ne se prend pas au sérieux et qui, de ce fait justement, remet quelques idées en place.


 

Jean-Pierre Lesieur : L'ANIMAL POÉTIQUE ET SES MUNITIONS (Gros textes)

 

C'est une réédition. Première publication en 1998. Mais de fait, ce n'est pas une réédition, puisque la première faisait 25 pages, et la seconde environ 90, avec pas toujours les mêmes textes ... bref, comme l'écrit Jean-Pierre Lesieur, elle est «remaniée, diminuée et augmentée », et au bout du compte, il reste le titre, quand même ... Donc, si on a du mal à comparer ce qui n'est pas vraiment comparable, on s'aperçoit que la plupart des nouveaux textes, même s'ils datent peut-être de la décennie précédente, sont assez différents de ceux qui demeurent. D'un côté de «vieux» textes relativement courts, moins d'une page souvent, et de l'autre, côté innovations, des poèmes de plus longue haleine, deux, trois ou quatre pages, à la structure anaphorique, souvent titre en même temps, composés de fait de versets, avec effet spirale garanti, et charme envoûtant de la répétition hypnotique. On y retrouve une certaine gouaille à la Prévert, mâtinée de subtilités discrètes et de ponctuations lyriques. Je m'interrogeais sur l'insistance des titres où le mot «poète(s) » ressort: Non les poètes, Les outils du poète, La pitance du poète, Le poète demain, Les amis du poète, Les poètes sans rien, Les enfants du poète, La mort du poète, Les cicatrices du poète, Le sang du poète ... A force de vouloir traiter le poète en « animal poétique », avec un côté réducteur ou pathétique, à force de vouloir lui conférer à tout crin une certaine humilité, n'arrive-t-on pas finalement et paradoxalement à le sacraliser, et parvenir à l'inverse du but recherché? Je pose la question.

 

9 €. Fontfourane. 05380 Châteauroux-les-Alpes.

 

 

Jacques MORIN in revue Décharge



et de Jean CHATARD 

 

L'ANIMAL POETIQUE ET SES MUNITIONS Jean-Pierre Lesieur

(Gros Textes) 96 pages - 9 €-

Bien que publié une première fois aux mêmes éditions « Gros Textes », «L'animal poétique et ses munitions» n'est pas à proprement parler une réédition tant Jean-Pierre Lesieur a opéré de transformations plus ou moins radicales dans le texte original. On peut donc considérer cet ouvrage comme un nouveau venu dans notre petit monde de la poésie.

Jean-Pierre Lesieur à qui l'on doit la création tout à fait personnelle des revues « Le pilon» et «Comme en poésie », deux trimestriels originaux, fut, ne l'oublions pas, à l'origine du numéro spécial du «Puits de l'ermite» consacré à l'école. Il est également l'auteur de plus de quinze plaquette;dont certaines furent fabriquées pars~~-soins- dans son apparterrnmt même. C'est diucombien se justifie le titre de l'un de ses premiers ouvrages: « L'O.S. des Lettres ».

Avec «L'animal poétique et ses munitions », Jean-Pierre Lesieur convoque les poètes et leur distribue les tâches que chacun mérite. Tous les cas de figure sont envisagés (du moins envisageables) et c'est un festival sur la « Poésie d'aujourd'hui », sur « La mort du poète », sur « Les enfants du poète », sur les « Cicatrices du poète, « Le sang du poète ».

«Les cicatrices du poète dansent dans les yeux bourreaux qui les bichonnent sans mettre sur leurs plaies de baume cicatrisant»

Pas moins de 3 textes sont consacrés à « l'impuissance ». Est-ce à dire que les poètes ? ... En bon revuiste qu'il est, Jean-Pierre Lesieur termine son livre par une pleine page sur le «Critique de poésie », un certain J.C. à qui il dédie ce poème.

Jean Chatard


 et de  Georges CATHALO

 

Jean-Pierre LESIEUR : L'animal poétique et ses munitions (Gros Textes éd., 2008), 100 pages, 9 euros - Fontfourane - 05380 Châteauroux-les-Alpes.

Depuis plusieurs décennies, Jean-Pierre Lesieur mène un combat poétique en solitaire sans jamais se décourager et sans céder aux chants des sirènes des modes successives. Il tient solidement le cap un peu à la manière d'un capitaine à la barre de son navire. « J'écris par hygiène » confesse-t-il mais aussi pour nouer des liens fraternels comme le rappelle le poème « Ali-poète et les quarante valeurs ». Ce livre lui sert à faire le point : il y est question de poètes et d'éditeurs, de muses et de musettes, de plaques et de plaquettes...Même s'il ne se fait guère d'illusions sur sa mission poétique et s'il « taille son crayon de traitement de texte », il conserve cette lucidité qui manque à beaucoup : « Donc je suis le poète non poète qui écrit comme un poète et qui vit comme un honnête homme peut-être » ou comme un « grand jeune homme qui n'en finit pas de ne pas vouloir vieillir ». Lesieur a rassemblé ici des poèmes incantatoires et d'amples apostrophes lyriques. Et si. parfois, la mélancolie ou le sentiment de finitude gagnent du terrain (lire les poèmes Un mot, Les cicatrices du poète, Les faux poèmes,...) il se rebelle et se redresse aussitôt : « Non, les poètes ne marchent pas dans les rails des suiveurs » ; on pourrait même ajouter qu'ils précèdent, que c'est heureux qu'il en soit ainsi et que ce n'est pas fini.


et de Robert Momeux dans une correspondance

J’ai lu et relu avec grand intérêt cet Animal poétique et ses munitions. C’est un chef-d’œuvre d’Humour (parfois noir). Mais ce n’est pas que cela. On y découvre un recensement, presque systématique, de tous les maux actuels, un inventaire scrupuleux de tous les motifs trouvés, par ses si nombreux ennemis, pour dénigrer la Poésie.

Je te félicite grandement pour ce livre ?

Robert Momeux, (correspondance

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