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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 11:11

ESSAI DE NON PHILOSOPHIE POUR INADPATÉ À LA CONSOMMATION NORMALE

 « suis-je, ou ne suis-je pas », le vieux dilemme un consommateur? somatique m'en vôtre pour vous servir et me servir, bien de préférence, consommateur modèle.
             Si l'on décompose, le con sommateur est une race en voie de pullulement intensif  qui abonde particulièrement sur la côte de Somalie. Ce qui est faux car il est de notoriété publique qu'en dehors d'un certains négus, les autres la sautent sauvagement. (Des ethnologues très sérieux, défendent malgré toute une hypothèse : en étudiant les grands courants de migration imbriqués dans les courants marins, ils auraient pu entraîner à la dérive un radeau de Somaliens vers nos côtes occidentales, transformant ses occupants en consommateurs ayant perdu la boussole).
                Ainsi naquit le consommateur qu'on rencontre dans les villes l'oeil aux aguets partiellement rivés sur la ligne orange et néon des supermarchés à succursales multiples qui se super multiplient.
Mais attention ! Il ne faut pas confondre le consommateur et le con vulgaire (connus vulgarus) et sa connasse vulgaris, la femelle qu'on peut appréhender à mains exemplaires dans n'importe quelle boutique particulièrement à la mode dite aussi shop où se brocarde n'importe quoi.
La tenue vestimentaire du sommateur, se différencie de celle du vulgaire, par le port ostentatoire d'une musette ou d'un sac à dos de grande capacité. Au niveau du pectoral gauche, un renflement proéminent doit faire apparaître la forme indélébile d'un portefeuille bien garni. Le vulgaire se contentant d'une bosse porte-monnaie sur la fesse gauche, nettement plus réduite.
              Un autre moyen infaillible de reconnaître le sommateur est le borborygme qu'il ne cesse de psalmodier  : "j'fais un chèque! j'fais un chèque" et si vous parvenez à en faire le tour, une  tache rectangulaire patronymée "carte bleue" doit être fixée sur son revers. Une pratique courante du sommateur consiste à scruter attentivement  les calicots et enseignes qu'il est loisibles de dévisager au long des artères passantes. Trois seulement retiennent son attention : Soldes, liquidation, changement de direction. A leur vue il s'arrête comme un chien courant ayant flairé une palombe sur l'autoroute A10. Jette un regard hexagonal pour être certain de ne pas être filé par un con génère (con génitus une race qui est toujours en train de mettre ses appareils de reproduction dans la boutique des autres) et quand il est certain de son incognito intégral se précipite dans le piège. Car piège il y a. Il en ressort toujours... avec un pull, trois paires de chaussettes et un soutien-gorge dont il n'a que faire, n'étant ni hermaphrodite, ni en puissance de le devenir. Il n'achète pas, il gaspille, il gadgette, il galope à pleines pattes sur le premier brimborion venu, il gâtouille généreusement avec des riens multicolores qui ne lui servent à rien, il dévalise. Ensuite, il entasse le total dans une vieille malle inutilisée, pour laisser quelques vestiges de son activisme  de luxe superflu à sa descendance.

              C'est pour lui, et pour lui seul, que furent crées, les "sex-shop". Les autres races de Cons se débrouillent fort bien avec un peu d'imagination créatrice, des arguments naturels  et une bonne dose d'optimisme, pour profiter, quand même, des rares moments de plaisir que la vie peut offrir. Lui pas. Il panoplise régulièrement une grande quantité de bidules destinés à ne pas lui faire oublier que même dans un lit il consomme.

              S'il est très riche, sa femelle peut toujours faire appel au con génitus, beaucoup mieux armé que lui pour ce genre d'exploit. Un principe les services de ce dernier (ou de cette dernière) doivent toujours être rétribués mais il y a des exceptions qu'entre eux ils appellent : adultères. On ne paye pas, mais il est de bon ton de se faire des petits cadeaux.
               Le sommateur  lit parfois : « l'art de piper les dés » « la bourse en 15 leçons » « les guides bleus, blancs, rouges » «le Gault et Millau » « le Michelin » «le Pudlo » enfin tout ou presque notre patrimoine littéraire de grande consommation. Il a une prédilection pour les bouquins qui se lisent vite , s'avalent, permettent tête des performances (trois livres par nuit insomniaque), n'encombrent pas ses sièges cervicaux et ne menacent en rien sa riche nature de dévoreur.
             Pour le lecteur qui aura pris la peine de lire notre titre, il paraîtrait évident que la philosophie énoncée dans les lignes précédentes et comparée au spinozisme, au marxisme, au kantisme, à l'existentialisme et à toutes les autres, ne semble à courte vue pas très sérieuse. Pas de principes éternels et transcendants, pas de vocabulaire incompréhensible. Du constat, du vécu ou presque. Les grandes orientations s'en dégageront  plus tard sous la poussée et fiévreuse des exégèses.
La transformation de l'inadapté en con sommateur, se fait souvent sans que l'on n'y prenne garde, sous l'influence d'une osmose rampante, sournoise et dangereuse.
              Méfie-toi, lecteur, regarde, autour de toi, en toi... N'es-tu pas déjà en puissance de la première syllabe... Sois sincère. Prends garde !

EXTRAIT DE MANUEL DE SURVIE POUR UN ADULTE INADAPTÉ éditions Gros textes

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