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11 mars 2005 5 11 /03 /mars /2005 00:00

ILS

Ils ont saisi à mains pleines les bras d'algues du soleil

Ils ont multiplié sans rire la table des tentacules

Ils ont accouplé les lèvres des astres, les seins de la lune

les protubérances capiteuses des fleuves et de la mer

Ils ont piqué des télescopes longs sur l'orbe de la sphère

pour espionner les testicules du ciel d'orage

quand il distribue ses rations de fessées lumineuses.

Ils ont broyé la mescaline dans des nasses d'étain

pour apprendre la jouissance du rêve inachevé

et la drogue a piégé leurs yeux de maîtres-fous

Ils ont creusé dans l'amour des tranchées sans refuge

pour assouvir des soifs qu'ils n'osaient pas nommer

dans l'herbe filiforme des prairies magnétiques.

Ils ont brandi le rythme dans leurs tripes de vingt ans

pour mieux dissimuler des estomacs sans cris.

Ils ont bu sans vomir le sang encore tiède

dans les rigoles creuses des conférences sans paix.

Ils ont inventé des marchands de sommeil

pour rendre à l'oasis sa crispation de sable.

Ils ont peuplé de monstres la friche claire des champs

où l'attelage ancien tintait ses lents grelots

et ils ont rayé de la messe l'âme des fêtes du grain

où les perles de pluie bousculaient la semence.

Ils ont coupé les bras des amphytrions passés ceux qui savaient les lois d'un âtre hospitalier.

Ils ont légalisé des mariages incestueux

corps et âme, guerre et paix, amour de la haine.

Ils ont tué

un enfant aux yeux bleus

qui jouait du fifre dans la scabieuse de mes veines.

 

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Jean-Pierre lesieur - dans poésie
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