revue trimestrielle de poésie
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Cher Jean-Pierre,
Je tiens à citer deux poètes dans ce débat –ils ne cautionnent pas mon idée du non-Grenelle de la poésie, je ne sais même pas ce qu’ils en pensent mais en tout cas , je détourne leurs propos pour apporter de l’eau à mon moulin… Chaque citation est tirée du Décharge 136 :
Voilà, de Jean-Michel Bongiraud :
"Une société qui assurerait à la poésie sa place, toute sa place, ne pourrait être une société de consommation."
Et de Jean-Louis Jacquier-Roux , quelques éléments subtilisés dans les Ruminations de Claude Vercey:
".../... un mode de diffusion relativement clandestin, une sorte de résistance-réticence au discours officiel "
Oui, je crois que la poésie est une façon de résister et ce qui me dérange dans ce Grenelle, c’est le côté "demande officielle" de résister.
Si je prends mon nombril, je suis venu à la poésie parce que j’en ai ressenti le besoin, parce que je respire mieux à ses côtés ; Si j’avais reçu un catalogue chez moi, des publicités, des musiques douces pour aller passer mes vacances avec elle, sûr que j’aurais tout bazardé !
La survie de la poésie ne dépend pas d’un budget, elle réclame le cœur des hommes, elle vivra tant qu’elle coulera dans leur sang, et surtout, sa santé ne reflète pas sa propre vigueur, si on pense qu’elle meure c’est tout simplement que l’humanité agonise : d’ailleurs, est-ce un hasard si la poésie a repris du poil de la bête quand il s’agissait de lutter contre la bête immonde ? Non, la poésie reprend des forces quand les hommes s’opposent à la barbarie, toute forme de barbarie, et celle de l’argent roi en fait partie.
Mais lorsque les hommes se mettent à tout accepter, se coulent dans le sens du courant, admettent les principes de la botte, prennent les slogans du showbiz pour des pensées profondes, confondent les animateurs télé et les journalistes (chômeurs ceux-là) , la république et la bourse, forcément la poésie est en danger…Mais que dire des hommes alors ?
Donc, voici une proposition pour sauver la poésie :
Résistons à lui appliquer les formules budgétaires ! Et on s’en sort sans sponsor, les pieds
devant !
amicalement
Fabrice
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