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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 14:56

Le Pilon est une revue de poésie que j'ai publiée de 1976 à 1983 soit 28 numéros entièrement confectionnés de mes blanches mains avec une ronéo et des casses de caractères. Vous trouverez sur ce blog toutes les parutions et tout ce qui fut écrit à cette époque pour servir à qui de droit et à la postérité
Voici le numéro 1.


 pilon-1.jpg

POURQUOI

 

LE PILON est une revue orientée, partiale, poétique qui prend parti selon ses humeurs, caprices, phobies, vapeurs lubies, rhumatismes, crises de foie et de papier, intérêts, idées idéologiques, idéaux. Il  est composé et tiré â la main par Jean Pierre LESIEUR sur une presse à épreuves installée dans un coin de son F.4 logéco. C'est l'ultime solution laissée au POETE pour s'affranchir des magouilles, clans, groupes de pression, gueuses du fric et autres chapelles coopérativantes Tous ceux qui veulent l'aider d'une manière ou d'une autre sont les bienvenus mais qu'ils n'attendent rien en retour LE PILON ne sera pas soudoyable. Une large place sera faite à l'HUMOUR car dans la vaste rigolade dérisoire que devient notre civilisation il est temps d'exhiber le POETRIEUR - premier terme pilonesque - des gens de bon aloi qui ne savent plus à quelle loi se vouer pour survivre en POETE.

Le PILON est enfin la juste fin d'un commencement.

 Page 1

 Claude HELD 

Nous pourrions marcher 
maintenant comme 
par une sorte d'oubli 
de soi jusqu'à 
la mort avec 
son fard ses faux 
cils ses bas noirs sinon 
nul besoin d'océan 
disaient - ils à 
quoi bon l'océan ? 
Nous avons divisé 
l'eau en 
autant de 
parties distinctes et 
chaque partie de l'eau fut 
dite sauvage et 
chaque partie sauvage fut 
donnée à comprendre nous 
avons creusé 
l'écorce et la feuille aujourd'hui.

 Page 2

 Jean Claude LEGROS.

Jean ZIMMERMAN.                                                                     28 / 9 / 75

 

" y a des mots mille mots des milliers

              de MOTS

Je ne veux plus de ces mots là! 
Que Vont me dire les mots? 
Alors que je cherche tout simplement

              Ce que je SUIS
             Ce que je PENSE 
             Ce que je SENS

 Alors que je cherche avec angoisse 
MA VÉRITÉ 
POURQUOI TANT ME CHERCHER 
SUIS-JE VRAIMENT PERDU ?

Page 9  
Tahar DJAOUT. TERRASSE. SÉNAC toujours présent.


OH-OKA. Poète japonais né en 1931 traduit par André VALDARCY

 

JE VIS (IKIRU)

 

Savent-ils les hommes 
qu'il y a plusieurs couches dans l'eau? 
Les poissons rouges nagent au fond 
Et les algues dorées flottent à la  surface 
Tout est baigné d'une lumière variée 
qui donne de la couleur 
qui projette des ombres. 
Sur les pavés je ramasse des perles. 
Je vis dans la forêt des fantômes 
Au-dessus des notes de musique 
dénouées du fil de mon coeur. 
Je vis parmi les trous dans la neige fondue 
Dans le marais matinal des mousses. 
Je vis  au-dessus de la carte du passé 
et du futur.

 J'ai oublié la couleur de mes yeux d'hier 
Pourtant ce que mes yeux ont vu 
Mes doigts le savent bien 
Ils touchent ce que je regarde 
Comme on caresse la peau des hêtres.

 Ô  je vis au-dessus des sens que le vent éparpille.

 

Page 10

 

 

Cette rouillure en moi 
que ravive le soleil

 

Odeur obsessionnelle 
de la vague 
sur mes yeux

 

Terrasse 
où s'égrène interminablement 
un rire tellurique

 

Rire de fille algérienne 
( Regarde Jean 
comme les soleils fusionnent 
et comme la vague orante 
caresse les étriers )

 

Fêlures - élytres papillons 
sur l'azur acrobate

 

Et épousant la mer 
immense ta barbe de blé

 

Page 11 

 

N'est-ce qu'un jeu ? 
VARIATION SUR COURANT D'AIR.

 

Ai-je l'aire nécessaire 
à la survie vagabonde des aigles?

 Ne catholiquez pas 
Ne protestez pas 
Ayez l'EIRE neutre.

 Retour d'âge à passer 
sans douleur 
vers un quaternaire 
qui n'en finit pas de vieillir.

 Pauvre à découper 
à la hache 
et suivant le pointillé 
pour retrouver les époques précédentes.

 Séparation abusive 
de deux amies très cher 
pour leur donner 
un arrière-goût financé 
de la distance qui les sépare.

 

Page 13

 

 

Jean LE MAUVE.   ÉCOLOGIE SOMMAIRE.

 

« Si des fois tu trouves un nid d'ramiers avec jeun' d'dans, les déniche pas tiôt » dit le vieux, « déniche pas,» 
j
'en connais qui les prennent à peine gros comme mon poing! Même pas plumés! C'est-y pas un malheur! Bande ed cons. Au lieu de laisser faire la nature. 
Moi quand j'en trouve eune paire, j'prends, un bout d'fice1le. J'attache un bout à la patt' ed l'un, l'aut' bout à la patt' ed l'aut', 
L'père et la mère continuent à les gaver sans savoir. Les p'tiots s'arrondissent tout en restant tend's. 
L'jour ed l'envol j'peuvent pas partir. Soit'qu'i s'accrochent à eune branche, Soit'qu'i tombent par terre. 
A point qu'i sont

 C'est là qu'j'les récupère.

 

Page 14

 

  PÈRE LAPIN.

 

Pas de doute, on s'était encore gouré en triant ces bons dieu de lapins. 
Sur les soi-disant trois femelles qu'on avait mises dans la même cage, une avait fait ses petits pendant la nuit et une autre commençait à s'arracher du poil. 
Il allait falloir retirer le mâle, dare-dare. 
Comme je craignais d'effrayer les mères qui abandonnent facilement leurs jeunes dans :ces moments-là, je décidai de les laisser tranquilles jusqu'au soir. 
La nuit tombée. nous voilà dans le clapier ma femme et moi, à ausculter l'entrecuisse de nos lapins avec une pile. 
On trouve le mâle. 
Je le tue. 
Le lendemain dimanche on le mange rôti à la moutarde. 
Un mois après jour pour jour. L'une des femelles refaisait des jeunes.

 

Page 15

 

 

CHRONIQUES

 

LÉGIPILONITE

 

5 PROPOSITIONS A COLLER SOUS LE NEZ DU JUSTICIER QUAND VOUS L'AUREZ RECONNU

 1 -Inventer le même langage pour tous les justiciables. 

2 -Immédiater un pont avec machine à refouler aux 2 entrées pour permettre le passage seul de ceux qui ne se croient pas investis d'une « mission »

 3 -Créer un haut commissariat à la morale atomique afin de promulguer une foi pour toute la déchéance des uniformes en uranium enrichi.

 4 -fendre la foule  d'une étrave super MAC CORMIK comice agricole avec d'un côté la herse-ivraie et de l'autre la grille BONGRAIN micro calibrée.

 5 -Racheter son âme à l'ANGE EXTERMINATEUR devant la porte du supermarché paradisiaque où Saint Pierre est veilleur de nuit.

 

Page 17

 

 


Jean-Pierre LESIEUR / Le Pil'O S.

 Pour une poésie du vécu quotidien.

 Quand ils eurent achevé la charpente 
Pour circonscrire le mauvais vent 
Pour garder le béton de leurs poumons 
Pour minimiser la lèpre des truelles
Pour contracter les vertiges croupis 
des tours de 45 étages en lambeaux de

              BABEL

pour éviter la géné-fluxion poitrinaire

            D'UNE SEULE VOIX

Les bâtisseurs occidentalement vingtième 
siècle 
des ferrocimenteuses cages françaises 
En plâtre français 
En briques françaises 
En poutres françaises 
En ciment LAFARGE

comme un seul coq hurlèrent

            LA PUERTA ! ! !

 

Page 12

 

 

 

L'alcool, dans la petite maison-gorge,  frotte l'épine

incisive, le four-molaire.                                      La nuit

caresse l'alcool.                           La main offre l'alcool                   

à la langue.                           L'estomac souffle l'alcool.

 

DEMAIN, LA TETE

 

Parfois, être retenu par la manche, happé aux dents par d'étincelles d'êtres : traverser le temps avec aux tempes autant de flûtes à bec que l'arc-en-ciel compte de linottes ou de contes; lutter du bout des lèvres : s'y collent le papier, la biture (sûre d'elle, sournoise, la fêlure attend .) 
Nous n'irons plus à la futaie! Les grives n'ont d'yeux pour le cœur froid. S'enclavent les cyprès, les oronges, pendules écrasées. Au fait, 
on donne aux mains des désirs passés.

 

Page 3

 ALBAREDE. 
-----

DÉPART .

 Y a-t-il un autre regard 
Dans la maison des brumes rousses? 

Ici la forêt tremble 
Là-bas le ciel est cassé 
Des éclipses travaillent l'arbre 

Les barques viennent sous la main
Les noyaux embarquent 
On recommence à réussir 
L'ombre du doute 

y a-t-il un autre silence 
Au fard des feuilles refermées? 

Ici la forêt se soulève 
Là-bas le ciel s'arrondit 

Chaque automne est controversé

 NOUS REPARTONS TOUJOURS
POUR LE MËME DÉPART.

 

Page 4

 

  VOIX VIVE                                             à Tristan TZARA

 

L.es pommiers sont en feu autour des meubles 
chauds

              La nuit défend son crim
              On tire dans les murs 

Qui sait parler du sang 
Qui  veut répondre de lui ?
              
               
Il faut se taire
              et les distances tomberont 
              avec les poutres et la forê
              limpidité des murs où se brisent

les ombres 
Il  faut dans le silence 
entrer jusqu'aux vêlées 
vociférantes

 Passent les ordres de ce monde
Allons plus autre
Soyons fiers des foules indues

Que serait le goût de la pomme
Sans le tremblement des anthères ?

 

Page 5

 

 

Didier· Michel BIDARD

 

DEUIL

Rôdeuse, elle s'attarde 
Flâneuse, elle se montre 
Coquette, elle se poudre 
Mourante, elle se lève 

... et la Nuit porte le deuil de la Nuit.

 

SOURCE

 La Nuit prend sa source au

 pied

 de

 la

l 

e

 t

 t

 r

 e

 

Page 7

 

LE TEMPS PASSE COMME L'OMBRE.       Pierre COLIN - J.Jacques DORIO

 

Célèbre, le funambule traversait d'une crête à l'autre cette vallée de larmes, en écrivant des odelettes sur son fil.

 

I1 avait deux passions : son chien Mendelssohn et les concerts de klakson. I1 s'abritait sous sa voix; elle lui servait de parasignes. Jamais elle ne prit le soleil. Elle était blanche comme une église.

 

Quand il fut mort, on fit appel aux terrassiers pour dégager son ombre, ensevelie sous des monticules de livres.

 

Tant et si bien ils piochèrent, qu'atteignant ses œuvres posthumes, ils eurent cette phrase inouïe :

 

« Elle est encore plus grande après sa MORT! »

 

Page 8

 

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