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 le numéro 29 vient de paraître on peut le recevoir à l'adresse de la revue.

SOMMAIRE DU 29

Page 2 : (édito) Jean-Pierre Lesieur
Page3 : Esther Moïsa
Page 4 : Philippe Soriano
 Page 5 : Christine Laurant
Page 6/7 : Mathieu Brosseau
Page 8/9 : Denis Emorine
Page 10/11 : Karel Logist
Page 12 : Michel Reynaud
Pages 13 : Gilles Marie Chenot; Claude Luezor
Page 14 : Patrick Joquel;
Page 15: Bénédicte Lefeuvre
Page 16/17 : Simon Mathieu, Michelle Caussat
Pages 18/19/20/21 : Béatrice Kad
Page 22 : Alain Jégou
Page 23 : Line Szollosi
Page 24/25 : Thomas Vercruysse
Page 26/27: Zébane J.P Lesieur, Flam (dessin)
Page 28/29 : Alexandre L.Amprimoz
Page 30/31/32/33 : Saint-John-Kauss
Page 34 : Coups de coeurs
Page 35 : La pasticherie, Albarède
Page 36/37 : Éric Dubois
Page 38 : Jeanpyer Poëls,
Page 39: Jean-Louis Bernard
Page 40 : Bernard Grasset
Page 41 : Ingo Cesaro
Page 42/43 : Cartes légendées
Page 44 : Jean L’Anselme
Page 45 : Michel L’Hostis
Page 46: Comme dans les recueils
Page 47 : Pot au feu
Page 48 : Simonomis par Lucien Wasselin
Page 49 : Albarède
Page 50/51 : Comme dans les revues
Page 52 : De vous à moi ou de moi z’à vous.

 

LA DIAGONALE DU SEMAINIER / Esther MOÏSA

           C'est jour charbon jour crochu de la bave d'escargot sur l'éclat du violon Jour charognard au pôle râle de la gorge.

 

 

           Devant le portail encore clos le premier bruit debout secoue ses ailes de corbeau.

 

 

           Les bisons sombres de l'ennui piétinent au bord du lit

 

 

           J'enfile des canines à ton cou des chrysanthèmes sur les squelettes.

 

 

           J'ai la bousculade acérée la crainte en phoque crabier un coulis d'heures dépassées sur la banquise de l'évier où caille le bataillon funèbre des miettes d'hier qui font les restes de demain.

 

 

 

 

 

C'est jour musclé de sale azur prémédité. Je vous prie pour Aurore c'était semaine des quatre maudits je vous y prends encore.

 

 

J'ai le ravage réglementaire je débats d'à qui brèches battues dominera le cimetière. Je brandis le rouge-gorge étoilé du poignard.

 

 

De vos essaims saillent les girouettes à la chaîne les retourne-vestes et rebrousse-poil les qui-s'y-piquent et clochent-de-bois.

 

 

Dragée basse sur le crustacé implacable j'encercle le hachis des malchances je déverse la déveine.

 

 

C'est l'instant pas banal de joindre la carcasse aux brouillards la dépouille aux bourdons.

 

 

Dans mon poing perce la mygale froide du matin et je ne peux mieux que patauger dans cette pâte d'astres estropiés Pénélope impatiente de  vous escamoter la main prise entre porc-épic et oursin.

 

 

 

 

 

C'est jour qui passe entre teigne et ténia. Je bois d'assaut le bol figé du jour qui se présente très mal tête coincée derrière la traîne barbelée. Aux ébréchures s'alignent les chronomètres les sabliers la vieille comtoise aux plantureuses dentelles les carillons en frac dictatorial. La clepsydre encore ivre décrète la fin des âges et pleine de fiel renverse le dernier verre du condamné.

 

 

Juste un jour à rester couché.

    

 Denis EMORINE

Trop d’images envahissent ma vie.
Il y a le  grand pays qui me fait violence le soir,
la voix qui souffle mon  vrai nom,
EMOPNH,
et que je repousse en vain  de toutes mes forces
pour mieux lui tendre la main, l’instant d’après…

 

 

 

 

 

Je suis Pierre Bezoukhov agrippé
aux montants de la fenêtre
de l’appartement.
Prêt à sauter.
La bouteille s’écrasera avant nous
sur l’asphalte mouillé  de sang.
Et toi, Natacha, tu ne tourneras pas les yeux vers moi…

 

 

 

 

 

Je pleure sur Moscou, sur les amis morts
sur ceux qui ne prononcent plus les mots
que j’attends…
Le bras de Svetlana ne cherche plus le mien.
Ici, l’exil dure encore…
Je suis resté à Tchiéromouchki
sur le quai d’une gare oubliée.
Pourquoi pleut-il toujours sur Moscou ?
il n’y a pourtant pas assez de larmes
pour remplir les rues.

Ici, l’exil dure toujours…

 

 

J’ai ramassé la bouteille.
Ses éclats ont inondé mes souvenirs et
ma vie…
Ici,
oui,
ici,
l’exil durera à jamais…

 

 Jeanpyer POËLS

Quand une âme s'endort dans l'ombre de la lune,
presque aubier, elle se penche vers une peau
d'agneau dont la nuque au suint de camphre était vague
un quai sage face à l'ignorance du temps,
des eaux passent la tentation et se divisent,
afin que le blessé, mâchoire de damné,
voie ses bras de captif faire la nérinée

 

 

 Côpyright / COMME EN POÉSIE  et les auteurs.

 

 

Les outils du poète dépassent de son turban

Et prennent l’air une fois par deux ans

Les outils du poète avancent non masqués

Vers le cri des amants dans les sous bois  cachés

Les outils du poète s’entassent dans ses poches

Et grimpent dans les sondages de la notoriété

Les outils du poète sont affutés de frais

Pour découper les vers au soleil vert roses

Les outils du poète traînent dans les coursives

D’un paquebot coulé par le vent des amours

Les outils du poète ne lui servent jamais

A polir le verbe qu’il enferme dans son sein.

Les outils du poète creusent dans l’humus

Une tranchée refuge pour les derniers soupirs

Les outils du poète transgressent la puberté

Quand ils sortent à point de l’adolescence

Les outils du poète organisent les orgasmes

De ceux qui n’écrivent qu’au bord de l’asphyxie

Les outils du poète disparaissent corps et chair

Quand il pleut des sourires sur la lande déserte

Les outils du poète transgressent toutes les lois

Que les hommes ont vendu à l’encan du voyage

Les outils du poète gèlent des faux glaçons

Sur la tête poudrée des phoques de Banquise

Les outils du poète s’affûtent une fois l’an

Dans un faux printemps qui ne revient jamais

Les outils du poète défendent leur territoire

A grands coups de marteau sur la carlingue du ciel

Les outils du poète engluent toutes les pensées

Dans la magnificence du sable et de l’eau pure

Les outils du poète gravitent à pas patauds

Dans le no mans land des dunes en mouvance

Les outils du poète trouent le fond des poches

De ceux qui ont la main  à la porte  du ventre

Les outils du poète galvanisent les galbes

Des muses en transit dans leur lit de fougères

Les outils du poète ingèrent la tisane

Qui les fera monter tout droit au septième ciel

Les outils du poète jouent dans la vilaine cour

De l’école communale dans la déveine creuse

Les outils du poète ont les dits hauturiers

Qui jaillissent soudain d’une pierre en souffrance

Les outils du poète mettent déjà une barbe

Bien avant de naître un matin de cristal.

Toujours dans la saga de la poésie et du poète que je prépare au jour le jour voici Longtemps l'homme

Longtemps l’homme n’eut que son sexe pour écrire des poèmes rébus sur les murs en torchis des cavernes.

Longtemps l’homme crut en la réalité d’un langage de borborygmes pour creuser des galeries dans la nuit de sa vie

Longtemps l’homme inventa des pièges pour déjouer les afflux de sa conscience qui lui taraudait l’esprit

Longtemps l’homme entrouvrit qu’avec précautions les volets de pierre d’une mémoire défaillante

Longtemps l’homme endigua le flot des images qui lui saturaient le crâne par la chasse aux abus de ses mots

Longtemps l’homme éprouva le besoin de dire à sa compagne ce qu’il y avait de plus beau dans les méandres  de son cerveau

Longtemps l’homme se contenta d’écrire un seul mot sur les langes de la vie pour déclarer son amour de l’autre

Longtemps l’homme chercha en vain des images de lui seul connues pour calmer les maux qui l’assaillaient

Longtemps l’homme piocha dans la vacuité de ses émois l’espoir d’une guérison que personne ne lui promettait

Longtemps l’homme individualisa son regard à la loupe de l’énorme pour créer un bestiaire de mammouths et d’aurochs

Longtemps l’homme conduisit ses fantasmes dans les plaines sans horizon dont il voyait le bout

Longtemps l’homme détruisit systématiquement l’image de celui qui ne lui ressemblait pas dans le miroir de sa morgue

Longtemps l’homme erra de dune en dune dans un désert de mots qu’il n’avait pas choisi tant sa cécité

Longtemps l’homme couvrit d’une pichenette l’invention d’un langage qui lui échappait de plus en plus tôt

Longtemps l’homme s’égara dans les méandres d’un garage aux poèmes dans lequel il faisait les vidanges de son trop plein de rêves.

Longtemps l’homme dévia vers les autres ce qui aurait dû le conduire au sommet des vagues sur lesquelles il surfait

Longtemps l’homme enfila le costume trop grand pour lui de destructeur de l’univers dont il n’avait pas fait le tour

Longtemps l’homme tâtonna dans l’ombre des parchemins au papyrus triste une culture du verbe qu’il inventait à mesure

Longtemps l’homme détourna pour lui seul un trop plein de pathos qu’il ne parvenait pas à mettre dans la mer

Longtemps l’homme décrivit le calvaire d’une heure de sa vie qu’il ne voulait pas donner au scribe qui le pressait

Longtemps l’homme attendit avec impatience qu’apparaisse le poète qui lui donnerait enfin la soif d’aimer l’autre

Et le poète vint un grand manteau de rimes sur son dos courbé  que l’homme ne  sut pas reconnaître comme étant un des siens.

image de Rosy Candau

toujours dans le travail sur le poète dont je ferai un jour un recueil voici le poète de demain

LE POÈTE DE DEMAIN

 

 

Le poète de demain dit aussi du futur sera comme il se doit un littérateur de haut de gamme adoubé par un ordinateur dernière génération

Le  poète de demain surfera sur les mots qu’il devra réinventer à chaque sommet de  vague pour ne pas sombrer

Le poète de demain régurgitera des borborygmes inaudibles parce qu’il n’aura pas élagué la forêt des grammaires 

Le poète de demain aura le poil tanné par les vents de l’espace qui lui laisseront quelques années lumières pour construire ses rimes

Le poète de demain engrossera l’éternité par l’arrière de son siège qui enfantera d’une galaxie  l’autre

Le poète de demain dépassera Rimbaud d’une courte tête  dans le marathon des jeux méditerranéens de la joute oratoire

Le poète de demain inventera des livres au fur et à mesure qu’il courtisera la madone des sleepings qu’il aura déflorée

Le poète de demain se taillera des costumes dans le tissu des mots avec un laser de poche qu’il traînera partout

Le poète de demain surveillera bien ses gènes quand il se promènera dans le métro galactique aux pickpockets nantis

Le poète de demain dormira à la belle étoile qu’il verra de la lune en détaillant la terre où les mers régneront

Le poète de demain marchera sur les nuages comme dieu sur la mer quand il voulait éblouir les pharisiens de l’âme

Le poète de demain demandera à l’amour de composer pour lui les stances pour à sa belle qui musera dans l’éden de nulle part

Le poète de demain n’aura plus de stylo, n’aura plus de crayon n’aura plus qu’un nuage qu’il étalera devant lui pour écrire.

Le poète de demain défiera les puissants d’un verbe sans égal pour rabattre leur orgueil d’un bémol en solde

Le poète de demain devra se défendre des clones qui lui piqueront ses vers sur l’Internet de l’univers ambiant

Le poète de demain n’aura plus de couleur n’aura plus de saveur et devra piocher dans sa cuisine les recettes de l’époque

Le poète de demain n’existera que par le souvenir des poètes du passé qu’il répudiera comme chaque génération

Le poète de demain adossera ses épaules aux colonnes de la survie pour lancer le marteau qui a perdu faucille

Le poète de demain galvanisera les nouveaux matériaux qui lui serviront de lait à la chaux de la dernière truelle

Le poète de demain se défendra d’arrache pieds contre les prosateurs qui voudront lui faire arracher les rangs de vigne de ses sueurs

Le poète de demain cultivera de curieux accents métalliques qu’on entend aujourd’hui dans les voix de synthèses.

Le poète de demain prendra femme ou homme comme on prend le métro qui mène à Montparnasse un jour de mariage

Le poète de demain sera du monde entier et pas de mon dentier car il n’aura plus les dents nécessaires pour faire peur.

Le poète de demain n’aura plus pour devoir que les cours du soir qui mènent en douceur à la fin des amours ancillaires

Le poète de demain homme parmi les femmes aura construit l’égalité des sexes que nul ne lui contestera

Le poète de demain jettera dans l’arène l’opprobre de la douleur que nul n’osera lui contester en face de son glaive de bois

Le poète de demain chantre de la déveine gonflera son gilet à l’hélium de l’air qu’il aspirera qu’une fois en passant

Le poète de demain glapira en chacal sur les restes laissés par les médias blasés d’une communication sans espoir de retour

 

 

 

Dans le cadre de mes écrits sur le poète dont je pense faire un recueil bientôt voici mes dernieres divagations/divagantes.

La poésie prend dans les marges de l’homme le suc de l’excellence pour le faire déguster aux abeilles de la démesure.

La poésie invente des mots de plein emploi pour les déverser dans le dictionnaire de ceux qui en manquent

La poésie draine à pleins tombeaux les betteraves fourragères pour donner du sucre aux poètes en manque.

La poésie importe des amours qui végètent dans la vase pour leur insuffler le prurit des aventures stellaires.

La poésie traque jusque dans les bas-fonds de la littérature la pelure des images qui ne veulent pas mourir.

La poésie accroche des métaphores sur le crâne de ceux qui sont chauves dans leur tête sans virgule.

La poésie constelle la suffisance des enfileurs de rimes qui se gaussent du col quand passe un alexandrin.

La poésie maraude des oiseaux en rupture qui font des migrations une bible annuelle qui ne revient jamais.

La poésie colore les yeux blancs des aigles de petite fortune qui inventent chaque jour une nouvelle volière.

La poésie pourrait nourrir son homme si elle était femme de bien convoitées par tous.

La poésie aligne des symphonies de lettres sur  les langes de la belle aventure mal venue de rester au garage.

La poésie lance des trilles quadrillés dont la nonchalance réveille d’un seul coup tous les aventuriers du verbe.

La poésie dérange l’ordonnancement des anachorètes de chose écrite réfugiés au fond des monastères.

La poésie bafouille ses gammes quand elle prend le maquis des enfileurs de perles inutilement redondants.

La poésie déverse la moelle des poèmes dans les os sans avenir du marchand de prose qui se prend pour Rimbaud ;

La poésie retend les boyaux  de l’amour quand il ne sait plus faire la guerre de quatorze dix huit

La poésie greffe une fente de mitraille sur les arbres des forêts que l’homme veut couper pour écrire des rimes

La poésie fait fondre des icebergs de contrebandes qui fondent dans la bouche des marins que le sel gonfle

La poésie engouffre dans ses fouilles les tiroirs ikéa gonflés de milles feuilles maculées de ratures qui n’ont servi à rien.

La poésie tenaille des ventres sans estomacs par lesquels on peut voir des morceaux de vide qui viennent de la mer.

La poésie fait pleurer des nonnes sans soutanes qui l’ont prise pour dieu dans leur infini amour de l’homme.

La poésie tend la peau des tambours qui pavanent la mort des champs de bataille où  se gagnent des rêves

La poésie vrille la voile des vaisseaux sans gains qu’un marchand de mazout fait couler dans le bronze

La poésie souille les soucis de miroirs qui tenaillent entre eux les diamantaires du vide quand ils perdent leur vie.

La poésie ramène à sa plus simple expression l’envie de parchemin qui triture les scribes qui ont sauté les siècles

La poésie met des ailes aux chevaux qui parcourent l’azur chevauchés par cent mille sorcières qui on perdu leurs dents.

La poésie accroche des luminaires dans les salons branchés des people dorés sur la tranche de leurs vaisseaux fantômes.

La poésie rassemble les bergers sans moutons qui ont dans leur besace de quoi tenir un siège entourés par les loups

La poésie tatoue sur la peau des enfants une marque indélébile qu’ils ne quitteront plus jusqu’à leur puberté

La poésie draine dans les veines un sang de mégapole plus rouge que la vie et qu’il faudra jeter à la gueule des campagnes.

La poésie demande son chemin à la croix des carrefours où des flics frappeurs dirigent le flot montant vers la rue descendante

La poésie ameute de longues foules qui passent en hurlant dans le grand désespoir d’un avenir sans raison

La poésie prend par le col la fille aux nattes rousses qu’un marin ambidextre mène pas la taille dans les ruelles de Brest

La poésie pousse vers la sortie le mangeur de lune qui ne réussit pas à finir le dernier quartier avant la fin du cycle

La poésie ouvre les vannes des jacinthes qui pleurent dans les mauvais champs qu’une taupe cueille à l’envers des racines

La poésie ouvre les religions au scalpel du devoir pour les inventorier aux lumières de leur  chant

La poésie entame des pourparlers avec les innocents sans mains qui ne peuvent plus prendre les guides de leur destin.

La poésie cache ses taches de rousseur aux amoureux qui la courtisent sans lui laisser le temps de rentrer sa pudeur

La poésie admet dans ses entrailles des nourrissons couvés par les oies sauvages qui reviennent chaque année

La poésie retaille des costumes aux passeurs  du théâtre des ombres qui ne sont pas chinoises quand la lumière tombe

La poésie habite dans le chœur d’une chorale pittoresque dont le chef en haillons tente vainement de la faire chanter

La poésie c’est n’importe quoi pour n’importe qui et n’importe quand même s’il importe de savoir pour qui.

La poésie déplie ses tentacules dans tous les sens des arts pour donner à l’envie une seconde jeunesse

La poésie charrie des tombereaux d’émotion tirés par deux bœufs blancs qui marchent sous les houx

La poésie émascule l’éphèbe de Thèbes qui pensait bien survivre au désespoir de la défaite des tribuns.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour rester dans les poètes voici le portrait du poète d'aujourd'hui.

PORTRAIT DU POÈTE D’AUJOURD’HUI

 

Le poète d’aujourd’hui est resté un grand jeune homme qui n’en finit pas de ne pas vouloir vieillir. Mais comme il n’y peut rien il écrit pour oublier.

Le poète d’aujourd’hui n’a plus besoin de caresser sa muse d’autres s’en occupent pour lui en la coinçant dans les ruelles froides.

Le poète d’aujourd’hui ne travaille pas dans l’usine du Parnasse mais a besoin d’avoir un métier solide et solvable pour arrondir les fins de mois de sa poésie.

Le poète d’aujourd’hui s’il n’a pas dépassé la trentaine pointe dans un bureau de débauche.

Le poète d’aujourd’hui s’il a dépassé la trentaine peut penser se goberger dans une activité secondaire qui ne lui laisse plus le temps d’écrire.

Le poète d’aujourd’hui lime sa solitude sur les vers libres qu’il ne parvient plus à piéger dans son haveneau de pêcheur de lune.

Le poète d’aujourd’hui se demande tous les soirs à quoi ça sert d’écrire de la poésie et voit son image se refléter dans le miroir du vide.

Le poète d’aujourd’hui met sa production sur les pages d’Internet et espérant que quelqu’un saura déceler son talent entre trois cent quarante quatre mille poètes qui font comme lui.

Le poète d’aujourd’hui ne se donne pas la peine de protéger ses écrits tout heureux quand quelqu’un veut bien lui piquer.

Le poète d’aujourd’hui fait la gueule quand un autre poète parle de ses difficultés de vie.

Le poète d’aujourd’hui a la sécurité sociale même sans avoir écrit un seul vers.

Le poète d’aujourd’hui harangue des foules de trois auditeurs en espérant qu’un seul restera jusqu’au bout de son récital.

Le poète d’aujourd’hui copie les américains en faisant des joutes oratoires avec vainqueur et vaincu comme dans l’ancienne Rome.

Le poète d’aujourd’hui ne veut plus s’appeler poète mais slameur de fond.

Le poète d’aujourd’hui photocopie ses textes en partant du clavier et n’use pas ses crayons dans des rimes absentes.

Le poète d’aujourd’hui clame sa liberté de poète que personne ne lit.

Le poète d’aujourd’hui dort dans des draps blancs et prend des congés payés comme tout un chacun sauf quelques uns.

Le poète d’aujourd’hui connaît bien la poésie passée et beaucoup moins la présente qu’il ne lit pas beaucoup.

Le poète d’aujourd’hui est amoureux des mots qui ne lui rendent pas comme un mari trompé par une noce sans dot.

Le poète d’aujourd’hui avance courbé par la charge des aides qu’il réclame ici ou là et qu’on ne lui donne que rarement.

Le poète d’aujourd’hui se fait aider pour éditer tant qu’il n’en ose plus écrire.

Le poète d’aujourd’hui ne sait plus à quel sein se vouer ce qui le fait se retourner vers les saints qui lui balancent des coups de pieds dans les testicules pour le renvoyer d’où il vient.

Le poète d’aujourd’hui a une place à part dans le monde des lettres le cul de basse fosse.

Le poète d’aujourd’hui a son éditeur, sœur Anne,  qui lui dit toujours qu’il attend les sous pour lui éditer son livre et qui ne voit rien venir.

Le poète d’aujourd’hui n’ose plus mettre sur sa carte de visite que c’est là sa fonction tant il a peur qu’on lui jette des pierres.

Le poète d’aujourd’hui triomphe de la vie en courant plus vite que ses créanciers.

Le poète d’aujourd’hui peut crever dans la rue, dans une tente rouge, sans que jamais personne ne soulève l’auvent.

Le poète d’aujourd’hui avale des couleuvres sur un champ de foire grand comme la terre dont il ne parvient jamais à faire le tour.

Le poète d’aujourd’hui envoie ses poèmes à des revues qui se vantent d’avoir quatre cent lecteurs pour amortir leurs faux  frais.

Le poète d’aujourd’hui n’apparaît dans les journaux que dans les faits divers quand il a tué sa femme ou violé son teckel.

Le poète d’aujourd’hui fait de la politique mais la politique ne lui demande rien.

Le poète d’aujourd’hui est un citoyen qui ne comprend plus rien à la constitution.

Le poète d’aujourd’hui traverse de longues plaines se prenant pour le corbeau d’Edgard Poe traduit pas Baudelaire en rongeant le frein de sa belle bagnole.

Le poète d’aujourd’hui écrit des romans qui ne lui rapportent plus grand-chose s’il ne fait pas partie des peoples

Le poète d’aujourd’hui accroche sur son front un turban de papier quadrillé sur lequel il dessine des louanges à l’avance.

Le poète d’aujourd’hui  regarde avec de grands yeux ceux qui lui disent de ne pas charger la mule par des psaumes de dépit.

Le poète d’aujourd’hui veut bien raser les murs si on lui fournit le savon à barbe.

Le poète d’aujourd’hui dépave les rues avec son crayon gomme pour un salaire qu’il ne vient jamais chercher

Le poète d’aujourd’hui n’est jamais aussi bon que lorsqu’on lui fait croire qu’il est le plus mauvais.

Le poète d’aujourd’hui ne se reconnaît pas dans ceux qui disent le représenter dans toutes les assemblées… de poètes.

Le poète d’aujourd’hui compose seul comme le veut le temps

Le poète d’aujourd’hui dépasse d’une rime le poète d’avant et le fait savoir par toutes les télés dont il ne dispose jamais

Le poète d’aujourd’hui n’a pas de fan club, comme on dit chez les téléradioreporters.

Le poète d’aujourd’hui fait grincer les ressorts du lit des créateurs quand il invente un mot pour dire qui il aime.

Le poète d’aujourd’hui ne crame pas de voitures mais il en aurait vachement envie.

Le poète d’aujourd’hui possède un compte en banque une carte visa et quelques roubles en solde qu’on a bien voulu lui jeter.

                                                                    JEAN PIERRE LESIEUR

 

 

 

 

 IMAGE DE ROSY CANDAU

 

 

 

 

suite à l'article sur non le poète j'ai reçu aussi un texte d'Alain Lemoigne si le coeur vous en dit dites moi c'est qui pour vous un poète.

Un poète, ce n'est pas un esthète

ni la plante savante d'une université.

Un poète, ce n'est pas un courtisan

ni le porte-lyre d'un parti.

Un poète, ce n'est pas un bonimenteur

ni le notable d'une certitude.

Un poète, ce n'est pas un linguiste

ni le cuisinier ès plagiats.

Un poète, ce n'est pas un bouffon

ni l'esseulé de la petite tour.

Un poète, ce n'est pas un monsieur-je-sais-tout ni le balèze des urinoirs médiatiques.

Un poète, ce n'est pas un jongleur

ni le farfadet des poncifs recyclés.

Un poète, ce n'est pas une définition

mais tout juste un instant

qui devient.

Alain LEMOIGNE

En écho à non les poètes Aubazine répond...

OUI, LES POÉTESSES !

 

 

 

 

Oui les poétesses vivent dans la cité de la Joie,

 

Oui les poétesses sont les filles véritables d’Ève,

 

Oui les poétesses regardent le sage et reprennent un quartier de Lune,

 

Oui les poétesses respirent à pleins poumons dans les bistrots désenfumés,

 

Oui les poétesses accueillent à bras ouverts les espions venus du froid,

 

Oui les poétesses descendent toutes de François (Rabelais),

 

Oui les poétesses peuvent opter pour la maternité,

 

Oui les poétesses crayonnent de noir leurs yeux de biches,

 

Oui les poétesses ne sont pas toutes chiches,

 

Oui les poétesses écrivent contre papier bouffant et encre de bon aloi,

 

Oui les poétesses n’ont parfois plus que leurs yeux pour pleurer,

 

Oui les poétesses n’ont rien à cacher et le montrent,

 

Oui les poétesses voguent sur l’écume des jours,

 

Oui les poétesses agrafent aux revers de leur chlamyde le verbe sauvage,

 

Oui les poétesses engloutissent à plein régime,

 

Oui les poétesses sont les mamelles de la scansion,

 

Oui les poétesses hurlent peace & love à plein gosier,

 

Oui les poétesses savent ravauder les trous de l’atmosphère,

 

Oui les poétesses usent à bon escient d’ustensiles affûtés comme des langues,

 

Oui les poétesses n’ont qu’une porte en voile blanc,

 

Oui les poétesses commencent à faire provision de ballons d’oxygène,

 

Oui les poétesses ne sortent leur muse qu’en liesse,

 

Oui les poétesses remplissent des métaphores d’or coulant qu’elles bouchent à la cire,

 

Oui les poétesses zonent souvent près de la Voie Lactée,

 

Oui les poétesses sont en harmonie avec les éléments qu’elles dé-chaînent,

 

Oui les poétesses savent bien qu’elles sont l’avenir de l’Homme,

 

Oui les poétesses boutent le feu aux Préfectures,

 

Oui les poétesses ont des voix de Sirènes,

 

Oui les poétesses sont tigresses indomptées,

 

Oui les poétesses accouchent encore de mares de mots,

 

Oui les poétesses se peignent dans les courants d’air,

 

Oui les poétesses modestes œuvrent dans l’anonymat,

 

Oui les poétesses interprètent la vie à chaque trépas,

 

Oui les poétesses sont tisserandes des toiles immatérielles,

 

Oui les poétesses shootent dans les boîtes à clous,

 

Oui les poétesses soutiennent ceux qui n’acceptent pas ces dictatures de cons,

 

Oui les poétesses bercent les rêves des hommes de peine,

 

Oui les poétesses alchimistes fabriquent des photos molles,

 

Oui les poétesses de Salomon chantent jusque sous la douche,

 

Oui les poétesses tressent des vérités qu’elles ont filé en douce,

 

Oui les poétesses reconnaissent être effrayées par les rides arides,

 

Oui les poétesses déboulonnent les statues qui tuent l’art,

 

Oui les poétesses accouchent un peu dans la douleur,

 

Oui les poétesses giflent à toute volée les souffleteurs d’écrits vains,

 

Oui les poétesses remercient vivement la Vie chaque matin,

 

Oui les poétesses aiment à péter dans la soie du noir,

 

Oui les poétesses n’ont pas leur langue dans la poche même si elles ont des poches sous les yeux,

 

Oui les poétesses se doivent d’être inoxydables en leur journée double,

 

Oui les poétesses ont bien fait de jeter leur soutif en pâture aux ânes bâtés,

 

Oui les poétesses n’avortent que quand elles sont dos au mur,

 

Oui les poétesses qui ont chaud aux fesses n’ont pas froid aux yeux,

 

Oui les poétesses...

 

 

 

                                                                                                         AubaZ!ne SAXETT

 

Vous les connaissez mal, vous ne les connaissez pas bien; les poètes.

NON LES POÈTES !!!

 

 

 

Non les poètes ne vivent pas en dehors de la cité interdite

Non les poètes ne sortent pas de la cuisse de Jupiter

Non les poètes ne craignent pas la mort  ne demandent pas la lune

Non les poètes n’évitent pas les fumées tristes de l’usine

Non les poètes n’ont pas peur de l’Amérique

Non les poètes ne sont pas dans la manche des dieux

Non les poètes ne naissent pas dans la maternité des facultés

Non les poètes ne dessinent pas sur les langes des riches

Non les poètes ne mangent pas dans la main des puissants

Non les poètes n’écrivent pas dans la gratuité

Non les poètes ne servent pas les dictateurs du monde pauvre

Non les poètes ne dissimulent pas de tiroirs secrets

Non les poètes ne zèbrent  pas la nuit des parchemins

Non les poètes ne cherchent pas le sommeil du verbe

Non les poètes ne fréquentent plus les chapelles ardentes

Non les poètes ne mangent pas dans n’importe quel râtelier

Non les poètes ne sucent pas le lait des nourrices sèches

Non les poètes n’inventent pas un monde sans amour

Non les poètes ne gravitent pas dans une galaxie sans atmosphère

Non les poètes ne traînent pas des casseroles hautaines

Non les poètes n’ouvrent pas des portes condamnées

Non les poètes ne tapent pas sur des casseroles pleines d’air

Non les poètes n’enferment pas leur muse dans des musées

Non les poètes n’affirment pas des métaphores de pacotille

Non les poètes ne perdent pas les sentiers des étoiles

Non les poètes n’ont pas peur des orages de foudre

Non les poètes n’espèrent pas dans l’avenir du passé

Non les poètes n’enflamment pas de fausses meules de foin

Non les poètes ne chantent pas des mélodes parfaites

Non les poètes ne marchent pas dans les rails des suiveurs

Non les poètes ne craignent pas la disparition des mots

Non les poètes ne perdent pas leur temps à redessiner le vent

Non les poètes ne dressent pas des tentes sur les rives de la misère

Non les poètes ne refont pas le monde à chaque nouvelle image

Non les poètes ne construisent pas des ponts sur des rivières à sec

Non les poètes ne burinent pas la rue dans les passages protégés

Non les poètes n’acceptent pas la dictature des cons

Non les poètes ne bercent pas l’illusion dans le comique de situation

Non les poètes ne conduisent pas leur vie comme une moto folle

Non les poètes ne vocalisent pas dans des matins sans avenir

Non les poètes ne possèdent pas des vérités toutes faites

Non les poètes ne pleurent pas dans le gilet des rides

Non les poètes ne burinent pas leur nom sur des socles sans statue

Non les poètes n’enfantent pas dans la douleur du beau

Non les poètes ne boursouflent pas les ardeurs du soir

Non les poètes ne chantent pas dans des chorales sans feu

Non les poètes ne réchauffent pas les oxygènes absents

Non les poètes ne brillent pas dans les salons ventrus

Non les poètes ne perdent pas l’honneur perdu des autres

Non les poètes ne paradent pas dans les cimaises des théâtres sans cœur

Non les poètes ne sombrent pas dans l’alcoolisme distingué

Non les poètes ne vibrent pas au vol à voile des absences d’envergure

Non les poètes ne puisent pas dans les réserves de vos peurs

Non les poètes ne perçoivent jamais le salaire qui ne leur est pas dû.

 

 

 

 

                                            Jean-Pierre Lesieur

 

 

 

 

 

 

 

Le numéro 28 de comme en poésie est paru.

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Fadila BAHA 

 PASSAGE 

              Des familiers inquiétants se sont agités je dormais sous la cave les fausses notes me perturbaient tournant et tête à l'envers je tentais d'y mettre un grain mal m'en prit ils faisaient paquet n'en déplaise à mes oreilles mes peurs pourquoi n'arrivaient-ils pas à se mettre en route un chignon réfractaire? J'avais les nerfs en pelote une incertitude de l'accueil je transpirai sous la couette ils se pétrifiaient je souhaitais savourer un café bien sur folle équipée en solitaire il fallait y penser ne pas tricoter des liens incertains d'autres des anciens flous je ne les vis plus la maison Passage Dubois avait été démolie insalubre.

 DU FAMILIER 

 Et le père de convoquer chacun il y avait des lustres et pas l'eau courante mais donner une place au paradis !!

Non il ne sentait pas sa dernière venue mais gratifier ou punir avait toujours été son rôle une drôle de nuit personne ne dormait il dut capituler la réunion serait plurielle elle fut surréelle avec des grands témoins des mages de la solennité un peu de frayeur du merveilleux l'au-delà avait bonne figure c'était l'ici et maintenant qui donnait envie d'aller au lit disputes querelles les frères les sœurs les absents la nébuleuse les coupables il y avait du familier.

 INVINCIBLE 

              Le vélo galope comme il a des ailes tant pis pour le bleu il coupe la vitesse et les sensations crispé sur ses freins c'est pas du jeu. La tête penchée sur le guidon à moi les lacets il y en a bien pour un quart d'heure d'extase avant la fontaine la fierté enfantine dans les sacoches le vélo c'était sans les mains sans les jambes et la raclée du père insensible aux genoux saignants il avait tout vu inconsciente inconsciente pardon je badigeonne mes bobos pour demain non? le jour d'après. Tiens arrivée au Pont de Montvert là haut c'est le mont. On regarde les cartes à chacun son tour du Causse Méjean bonheur myrtilles faucons et un verre de mauresque pour le parfum quinze jours toute une vie je suis invincible.

 

 LA JEUNE FILLE

          Elle a des œillets blancs au teint qui ne la quittent pas si elle perd les connaissances en plein midi un dimanche pas leur vocation de meubler les têtes dans l'abnégation autant remplir le tonneau des danaïdes et la voilà qui questionne et la place se vide autour d'elle il y a Benoît il est bien là il ne retient pas son émotion devant les cheveux de blé il sera son protecteur son ami elle acquiesce glisse sa menotte dans sa main droite elle a les yeux du soleil à présent et les œillets blancs pimpants.

QUEL TEMPS

Pauvres sirènes hier elles chantaient
aujourd'hui elles hurlent
que nous parlez vous
esprits de la nature vivre avec quel temps
auriez vous perdu le sens commun?
Et le hurlement du loup la nuit à la lune?
Et l'iris?
Vous l'admirez au bord de l'étang unique
si vous cherchez à le cueillir
vous découvrez un cordon ombilical
qui court sur la terre
s'élance à la conquête du sol
soudain réapparaît à la surface
épanoui en une nouvelle fleur.

Marie-Noëlle AGNIAU

Fragment 72

Ton chant pose par-dessus la voix une nappe de fraîcheur, un cercle plus grand, Il se niche partout dans le monde même en dehors et pour cause : il est le monde. Nos tempes ( ces deux creux autour de la tête où jadis s'appuyaient les os de la tête) marquent le début. Elle sont la cloison derrière laquelle tout commence. D'être chacun soi fait qu'on ramène à l'autre ce qu'il n'entend pas.

 

 

 

Toi auprès de qui sont nos ressources ( comme au sortir de l'eau noyée)
toi qu'un poids de coccinelle ferait tomber - sans égal -
bouche à bouche inverse ( de qui l'arbre ou la bête tient-il l'autre ? )
oiseau vétuste, aussi vétuste que le corps ( d'ailleurs un oiseau vétuste habite le corps, il suffit d'ouvrir les poumons de notre manteau)
à tes lèvres noires, je prends comme à la boîte d'un secret dont le velours se décolle et guette de quoi faire surgir le souffle en continu,
je levai la main sans te saisir ( de peur que tu la manges dans un repas qui ne fut pas à ta taille) pour que tu puisses échapper au broiement des os : tu fis route vers la fenêtre et dans l'encart du ciel l'enfant put voir son délai d'innocence. Une sorte de chaise gardée à laquelle on revient une  fois les épreuves finies.

 

La forme poème : si c'est un fleuve, nous enterrerons les virgules et de la terre semée, jailliront les choses qui n'ont pas pu se faire. Le décollement dont je parle : une ouverture capable d'étendre au maximum la surface de respiration.

 

  ( toi auprès de qui sont nos fantômes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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