Vendredi 19 août 2005

Là c'est moi en plein boulot dans le salon du livre d'Hossegor l'année dernière.

 
Là c'est mon copain Mesplède qui est venu faire une conférence sur le polar à Hossegor. Il vient de sortir un travail encyclopédique sur le roman policier, un dictionnaire qu'il a mis 5 ans à écrire (aidé par 73 personnes); dictionnaire des littératures policières; Joseph K 2003.
par lesieur publié dans : poésie
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Mercredi 17 août 2005

Pour recevoir, assez régulièrement ,un poème que je sélectionne choisi dans la revue ou envoyé par les poètes internautes inscrivez-vous à la newsletter sur le blog.

S'inscrire à la newsletter c'est aussi recevoir régulièrement des informations sur la poésie, sur la revue ou sur les poètes connus ou inconnus.

Vous pouvez aussi m'envoyer les titres des recueils que vous souhaitez éditer et qui cherchent un éditeur en me joignant deux ou trois textes pour présentation; On ne sait jamais et on peut rêver les éditeurs viendront bien un jour regarder mon blog.

Il n'est pas non plus interdit de s'abonner à la revue papier pour la modique somme annuelle de 12 €, ce qui convenez en n'est pas très cher pour 4 fois 48 pages envoyées par la poste.

Vous pouvez participer à la rubrique conseils et petites annonces qui ne demande qu'à grossir et prospérer.

 

par lesieur publié dans : informations
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Lundi 27 juin 2005
 

PANNE D'INSPIRATION

 

Sur le bleu du ciel

l'avion trace une ligne

              patiente

                            éphémère

              avec des points de suspension

Parfois, il hasarde une virgule

et c'est tant pis

Le plus souvent

              il trace droit

              électronique

              et rassurant

mais il ne sait rien y écrire

et s'il prépare bien sa page

              c'est pour l'écolier

              pas trop sage

                            qui rêve d'oiseaux

                                          de voyages

              c'est pour le passager-poète

                            qui parle au firmament

 

                            et comprend les nuages

 

 

par claudine Montiège publié dans : poésie
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Jeudi 28 avril 2005
 

Les censeurs me gonflent, ceux qui ont toujours quelque chose à dire sur la poésie, la poésie ceci, la poésie cela. Vous n’avez rien d’autre à foutre les mecs? Curieusement ils sont aussi poètes. Souvent de bons poètes. Alors écrivez vos poèmes et laissez la poésie se faire toute seule elle ne vous attend pas. On n’a pas besoin de vos définitions, de vos enculages de mouches, de vos avis éclairés par la vanité de savoir mieux que les autres.

Une autre maladie du siècle c’est qu’on trouve autant de critiques que de poètes. Et ils ne se contentent pas de critiquer leurs propres œuvres mais se permettent aussi de critiquer les œuvres des autres. Qu’à la limite on dise qu’on a aimé un recueil, sans entrer dans l’exégèse, pour communiquer sa joie de l’avoir lu ou parcouru  je le comprends, mais qu’on cherche tout un tas de référents, de comparaisons, de définitions, de lieux communs, de parallèles, de décorticages littéraires, politiques ou philosophiques, basta !

Si on ajoute à ce tableau les prix de poésie décernés ici ou là, à des poètes méritants, sans doute, il y a une infantilisation des impétrants et une cucuterie de premier de la classe qui me rappellent les pires moments de ma scolarité communale. Car là aussi les censeurs , souvent de bons poètes, « censent », hé oui il faut bien choisir et il faut bien justifier son choix quand on vous le demande.

La poésie serait-elle entrée dans une ère d’université galopante, de professoralisation à marche forcée, de libanisation des scribes. On peut le craindre. Laissez nous poétiser plus bas que nous avons notre cul, si ça nous enchante.

 

 

par lesieur publié dans : humeur
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Vendredi 11 mars 2005

ILS

Ils ont saisi à mains pleines les bras d'algues du soleil

Ils ont multiplié sans rire la table des tentacules

Ils ont accouplé les lèvres des astres, les seins de la lune

les protubérances capiteuses des fleuves et de la mer

Ils ont piqué des télescopes longs sur l'orbe de la sphère

pour espionner les testicules du ciel d'orage

quand il distribue ses rations de fessées lumineuses.

Ils ont broyé la mescaline dans des nasses d'étain

pour apprendre la jouissance du rêve inachevé

et la drogue a piégé leurs yeux de maîtres-fous

Ils ont creusé dans l'amour des tranchées sans refuge

pour assouvir des soifs qu'ils n'osaient pas nommer

dans l'herbe filiforme des prairies magnétiques.

Ils ont brandi le rythme dans leurs tripes de vingt ans

pour mieux dissimuler des estomacs sans cris.

Ils ont bu sans vomir le sang encore tiède

dans les rigoles creuses des conférences sans paix.

Ils ont inventé des marchands de sommeil

pour rendre à l'oasis sa crispation de sable.

Ils ont peuplé de monstres la friche claire des champs

où l'attelage ancien tintait ses lents grelots

et ils ont rayé de la messe l'âme des fêtes du grain

où les perles de pluie bousculaient la semence.

Ils ont coupé les bras des amphytrions passés ceux qui savaient les lois d'un âtre hospitalier.

Ils ont légalisé des mariages incestueux

corps et âme, guerre et paix, amour de la haine.

Ils ont tué

un enfant aux yeux bleus

qui jouait du fifre dans la scabieuse de mes veines.

 

par Jean-Pierre lesieur publié dans : poésie
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Mardi 1 mars 2005

L'O.S. DES LETTRES

C'est le poète! Je sais qu'en énonçant cela, les foudres d'arrière garde, les mages périphériques, les pétroleuses de boudoirs, vont affûter leurs épées façon directoire pour me pourfendre.

Pourtant je maintiens: C'EST LE POETE! ! !

Il y a là une analogie logique, que chacun peut établir, les pieds bien calés à l'ombre d'un cyprès et la tête sur un billot, avec au garde à vous, un exécuteur d'œuvres hautes ou basses.

Jamais la poésie n'a réussi le tour de force qui consiste à nourrir son homme, ni sa femme d'ailleurs. Il n'est pas même question d'y asseoir une grande, moyenne ou petite fortune, ou d'en bouffer à raison d'un repas par semaine, puisque la poésie devient une occupation en dérive à la remorque de ceux qui peuvent s'offrir le luxe de lui donner du fric.

Mon analogie prend alors tout son sens en dépassant même la fiction. L'O.S. survit le poète sousvit. (Et que ceux qui achetèrent une côte de mouton avec la vente de leurs œuvres me jettent le premier os.)

D'ailleurs, le bottin mondain ou ces trucs à pages comptées, dans lesquels s'étalent les plus riches revenus, le gratin, ne comportent pas de noms de poètes - n'est-ce pas - ou si peu et toujours des pseudonymes sous visages d'ambassadeur, banquier, diplomate et j'en passe.

Il fut de bon ton, à une certaine époque, chez les gens du monde, d'avoir SON POETE dans les soupers fins et les sauteries intellectuelles. De nos jours (les vôtres comme les miens) on le loue seulement si un extra aux petits fours se décommande à la dernière minute.

La dame de maison l'ausculte, le lèche, l'épouille et lui trace un grand trait à ne pas dépasser allant du salon au lieu où il doit bivouaquer ... l'office. (Il s'y trouve encore et pour combien de temps des bonnes espagnoles fort consommables, heureusement.)

Jamais le poète n'a pouvoir de décision. On se demanderait bien d'ailleurs sur quoi. Ses vers, il n'en fait plus de rimés, métrés, césurés, et tant qu'il pouvait régner sur des lois bien strictes, bien conformes, bien académiques, on lui reconnaissait le loisir de faire joujou avec son code.

Maintenant on lui colle un vague droit à la participation, à l'actionnariat volontaire ou non, pour tenter de réformiser la poésie à l'école, au-delà qu'il s'en tienne à sa position d'ouvrier spécialisé des lettres sans faire d'heures supplémentaires ni de zèle.

Il est toujours à la recherche d'un employeur. Son essai d'embauche-débauche se résume à quelques feuillets dactylographiés avec lesquels un comité dit de lecture lui permettra d'évaluer, à pile ou face, le quota de l'inévitable ou presque participation, à la mise sur 125 grammes de ses élucubrations.

Il pénètre alors dans le cycle infernal de la souscription, je n'ai pas dit la conscription de l'époque napoléonienne, non, c'est pire.

Essayez donc de trouver des actionnaires capitalistes pour un gisement de pétrole qui aurait été nationalisé par un gouvernement socialiste : le porte à porte de l'impossible.

Le poète est toujours en situation critique ou précaire. Constamment rejeté dans la hutte d'ivoire de l'indifférence permanente par la chose publique, celle-ci, bon gré mal gré et dans certaines occasions, ne peut plus l'ignorer.

Quand la nation subit une période troublée : guerre, révolution, invasion, guérilla, émeute.

Quand il faut exporter le patrimoine intellectuel pour éblouir les peuples circonvoisins.

Quand il faut donner nom à boulevard, avenue, place, rue, impasse ou cul-de-sac.

Quand la rue voit rouge.

Quand tout le monde a été jeté en prison, le poète en premier, et qu'il faut tout de même faire frémir l'espoir.

Quand toutes les valeurs ont été copieusement corrompues, flouées, bafouées, violées et qu'un peu d'air pur est demandé aux mots.

Quand l'horizon n'est plus qu'une barre d'ennui où se silhouettent des bagnoles, des machines à laver, des réfrigérateurs et que l'absence d'espace fait craqueler la raison.

Quand les hommes ne trouvent plus les mots qu'il faut dire pour faire l'amour.

Quand l'aventure se réduit au sommeil artificiel des poumons sans boussole.

Autrement, en temps dit normal, tout sera tenté pour effacer du paysage cette sorte de tache mal léchée qui ose demander des comptes au soleil. Tout sera tenté pour la laisser croupir dans l'arrière-boutique ne réservant la vitrine qu'à celles qui sauront se conformiser modèle : « auriculaire à hauteur des ménisques».

Jamais le poète n'a les heures de grande écoute dans les « mass-médias-audio-visualistes » qui nous gouvernent. Les tranches horaires congrues, squelettiques et tardives qu'on lui octroie demandent très peu de beurre rance pour ne plus voir la mie.

Poète, O.S. des lettres, parent pauvre de la faune épistolaire, idiot du grand village, et qui persiste, frottant son erreur à l'alchimie des tares, avec des mots de peu de frais mais magicien de bordels où afflue une pépie sans pareil d'amour d'espérance et de liberté.

 

 

 

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par Jean-Pierre lesieur publié dans : humour
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Lundi 21 février 2005

IL Y A TROP DE POÈTES

 

Il y a trop de poètes, va falloir en supprimer. On pourrait commencer par moi mais ça me fait froid dans le dos. Alors il faut avoir recours aux volontaires. Sinon comment choisir, les élus, les dignes de rester et les autres. On pourrait leur mettre un tatouage sur la poitrine : poète inutile et ceindre le front des choisis d’une couronne de lauriers. Auraient bonne mine sur la côte d’Azur, de Jade ou d’Argent, (la mienne,) en slip avec leur couronne ou leurs seins nus. On parle argent j’en vois qui sont déjà intéressés. Qui pointent l’oreille. On ne va pas, en pays de poésie, parler de gros sous, vous n’y pensez pas. Et si d’un seul coup on décrétait : « la poésie doit être faite par tous» on ne pourrait pas dépeupler la terre. Est-ce que ça irait mieux. Pas sûr.

Il y a trop de poètes, c’est pas moi qui le dit ce sont les poètes eux-mêmes, qui se plaignent de ne pas diffuser. Admettons qu’il n’y en ait qu’un seul qui reste, moi par exemple, ou Albarède, on en vendrait des bouquins autant que tous les autres réunis à vrai dire je préférerai que ce soit moi. Non mais! On pourrait faire un jeu genre si vous alliez sur une île déserte. On repart à zéro, quel poète verriez-vous pour commencer la dynastie. J’élimine d’emblée Adam. Bonne chance pour revenir en deuxième semaine.

Il y a trop de poètes en pays de poésie dans l’autre non. Pour le prouver il faudrait établir un recensement dans les deux pays. Sera poète celui qui prétend l’être je vois d’ici les recenseurs et leur drôle de question. Ils viendraient chez vous, analyseraient votre habitat, vos moeurs, vos coutumes, sont-ce là de véritables attitudes de poète? Il n’a pas le mobilier adéquat, écrit en marchant, couche avec une camisole. Vous aurez beau prétendre. N’en tiendra pas compte. On peut même imaginer qu’il vous passerait automatiquement d’un pays à l’autre. Sans préavis, sans espoir de retour. à quoi vous servira-t-il de continuer d’écrire dans le vide. Les recenseurs c’est dangereux, surtout en poésie, alors que les censeurs???

Bon, je m’égare un peu et vois déjà les poètes s’écrier qu’il n’y a pas trop de poètes, qu’il ne sert à rien d’en supprimer puisque presque personne ne les connaît. C’est qui personne, vous qui ne lisez jamais que vos poèmes parce que vous écrivez, et les autres qui n’écrivent pas et ne savent même pas que la poésie EXISTE. Comme toujours je suis de mauvaise foi car si l’on supprime les poètes qui écrivent on ne pourra pas supprimer ceux qui n’écrivent pas. Bien feintés les (re)censeurs. Qui osera aller trifouiller dans les tiroirs, les commodes, les frigidaires et réfrigérateurs où la poésie se conserve mieux qu’ailleurs?

Il y a trop de poètes pour un monde sans poésie, c’est certain, mais n’y aurait-il pas trop de poésie pour un monde sans poètes. Ca donne à réfléchir, non?

Tu vois bien lecteur-poète et poète-lecteur que tu as encore de beaux jours devant toi pour continuer d’écrire les pièces essentielles à ta vie de tous les jours qui si elles ne font pas de bien aux autres t’apportent une sérénité à nulle autre pareille et te permettent de cotoyer les côtes des Dieux qui se les tiennent encore devant tous les efforts que tu fais pour leur faire plaisir.

Accroche toi Léon nous n’avons pas les mêmes à la maison.

par Jean-Pierre lesieur publié dans : poésie
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Samedi 12 février 2005

JEAN-PIERRE LESIEUR

Jean-Pierre Lesieur a participé à la fondation et à la vie de trois revues : Le puits de l’ermite, Le Pilon et Comme en poésie. Revuiste impénitent il barbotte dans la mare revuistique depuis plus de 35 ans.  son parcours poétique comprend une dizaine de recueils dont les derniers : Manuel de survie pour un adulte inadapté,(Gros textes) et Mon papa m’a dit (Comme en poésie) ont été publiés récemment.

Il a été le seul intervenant de Petit plus dans la revue de Philippe Marchal Travers et a vue son recueil Infarct faire le polder de Décharge 103. C’est dire si les revues de poésie il connaît.

Georges Cathalo a pu écrire dans Friches : «Jean-Pierre Lesieur peut être considéré comme l’un des plus brillants revuistes de notre époque», ce que par modestie je ne m’empresse pas de reproduire ici.

 En préparation, un Dérisoire Journal chez les Carnets du dessert de lune et Suzette chez l’Idée bleue de Louis Dubost.

 

 

Lire Jean-Pierre LESIEUR à Comme en poésie.

 

SUZETTE  : petite fille délurée de nos banlieues pas sauvages et qui vous réjouira par ses mots d’enfant presque adulte...............6 €

DÉRISOIRES  : extraits du journal poétique, paru en bonnes feuilles dans DÉCHARGE (les années 35/45 ) alors que l’auteur ne savait pas encore écrire............................................................................................6 €

INFARCT par Jean Pierre LESIEUR : relation par le menu dérisoire d’une ballade dans un hôpital parisien avec un coeur qui se met d’un seul coup à ne plus vouloir battre.( paru aussi en Polder dans la revue DÉCHARGE )........................6 €

MON PAPA M’A DIT par Jean-Pierre LESIEUR : paroles de grands interprétations d’enfants. Décapant. Avec des dessins magnifiques de Claudine GOUX....10 €

 

Publications dans d’autres lieux...qu’on peut commander ici.

 

BALLADE BITUME de Jean Pierre LESIEUR, une promenade du souvenir et de l’enfance dans les rues du marais de Paris qui ont bien changée paru au DÉ BLEU chez Louis DUBOST...........................................12 €

PETIT PLUS de Jean Pierre LESIEUR, numéro 43 de la revue TRAVERS de Philippe MARCHAL, une super réalisation typographique pour la verve décapante, drôle et autodérisoire de PETIT PLUS...........16 € (presque épuisé)

L’ANIMAL POÉTIQUE ET SES MUNITIONS de Jean Pierre LESIEUR livre tête-bêche avec MES DAMES, paru aux éditions GROS TEXTES une plaquette qui ne se laisse pas faire.....................................5 €

OLGA SAUDADE FOR EVER de Jean Pierre LESIEUR, paru aux éditions GROS TEXTES, poèmes pour enchanter la mort d’un amour complétant le conte SAUDADE et PARFAIT paru dans Comme en poésie ....................5 €

MANUEL DE SURVIE POUR UN ADULTE INADAPTÉ de Jean-Pierre LESIEUR paru aux éditions GROS TEXTES, une réédition du livre paru chez Chambelland et dont vous devez avoir un intense besoin si l’on en juge par l’ambiance générale actuelle ...........6

On peut se renseigner au 2149 avenue du tour du lac 40150 Hossegor envoyer la commande par email : j.lesieur@wanadoo.fr

par Jean-Pierre lesieur publié dans : poésie
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Samedi 12 février 2005
 

              On ne ranime jamais la flamme du poète inconnu dont les cendres furent dispersées au vent de l’indifférence. Pourtant ils méritèrent beaucoup des champs élyséens qui les  virent si souvent défiler. Offrez-vous pour la fête des poètes un petit souvenir : la flamme du poète inconnu, elle ne s’éteint jamais.

 

              Le syndicat des poètes vient de se constituer partie civile au procès des ayants droits des poètes péris en revue. Il est également ouvert aux péris en recueils et à tous les péris de quelque chose et de quelque part. Faites vous connaître, nous agirons ENSEMBLE.

 

              Pour qu’un de vos poèmes défie le temps recouvrez-le d’une couche de protection contre les atteintes des vers. Nous vous offrons plusieurs couleurs et plusieurs indices d’efficacité. Méfiez vous surtout des vers libres qui attaquent par tous les côtés.

 

              Il semblerait que chaque an paraissent 1 000 recueils de poésie à compte d’éditeur. Comme on compterait environ 5 000 lecteurs et poètes on peut déduire une règle simple il y a 5 lecteurs par recueil à compte d’éditeur en moyenne. Dépêchez-vous, vont pas tenir le coup.

 

              N’ouvrez pas la bouche pour ne rien dire, mettez-y un poème.

 

              Si vous cherchez un poète, jeune, beau, intelligent, reconnu, fessu, modeste, célèbre, conçu… Écrivez moi vous m’avez reconnu.

 

              Vends cyclorameur pour poète en panne d’inspiration. Plus besoin de vous tracasser les méninges, vous ramez en toute quiétude.

 

              Échangerai un exemplaire pas lu envoyé à un critique qui l’a critiqué contre le même lu par un lecteur qui n’aurait aucune critique à faire.  Annonce sérieuse.

 

              On n’est pas sérieux quand on a soixante dix ans sinon on l’aurait su avant.

 

              Je suis mystifié par la poésie mystique. C’est un comble.

 

              Les exégètes exagèrent, c’est dans leur nature l’exagération et ceux qui n’exagèrent pas exaspèrent par leur manque d’exagération. Si vous êtes exaspéré par les exégètes de tout poil et de toutes obédiences faites votre exégèse vous même vous n’en serez que mieux servi.

Pour prendre le train de la poésie il suffit d’acheter un billet de poèmes et de le composter au guichet de n’importe quelle gare pour le rêve. Comme en poésie assure les réservations. Profitez en.

La madone des sleepings se produira à la gare de Lyon les samedis 17 et 27 dans les salons du restaurant le train bleu. Réduction sera faite pour les stroumpf, les descendants de stroumpf, et le grand stroumpf. Les autres paieront pour eux.

L’express est un journal qui devrait toujours arriver avant les autres.

Une prime exceptionnelle sera accordée à la Toussaint 2005, pour les poètes qui auraient l’heureuse idée de décéder ce jour là. On peut la réserver à l’avance afin d’en faire profiter ses proches auprès du poète de garde dans le cimetière Montparnasse près de la grande porte d’entrée ouest. Inscription préalable froidement recommandée.

L’assemblée générale des veuves de poètes morts au champs Elysées à la suite du défilé du 14 Juillet 2004 aura lieu au Mont Valérien en présence du ministre de la culture et de Madame et des représentants des corps constitués de la Poésie en grande tenue d’apparat. Votre présence n’est pas indispensable mais une pensée brûlante serait la bienvenue à la mémoire des pyromanes/pompiers de la poésie.

Nous préparons une anthologie du meilleur vers jamais écrit par un poète en France et dans les pays francophones de langues françaises si possible. Le vers choisi, sera édité aux frais de la communauté organisatrice «Enfants de la poésie à vos vers». Participation 200 euros par vers. On peut en envoyer plusieurs. Les recueils complets seront immédiatement envoyés vers le Pilon. (tricheurs).

Une médaille en vermeil et aluminium, marbrée de chocolat, sera pressée aux archives nationales pour célébrer l’entrée dans le site du Prince des poètes élu par la profession. Comme en poésie compte bien inauguré là la première pierre d’une cérémonie qui aurait lieu tous les ans entre les oscars et les césars : les oscésars de la poésie.

Si un illustre inconnu a critiqué votre livre et ne l’a pas trouvé à son goût, nous vous fournissons sur simple demande accompagné d’un timbre pour la réponse, une liste de critiques enregistrés à la bourse des livres et dont nous garantissons qu’il ne diront que du bien de votre oeuvre. N’oubliez pas de leur glisser une petite pièce.

Mariez-vous entre poètes. Notre association milite activement pour que les poètes se marient entre eux, qu’ils soient de même sexe ou de sexe opposés. Nous avons même une section spéciale : mariez vous tout seul avec en devise le grand Onan est plus grand que le petit Onan. Onan soit qui mâle y pense.

Il y a le poète qui écrit un mot sur deux, celui qui écrit un mot sur trois, et même celui qui n’écrit qu’un mot sur quatre. Nous pouvons les mettre en contact avec le poète qui écrit dans les intervalles. Poèmes complets assurés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Jean-Pierre lesieur publié dans : conseils et petites annonces
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Mercredi 9 février 2005

 

CITADINES

CRÉPUSCULE

Là-bas, entre les arbres, on distingue le coucher du soûlaud. Sur des cartons peints et punaisés de pluie. Il a des rayons rouges entourés d’eau. Poignants. Sans ombre. Du coup les passants coupent court, sautent par dessus l’interdiction de traverser, et se réfugient dans la nuit noire avant même qu’elle soit là.

AMOUR

C’est au bois qu’ensemble nous regardons passer la vieille roulotte rimbaldienne avec des enfants bariolés. Tu as une écharpe achetée au pendu qui avait pu casser sa branche avant la mort. Je tiens en moi ta main froide. Bien nouée à mon bras, elle m’a pénétré.

- Ne crains rien, me dis-tu, tu ne casseras pas.

Rimbaud s’éloigne en grinçant.

MORALE

On passe toujours à autre chose en souriant. Les curés en profitent pour dire amen, et les procureurs pour accentuer le déficit. Dans les cérémonies on pousse les enfants à farder l’innocence. C’est toujours par devant qu’ils ne doivent plus bouger.

ACCIDENT

Faites un jeu de Follain-gaillard. Ajoutez Balthus aux petites filles qui traversent la rue sans regarder. Même en revenant du quai aux fleurs, elles ne peuvent croiser leurs jambes sans renverser le vieux monsieur. Encore plus si le banquet s’est prolongé jusqu’à l’affection mutuelle...

S.D.F.

Sur le quai, un quart d’heure à attendre. On compte les pavés pour tomber juste jusqu’à la Seine. Il manque une dent au rieur de pierre. Une mouche entre et sort, puis rentre et ne sort plus. Un homme longe le quai, s’éloigne derrière un pont. Sans domicile fixe, il n’a pas à rester là.

IMMEUBLE

Sous les combles, l’amour partage l’amande en deux. Aucun pigeon sur le zinc n’annoncera philippines... Dans l’escalier ça papote des talons, ça arrache la porte, ça se donne à la rue. On ne saura plus rien de ce parfum qui glisse sur la rampe et fait voler sa jupe.

AFFAIRE

En s’habillant, il expédiait les affaires courantes. Derrière lui l’armoire entrait dans les moeurs, le miroir palpait l’entreprise, son portable déboutonnait le premier appel qui n’avait rien sous la jupe.

CENT PAS

La reluisée du coin de rue, avec sous l’épaule un sac rouge. Elle anime l’orée d’un bar, tourne et revient sans faire un pli. Toujours tendue. Comme si l’accordeur était passé.

par Claude Albarède publié dans : poésie
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