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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 08:00
Jean-Pierre Lesieur : « 2013, Poésie »

L’époque est à la succession des journées de ceci et de journées de cela… Ce qui tue l’idée même de célébration ! Jean-Pierre Lesieur, lui, a décidé de décréter l’année 2013 année de la poésie. Et il a bien fait ; dans les deux sens de l’expression : on prend la poésie au sérieux et il a écrit et mis en ligne quotidiennement pendant cette année une réflexion sur la poésie… Et en 2014, il réunit ce qu’il a écrit en un volume qu’il a fabriqué lui-même, comme il fabrique sa revue Comme en Poésie, c’est-à-dire avec les moyens du bord… Alors que la poésie n’intéresse pas grand monde ! Chapeau l’artiste ! Même si on peut le trouver anachronique : c’est qu’il ne joue pas contre la montre, c’est qu’il ne joue pas en respectant les codes du temps…
Jean-Pierre Lesieur réussit le tour de force de ne pas se prendre au sérieux tout en parlant sérieusement de la poésie. Lucidité et humour sont les deux mots qui viennent spontanément à l’esprit de qui le lit. Les formes qu’il utilise sont multiples : informations, interrogations, parodies diverses, jeux de mots … que traversent les mœurs actuelles du petit monde poétique (compte d’auteur, nombrilisme, recherche absconse, salons où paraître, indifférence généralisée des poètes à l’égard de leurs semblables…). La lucidité n’est pas absente de ces constats : « Il se décida à écrire comme tout le monde et enfin il eut deux lecteurs » affirme-t-il, non sans raison, d’un poète ! Une lucidité qui rappelle la misère de la poésie : « On ne rémunère pas la poésie écrite. L’écriture d’une chanson rémunérée, le compositeur de musique rémunéré, le sculpteur, le peintre, et tant d’autres rémunérés. » Eh oui… Mais cette lucidité ne va pas sans auto-dérision et c’est là que Lesieur est au meilleur de sa forme : « Mécanicien de la poésie, il était chargé de mettre de l’huile dans les rouages des poèmes. Cela tombait bien il s’appelait Lesieur et il avait la matière première à portée de main. Il ouvrit un garage aux poèmes dans lequel les burettes de mots fonctionnaient à plein régime, les jours de manque. » Le lecteur reconnaîtra dans cette pensée du 148ème jour le portrait de Jean-Pierre Lesieur…
Je suis heureux d’avoir lu ces aphorismes et autres billevesées qui ont agité les neurones de Jean-Pierre Lesieur : c’est que j’ai toujours refusé de m’inscrire à Facebook : je me méfie, comme de la peste, de ces réseaux qui n’ont de sociaux que l’appellation (même pas contrôlée). Oui à fesses-couilles, non à facebook : c’est ça, la poésie aujourd’hui… En attendant, il faut lire Lesieur car « la poésie , c’est une affaire de modestie ».

Lucien wasselin

(Jean-Pierre Lesieur. « 2013, Poésie ». Comme en Poésie éditeur, 188 pages, 12 €. Commande chez l’auteur : 2149 avenue du tour du lac. 40150 Hossegor.)

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